Avec les nouvelles restrictions sanitaires, les Hauts-de-France font une croix sur les touristes britanniques cet été



À compter du 31 mai, la France impose une période de quarantaine pour les voyageurs en provenance du Royaume-Uni. Dans les Hauts-de-France, les responsables du tourisme ont déjà fait une croix sur les touristes britanniques pour cet été.

La décision est tombée comme un couperet mais ne l’a pas vraiment étonné. Le durcissement des conditions d’entrée sur le territoire français pour les voyageurs britanniques ne change pas vraiment les projections sur la fréquentation touristique pour la côte d’opale de Jean-Marc Puissesseau. Au vu des indicateurs sanitaires, le PDG de la Société d’exploitation des ports du détroit, n’était, de toute façon déjà, pas très optimiste pour cet été.

Intensification des contraintes sanitaires

« Depuis un an et demi, nous sommes soumis à des décisions sanitaires que je juge normales, déclare-t-il. Le trafic touristique est atone sur Calais. Nous avons longtemps espéré que la France et le Royaume-Uni atteindraient un taux d’immunité suffisante pour permettre les échanges touristiques en juillet. Nous espérons désormais que tout sera régularisé pour l’été 2022.« 

Mais Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a annoncé mercredi 26 mai la mise en place de nouvelles restrictions pour les voyageurs provenant du Royaume-Uni : PCR négatif de moins de 36 heures (au lieu de 72 jusqu’à maintenant) accompagné d’une quarantaine de 7 jours. Des mesures jugées suffisantes par le gouvernement pour dissuader les voyageurs britanniques de rejoindre la France. Des mesures qui impactent directement le tourisme régional.

Un été sans Anglais

Depuis la pandémie, les touristes britanniques avaient déjà disparus et avec les dernières mesures sanitaires du gouvernement, « l’espoir de reprise pour cet été, ajoute Antoine Louis, vient de s’envoler. Nous recommencerons par contre à promouvoir le tourisme dans la région à partir de septembre.« 

Difficile dans ces conditions d’espérer voir revenir dans les semaines à venir sur le sol français les « day tripers », ces voyageurs britanniques qui font l’aller-retour jusqu’à Calais en une journée attirés surtout par les zones de commerce détaxé.

Le tourisme plus traiditionnel s’en trouve également impacté car les Britanniques raffolent de la Côte d’opale. « Le tourisme britannique a longtemps été la clientèle étrangère numéro un du littoral », explique Antoine Louis, Référent Salons/Relation presse dans le Boulonnais. « Tous les habitants de la région située au sud de Londres et dans le Kent connaissent bien notre bord de mer. Ils sont friands de courts séjours ou pour les plus jeunes, de voyages scolaires. Ou bien même d’étape quand ils reviennent des plages du sud de la France, avant de retourner chez eux. » 

Première clientèle touristique dans les Hauts-de-France

Sur la métropole lilloise, un peu plus de 20 % des touristes étrangers viennent d’Angleterre, selon Isabelle Durand, responsable du Pôle communication de Lille Tourisme. « On continue à travailler cette clientèle aujourd’hui, absente de nos villes. Avec le Comité régional du tourisme. Nous sommes en train d’envoyer à 20000 usagers de l’Eurostar habitant Londres, une brochure pour leur rappeler les charmes et les atouts de notre belle région« .

Les Britanniques, première clientèle étrangère en Picardie : ils représentent 35% des touristes étrangers en Picardie avec 35% de la clientèle étrangère avec 1,2 millions de nuitées en 2019 ( 758 000 pour les Belges et 475000 pour les Néerlandais). Ils consomment essentiellement de l’hôtellerie en ville sur le littoral, et Amiens. Côté camping et hôtellerie de plein air, c’est surtout dans l’Aisne et en baie de Somme. 

Une baisse déjà amorcée en 2018

« Les Anglais ne sont toujours pas revenus. ils commençaient à refaire surface mais avec le variant indien, ça a compliqué la donne. Pour cet été, on avait fait une croix dessus mais là, encore plus, se résigne-t-on au Comité régional du tourisme. C’est un clientèle majeure, mais toujours très impactée par le contexte économique, social, événementiel et monétaire. En 2020, plus que le Brexit, c’est la quarantaine sanitaire qui a impacté négativement la fréquentation. Cette nouvelle quarantaine, imposée en raison du variant indien, ne va pas arranger les choses.« 

Fatalistes, les infrastructures touristiques misent pour cette année encore sur un tourisme français, régional ou local. Même si le tourisme européen n’est pas oublié « Les Belges sur le littoral, les Allemands et les Néerlandais devraient revenir. Mais c’est vrai les Anglais, ça va être plus compliqué« . Les perspectives pour cet été s’envisagent donc sans nos voisins britanniques pour le deuxième été consécutif. 

Au Royaume-Uni, la situation sanitaire continue de se dégrader à cause du variant indien. Désormais, 75 % des contaminations sont imputées au B.1.617, le nom scientifique du variant. Le nombre de personnes positives est remonté à 3000 par jour depuis mercredi, alors qu’il plafonnait à 2000 ces dernières semaines.





Source France 3

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