À Formiguères, une saison difficile sans le ski alpin


Toujours pas de réouverture pour les remontées mécaniques. Ces restrictions, maintenues lundi soir par le Premier ministre Jean Castex, pénalisent tout le secteur du ski alpin. A Formiguères, dans les Pyrénées-Orientales, les professionnels accusent le coup et tentent de se renouveler.

Suite à une réunion avec les professionnels du secteur de la montagne, le Premier ministre Jean Castex a maintenu lundi soir la fermeture des remontées mécaniques. Ces annonces ont été reçues avec résignation.

« Nous sommes très déçus, mais pas plus étonnés que ça« , soupire Vincent Daniel, directeur de la station de Formiguères. Dans cette petite station des Pyrénées-Orientales perchée à 1 500m d’altitude, le ski alpin est l’essence de l’activité économique. Ici aussi, les sept remontées mécaniques resteront à l’arrêt en février.

C’est un coup de massue. Les vacances de Noël représentaient entre 25-30% de notre chiffre d’affaires. Les quatre semaines de vacances de février, c’est 50%. C’est un manque à gagner énormissime.

Vincent Daniel, directeur de la station de ski de Formiguères

Dans ces conditions, difficile de se projeter. « Quand on se dit que les prochaines hypothétiques recettes n’arriveraient qu’en décembre 2021, on se demande comment on va pouvoir tenir jusque là« , s’alarme le directeur de la station.

Des aides de l’Etat en suspens

Face à une situation financière de plus en plus critique, les stations espèrent beaucoup des aides de l’Etat. Dès novembre, le gouvernement avait annoncé des aides à hauteur de 70% du chiffre d’affaires calculé sur les trois années précédentes.

« Ces aides sont importantes« , concède Vincent Daniel, « mais elles ne sont toujours pas arrivées !« 

Faute de trésorerie, la station de ski n’a pas pu maintenir l’activité partielle de ses saisonniers en février. « On en est désolés. Et inquiets des conséquences sociales et psychologiques. Et nous, nous avons besoin d’eux pour préparer l’hiver prochain », regrette le directeur de la station.

Des répercussions sur tout un écosystème

Soixante emplois liés aux remontées mécaniques sont affectés par ce retard. Dans la commune de Formiguères, qui compte 500 habitants, 150 emplois vivent de l’activité ski, des locations de ski aux restaurateurs, en passant par la boulangerie. « Tous ces commerces se voient amputés d’une grosse partie de leurs recettes. 60% de leur activité se fait pendant les périodes de vacances scolaires« , explique Philippe Petitqueux, maire de Formiguères.

La fermeture des remontées mécaniques a un impact direct sur les finances de la commune. Cela peut amener à renoncer à des dépenses courantes, et se répercuter sur la qualité de vie des habitants.

Philippe Petitqueux, maire de Formiguères

Le maire de Formiguères comme le directeur de la station espèrent que le Plan Montagne promis par le gouvernement sera « à la hauteur des enjeux« . D’ici là, face à l’urgence et à la paralysie du ski alpin, les professionnels s’efforcent de valoriser d’autres activités.

Faute de ski alpin, la station de Formiguères propose des promenades en raquette, de la luge et du ski de randonnée.

© Victor Bachtik / FTV

Se diversifier pour survivre

Sur tout le territoire du Capcir, les professionnels mettent l’accent sur les autres activités nordiques qui ne nécessitent pas de remontées mécaniques : ski de randonnée, ski de fond, raquettes…

« On essaye de modifier notre activité, mais notre ADN, ça reste l’enseignement du ski alpin« , sourit avec nostalgie Jean-Pierre Kerivel, moniteur de ski indépendant. 

A Formiguères, Vincent Daniel mise également sur l’apprentissage des enfants en bas âge. Un tapis mécanique, qui n’est pas considéré comme une remontée, permet à la station d’ouvrir une piste verte tous les après-midis des vacances scolaires.

Dans ce tube, un tapis mécanique permet de remonter la piste de ski pour débutants.

Dans ce tube, un tapis mécanique permet de remonter la piste de ski pour débutants.

© Victor Bachtik / FTV

Philippe Petitqueux tente de tirer les enseignements de cette crise et d’envisager le futur. « Avec toute cette incertitude, on ne peut plus rester tourné que vers l’activité ski. C’est un problème que posera également le réchauffement climatique« . 

Malgré tous les efforts déployés, Vincent Daniel reste inquiet. « Nous sommes obligés de proposer ces activités pour rassurer et accueillir l’ensemble de nos touristes, et trouver des recettes quelque part. Mais sans les remontées mécaniques, on sait très bien qu’il va manquer de l’argent.« 

En France, les 250 stations de ski abritent 18 000 emplois directs et 120 000 emplois indirects.





Source France 3

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