« Ce n’est que de la réservation de dernière minute », dit une hôtelière



La crise du coronavirus a bouleversé de nombreux secteurs. Celui du tourisme en subit bien sûr les conséquences. Alors que l’été est déjà bien avancé, point d’étape avec un hôtel et un camping. Les clients sont là, mais se décident pour beaucoup à la dernière minute.

C’est bien sûr en juillet et en août que les professionnels du tourisme travaillent le plus. Pour les hôtels et les campings, c’est une période clé. Elle représentait 28% des nuitées françaises et 24% des nuitées étrangères de l’année 2019, selon le bilan dressé par l’observatoire régional du tourisme en Bourgogne-Franche-Comté.

La crise du coronavirus a bouleversé les certitudes. Alors que l’été est désormais bien avancé, nous avons interrogé quelques professionnels sur la situation de leur établissement.

 

Une bonne fréquentation

Au camping Les Mésanges, installé au bord du lac des Settons dans la Nièvre, on fait le plein en ce moment. La saison a débuté plus tard que d’habitude, en raison des contraintes sanitaires. « Normalement, on était censé ouvrir le premier mai. On pouvait rouvrir à partir du 2 juin, on a rouvert le 5 ou le 6 », précise Léo Revil, co-gérant. « Globalement, la fréquentation sur juin n’était pas terrible. Par contre, juillet et août c’est bien supérieur aux autres années. On est complet tous les jours depuis quasiment le week-end du 14 juillet. » 

Pour le co-gérant du camping, cette fréquentation est innatendue. « On n’était même pas sûr d’ouvrir cet été. Finalement, on a pu ouvrir et on a plus de monde que l’année dernière. On ne s’attendait pas à ça« . 

 

À Auxerre, à l’hôtel Normandie, les affaires ont repris également mi-juillet. « Depuis cette date, on travaille très bien », confie Sylvie Ramisse, la directrice de l’hôtel. « C’est très difficile parce que ce n’est que de la réservation de dernière minute le matin pour le soir ou la veille pour le lendemain. »

En ce moment, son établissement de 47 chambres est rempli pratiquement à 70%. « On est sur des bons chiffres, donc c’est très bien. C’est malgré tout inférieur par rapport à l’année dernière, on est à 85% ou 90% d’habitude. »

 

Une clientèle différente

Les deux professionnels accueille une clientèle qui n’est pas tout à fait celle à laquelle ils sont habitués. Au camping de Montsauche-les-Settons, « la clientèle locale est encore plus représentée, Bourgogne et puis région parisienne, sur des plus courts séjours. On a quand même des touristes étrangers mais un peu moins en proportion », indique le co-gérant. Les Hollandais sont les plus nombreux, le camping accueille aussi des Belges, un peu d’Allemands et autant d’Anglais. « On a peut-être un peu plus de Belges que d’habitude ».

L’hôtel d’Auxerre accueille beaucoup plus de Français que l’année dernière. « Beaucoup de familles qui décident la veille pour le lendemain. Ou des couples qui se promènent et découvrent des endroits qu’ils ne connaissent pas forcément. Mais sans pré-réservation », détaille la directrice. La clientèle internationale se limite aux voyageurs européens. « Les autres années, on avait des Américains, des Brésiliens, beaucoup d’Italiens, une clientèle asiatique. Une clientèle très internationale, qu’on n’a pas du tout cette année. »

 

 

Surtout, le prix moyen des chambres a énormément baissé. « On n’a pas de clientèle internationale, qui a un pouvoir d’achat beaucoup plus important. On a été obligé d’adapter notre offre par rapport à la clientèle européenne. Donc faire des offres promotionnelles, des offres spéciales », ajoute la directrice.

Le confinement pèse lourd dans les comptes de l’hôtel trois étoiles. Sur la période janvier-juillet, l’activité de l’établissement est en recul de 50% par rapport à l’an dernier sur la même période. Et le planning des réservations est bien vide pour les mois qui viennent. « On travaille avec des plannings vides, sans aucun prévisionnel, c’est inédit. On avait toujours des groupes, des choses qui étaient déjà pré-réservées. Alors que là, c’est rien du tout, on avance au jour le jour », précise Sylvie Ramisse.

Alors que la saison se termine habituellement début novembre à Auxerre, la directrice ne sait pas si elle parviendra à remplir correctement ses chambres. « On ne sait pas, on avance dans le néant. »

 





Source France 3

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