« C’est génial pour la préservation de l’espèce »


Le bébé est né le 14 septembre dans la plaine africaine du parc zoologique situé près de Lisieux. Il a pointé le bout de son nez juste avant la journée mondiale du rhinoceros. L’animal a de l’à propos et il émerveille déjà tout son monde : « on le voit déjà gambader, c’est extraordinaire ».

Ce ne devait être qu’un matin ordinaire. Le 14 septembre, rien ne laissait présager l’heureux événement. Les rhinoceros venaient de retrouver le grand air dans leur enclos de cinq hectares. « Les soigneurs ont eu la surprise de voir Beth mettre bas quelques minutes seulement après sa sortie dans la plaine », annonce fièrement la direction du CERZA. « La naissance s’est faite très rapidement et le petit ne s’est donc pas fatigué durant la mise-bas, ce qui lui a permis d’être plein d’énergie pour réaliser ses premiers pas », explique Dorothée Ordonneau la vétérinaire du parc.Depuis, le bébé rhinoceros étonne par son allant. « Il est déjà dehors, ce qui est assez rare après seulement quelques jours. Il est en pleine santé », ajoute Malorie Plaisance-Le Fevre, la responsable de la communication du CERZA. « Les visiteurs peuvent déjà le voir dans la plaine africaine. Ce week-end, nous organisons justement un week-end spécial Rhinos. Le bénéfice est reversé à l’association CERZA conservation qui soutient des programmes de préservation du rhinoceros dans la nature ».

Le rhinoceros blanc, « une espèce qui se remet tranquillement »

La naissance de ce jeune mâle est une bonne nouvelle qui atteste de l’épanouissement de la maman au CERZA. Beth est arrivée il y a trois ans en provenance d’un parc zoologique anglais. « Elle n’avait jamais reproduit. Le groupe ne devait pas lui convenir là-bas », explique Frédéric Houssaye, responsable de la conservation au CERZA. En Normandie Beth a trouvé en Chris un mâle semble-t-il à son goût. « Elle a été gestante dès ses premières chaleurs ». En 2018, elle a ainsi donné naissance à Kwanza, une femelle qui se porte aujourd’hui comme un charme. Chris et Beth veillent aujourd’hui sur leur deuxième rejeton.

Beth, la maman et Kwanza née en 2018 veillent sur le bébé qui vient de naître

Beth, la maman et Kwanza née en 2018 veillent sur le bébé qui vient de naître

© CERZA

« Le CERZA participe à un programme d’élevage européen, précise Frédéric Houssaye. Il s’agit d’organiser une diversité génétique afin d’éviter la consanguinité. Il faut aussi entretenir une moyenne dâge assez jeune. »

Le but, c’est d’avoir des animaux sains pour le cas où il serait nécessaire de les réintroduire un jour dans la nature »

Frédéric Houssaye, responsable de la conservation au CERZA

Le rhinocéros blanc est une espèce encore fragile. « On dénombre aujourd’hui 20 000 individus dans la nature. On était descendu à 200... L’espèce était très malade. elle se remet tranquillement. Cela signifie que les programmes de conservation ont atteint leur but. Les parcs nationaux ont joué le jeu en montant la garde ».

Le rhino est toujours chassé pour sa corne…

Le braconnage reste une menace pour toutes les espèce de rhinocéros qui vivent en Afrique et en Asie. « La corne est faite en kératine. Une fois réduite en poudre, elle sert de médicament. Le tigre est chassé pour les mêmes raisons. Le pangolin aussi, dont on consomme l’écaille, se désespère Frédéric Houssaye. En europe, on a longtemps attribué des vertus aphrodisiaques à la kératine. Aujourd’hui, en Asie, et pas seulement en Chine, on dit que cela permet d’être plus fort, plus sûr de soi. Inutile de dire qu’il n’y a aucune preuve scientifique derrière tout cela. Certains pensent même aujourd’hui que la corne de rhinocéros soigne le cancer, ce qui encourage encore le bcraconnage. » L’homme est un prédateur désespérant : on tue le rhinocéros pour fabriquer « des poudres de perlimpimpin ».

À des milliers de kilomètres de leur habitat naturel, les parcs zoologiques insistent sur le fait qu’ils forment aujourd’hui des havres de paix pour les espèces menacées. Au CERZA, une troisième naissance de rhinocéros blanc est espérée dans les mois qui viennt. « Monzi qui est arrivée chez nous il y a deux ans est gestante. Mais chut… On n’en parle pas trop. La gestation est très longue et elle peut très bien perdre le petit ». 

Beth droit produire trois à quatre litres de lait chaque jour

Beth droit produire trois à quatre litres de lait chaque jour

© CERZA

Pendant ce temps, dans la plaine africaine normande, le bébé croque la vie avec une belle insouciance. Son appétit force le respect. Pour le satisfaire, Beth, sa maman, doit produire quotidiennement trois à quatre litres de lait. Le glouton grossit de deux kilos chaque jour. Le CERZA va maintenant devoir trouver un petit nom qui convienne à sa frimousse.



Source France 3

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