5 choses à savoir sur l’Ardèche qui font les enjeux de ces élections



L’Ardèche offre de belles cartes postales. C’est d’ailleurs la première destination touristique française hors littoral. Mais la vie n’y est pas qu’un long fleuve tranquille. Désert médical, fracture numérique, absence totale de train de voyageurs : des maux qui sont autant d’enjeux électoraux.

L’office de tourisme de l’Ardèche peut se targuer de vous offrir monts et merveilles. Du canyoning dans les Gorges où coule la rivière qui a donné son nom au département, la grotte Chauvet et sa réplique, ou encore le parc des Cévennes… En Ardèche, les opportunités de se mettre au vert sont nombreuses. Mais la carte postale peut aussi devenir l’arbre qui cache la forêt, et le relief être un frein au développement et à l’attractivité du département. Tous les habitants n’y sont pas égaux, et certains souffrent de fracture sanitaire mais aussi numérique. Et certains défis du quotidien sont clairement des enjeux électoraux.

1- Un département où l’on vit vieux, parfois loin d’un médecin

L’Ardèche compte 325.712 habitants. Sa densité moyenne est de 58,9 hab./km2 (source Insee, 2017), et sa ville préfecture, Privas, est la moins peuplée de France. Pourtant, sa démographie croît de manière régulière, mais la population ardéchoise a tendance à vieillir plus qu’elle ne rajeunit. En 2016, l’Insee soulignait ainsi que 23,6 % des habitants du département avaient plus de 65 ans (c’est cinq points de plus qu’en Auvergne-Rhône-Alpes). Une proportion qui atteint même les 32 % dans les Monts d’Ardèche. Et le souci pour ces séniors, c’est l’accessibilité aux équipements de proximité et de santé.

L’Ardèche se hisse en effet à la neuvième place du classement des départements français où les disparités d’accès aux services de la vie courante sont les plus marquées. Selon l’Insee, 6 % des communes ardéchoises sont situées à plus de trente minutes du premier établissement médical. Et le département est aussi confronté à la problématique des déserts médicaux. En Ardèche, il y a trois médecins (contre 6,6 au niveau national), un pharmacien et huit infirmiers pour 1.000 habitants.

La santé et l’accès aux soins font partie des thèmes de campagne pour ces élections départementales 2021. La majorité sortante de Gauche propose ainsi de « créer trois centres de santé avec douze antennes pour mailler le territoires avec une offre de soins complète« . À droite, Olivier Amrane, chef de file des Républicains promet l’installation de 100 médecins dans le département au cours de la prochaine mandature.

2- L’Ardèche: seul département français sans train de voyageurs

C’est l’exception française. Certes, il existe bien une ligne ferroviaire dans le département, mais elle est exclusivement réservée au transport de marchandises. Il n’y a donc aucune gare SNCF en Ardèche, la dernière ligne pour voyageurs ayant fermé en 1973. Et les plus proches se situent toutes sur la rive gauche du Rhône, autrement dit dans la Drôme. En moyenne, il faut donc compter une bonne demi-heure de route pour ensuite prendre le train. Difficile dans ces conditions d’utiliser les transports en commun pour aller au travail, surtout que plus d’un Ardéchois sur quatre (26,9 %)  a un emploi en dehors de son département.

Résultat : 85% des actifs prennent la voiture pour aller travailler, et seuls 2.3% utilisent les transports en commun. Imaginez si vous n’avez pas le permis, n’êtes pas en capacité de conduire, ou n’avez pas les moyens d’avoir un véhicule… Les routes et les mobilités alternatives font parties des prérogatives de la collectivité départementale. Impossible de faire sans voiture en Ardèche, surtout que les trois-quart du territoire sont classés zone de montagne. La majorité sortante expérimente déjà des initiatives d’auto-partage et de covoiturage.  Les questions de désenclavement et d’attractivité figurent en deuxième position sur la liste des engagements des candidats estampillés « Génération Terrain« .

