Après la Lozère, la lutte contre les cyanobactéries s’étend aux rivières de l’Aveyron


Elles avaient causé la mort de 35 chiens en 13 ans entre Florac et le Rozier avant 2015. Les cyanobactéries se développant l’été dans les eaux du Tarn semblent aujourd’hui sous contrôle : plus de mortalité canine et un protocole sanitaire en Lozère qui s’étendra ce jeudi aux rivières de l’Aveyron.

On les appelle aussi les algues bleues. Les cyanobactéries sont des organismes aquatiques nécessaires à la vie. Elles peuvent pourtant s’avérer redoutables lorsqu’elles se concentrent dans de l’eau stagnante. Et c’est un danger potentiel pour les animaux, dont les chiens, mais aussi les humains.
La Lozère, première malgré elle à affronter ce fléau, allie maintenant prévention et surveillance. Et l’Aveyron va lui emboîter le pas pour une action concertée.

Le Tarn, première rivière touchée

Apparues d’abord dans les eaux du Tarn où elles auraient empoisonné plus d’une trentaine de chiens au début des années 2000 entre Florac et Le Rozier, les cyanobactéries benthiques, potentiellement toxiques, font depuis 2015 l’objet d’une campagne de prévention et de surveillance active en Lozère.

Les gorges du Tarn en canoë...

Les gorges du Tarn en canoë…

© Karen Cassuto / FTV

Depuis que le protocole sanitaire est appliqué, on ne déplore plus de victime suite à une baignade dans le Tarn en Lozère.

Plusieurs cours d’eau français concernés

Mais depuis, ces cyanobactéries benthiques ont fait parler d’elles dans d’autres départements, comme l’a noté l’ARS en 2017 dans son rapport lozérien: 
 

L’été 2017 a vu une amplification de la problématique des cyanobactéries sur l’ensemble du territoire français : des décès de chiens directement imputables aux cyanobactéries ont été recensés au bord de la Loire dans plusieurs départements (Maine et Loire, Loiret et Allier) ou sur les bords de la Cèze, dans le Gard.

ARS Occitanie. Rapport eaux de baignade 2017

Le protocole de surveillance élargi à l’Aveyron

Jusqu’ici, le comité qui pilotait la lutte contre les cyanobactéries en Occcitanie traitait exclusivement des rivières lozériennes. Il est coordonné par la sous-préfecture à Florac et associe l’Agence régionale de Santé et aussi le syndicat mixte du bassin versant Tarn-amont regroupant différentes communes autour du Tarn. C’est donc assez logiquement que la surveillance des rivières est maintenant élargie à l’Aveyron tout proche et déjà concernée par une partie des prélèvements de contrôle.

Le protocole interdépartemental sera signé ce jeudi, entre les acteurs du comité de pilotage et la sous-préfecture de Millau. La signature officielle a lieu à La Malène, commune de Lozère très concernée par la lutte contre les cyanobactéries avec sa base nautique. Le protocole associera les deux départements dans la prévention comme dans la surveillance des cours d’eau.

Sports nautiques ou tourisme, les cours d'eau enjeux majeurs du tourisme en Occitanie.

Sports nautiques ou tourisme, les cours d’eau enjeux majeurs du tourisme en Occitanie.

© Sylvie Bonnet

Se baigner en rivière sans risque

Les cyanobactéries, présentes et nécessaires à la vie, ne deviennent toxiques que lorsqu’elles sont très concentrées. Elles naissent dans les eaux vives, notamment à la surface des rochers affleurants où elles forment ce qu’on appelle un biofilm.
 

les cyanobactéries s'amassent dans les eaux courantes en biofilms visqueux

les cyanobactéries s’amassent dans les eaux courantes en biofilms visqueux

© ARS Loire

Mais lorsque des flocs, sortes de lambeaux d’amas vaseux, se détachent, ils vont s’accumuler dans certaines poches de rivière où l’eau plus calme ne les évacue plus. C’est dans ces zones semi-stagnantes que les cynobactéries peuvent s’avérer dangereuses, pour les animaux mais aussi pour les homme même si aucun cas grave d’infection humaine n’a été signalée en Occitanie.

La plaquette de prévention pour tout savoir sur la cyanobactérie et comment l’éviter

Editée par le syndicat mixte du bassin versant Tarn-amont, cette plaquette explique très bien la concentration de la cyanobactérie dans quelques zones calmes des cours d’eaux mais aussi comment se méfier des ces flocs, lambeaux d’amas vaseux, qui les recèlent.

Les biofilms et les flocs bien identifiés sur les affiches du syndicat mixte Tarn-amont.

Les biofilms et les flocs bien identifiés sur les affiches du syndicat mixte Tarn-amont.

© Syndicat mixte bassin versant Tarn-Amont

Plaquette d’info prévention sur les cyanobactéries

ATTENTION si vous vous baignez en  rivière :
Surveillez les enfants:
-Veillez à ce qu’ils l’ingèrent ni biofilm, ni floc.
-Veillez à ce qu’ils ne jouent pas avec des bâtons ou galets ayant été immergés, et surtout qu’ils ne les portent pas à leur bouche.
Attention de ne pas vous baigner dans des zones où des flocs sont accumulés et attention aux animaux domestiques. Tenez-les en laisse et ne les laissez pas accéder à la rivière.

Les symptômes en cas d’intoxication

Les cyanotoxines de nos rivières peuvent affecter le système nerveux en cas d’absorption. Si les symptômes suivants apparaissent sur un enfant ou un adulte suite à une baignade : tremblements, fièvre, douleurs abdominales, douleurs musculaires, nausées, vomissements, consultez rapidement un médecin.

La cyanobactérie, ou "algue bleue", est une pollution naturelle causée par les fortes chaleurs. Elle peut provoquer des problèmes intestinaux et dermatologiques.

La cyanobactérie, ou « algue bleue », est une pollution naturelle causée par les fortes chaleurs. Elle peut provoquer des problèmes intestinaux et dermatologiques.

© DR

Si un chien présente les symptômes suivants après avoir accédé à la rivière : tremblements, perte d’équilibre, nausées, yeux globuleux, bave, emmenez-le rapidement chez un vétérinaire, si possible en ayant récupéré les éventuelles vomissures.

Enfin, en cas de découverte d’un animal mort, ne touchez à rien et prévenez l’Office français de la biodiversité (Lozère : 04 66 65 16 16. Aveyron : 05 65 87 07 31).

La surveillance des cours d’eau

C’est en été, avec l’augmentation de la température, que le risque de cyaobactéries s’intentifie. Outre une vigilance visuelle qui permet de repérer les différents amas de biofilms ou de flocs, la recherche en laboratoire des cyanobactéries fait partie des analyses régulières des prélèvements effectués dans les cours d’eau  Le comité de pilotage procède avec des analyses régulières des différentes zones du cours d’eau.
L’ARS publie ensuite régulièrement les résultats. Voici pour exemple le rapport eaux de baignade 2017 sur la situation en Lozère (cyanobactéries benthiques en page 15 et suivantes). On y trouve les phases opérationnelles déclenchées par les autorités en cas de risque d’intoxication aux cyanobactéries, comme ce fut le cas cette année-là au niveau du pont de Sainte-Enimie.
 



Source France 3

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