3- Un département qui souffre de la fracture numérique

Comme pour l’accès aux établissements et services de la vie courante, tous les Ardéchois ne sont pas égaux en ce qui concerne l’accès à internet et au très haut débit. Or, « l’accès numérique de qualité peut favoriser l’attractivité d’un territoire, que ce soit pour les activités économiques ou les populations« , rappelle l’Insee. Mais voilà, l’Ardèche est le département de la région le moins bien doté en ce qui concerne la couverture numérique fixe en très haut débit.

Selon l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse), seulement 24.2% des logements et locaux à usage professionnel étaient éligibles au très haut débit à la fin septembre 2020. L’Ardèche se classe parmi les dix derniers départements français au regard de ce que l’on appelle le réseau FTTH, « Fibre optique jusqu’au domicile ». En ce qui concerne la 4G et l’internet mobile,  des zones blanches persistent sur 4% du territoire ardéchois.

L’amélioration de l’accessibilité au numérique est un enjeu majeur pour le Département. La majorité sortante promet « le très haut débit partout en Ardèche d’ici 2025« . Et à droite, il est question de « créer une régie numérique avec la Région pour enfin accélérer le déploiement du THD pour tous« .

4- Le tourisme, la carte à jouer et préserver

Baignade, grands espaces naturels, villages de charme et réplique de la grotte Chauvet : l’Ardèche ne manque pas d’atouts pour attirer les touristes. Chaque année, près de 2.5 millions de vacanciers viennent en profiter dans le 6e département des plus fréquentés de France. D’après les données du Conseil départemental, le tourisme génère près d’un demi milliard d’euros de retombées annuelles, constitue un réservoir de 5.000 emplois. En 2012, dans la zone « Ardèche Plein Sud », l’activité touristique représentait déjà 14,4 % de l’emploi total et 19 % de la richesse dégagée. Au nord, l’offre n’est pas aussi développée mais s’organise de plus en plus.

Préserver cette manne et penser durabilité parait aujourd’hui essentiel. « Il faut veiller l’eau comme l’huile sur le feu« , insiste le président du Syndicat de gestion de l’Ardèche et de ses affluents. Il faut préserver la ressource, dans tous les sens du terme. 

5- Les forces en présence pour le scrutin des 20 & 27 juin 2021

Cela fait 23 ans (depuis 1998) que le Conseil départemental ardéchois est acquis à la Gauche et présidé par un élu du Parti Socialiste. Le sortant est Laurent Ughetto qui a pris le relais du député Hervé Saulignac en 2017. À l’issue des élections de 2015, le PS avait coloré l’Ardèche de rose, en remportant 10 des 17 cantons.

Pour ces élections départementales 2021, 74 binômes sont candidats sur les 17 cantons. En Ardèche, pas d’union de la Gauche. Et la majorité sortante, mobilisée sous la bannière de « L’Ardèche, une équipe à vos côtés », aura souvent fort à faire avec quatre adversaires déclarés dont les Écologistes et le Parti Communiste allié à La France Insoumise.

La droite pour ces élections départementales en Ardèche est emmenée par Olivier Amrane (LR), défend la candidature d’une « Génération Terrain ». Tout à droite, le Rassemblement National sera présent dans seize cantons. Retour plus au centre avec la majorité présidentielle de La République En Marche, qui depuis les dernières élections de 2015, a fait son entrée sur l’échiquier politique. Dans ce département, LREM va faire alliance avec le Modem et autres mouvements politiques progressistes en présentant des binômes « Unis pour l’Ardèche ».

Le 20 juin 2021, date du 1er tour de ce scrutin départemental, 9 des 17 cantons verront s’affronter cinq binômes de candidats. Il y aura cinq quadrangulaires et trois triangulaires. Pas de duel en perspective avant le second tour.

 





Source France 3

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