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Tourisme

Circuit d’été : sur la côte des Abers en compagnie du comédien Goulc’han Kervella



Situé à 25 km au nord de Brest, le Pays des Abers offre des paysages étonnants, toujours changeant, une nature riche et sauvage. Peut-être parce qu’ici, la frontière entre terre et mer a bien du mal à se dessiner. Cette dernière pouvant remonter sur 12 km l’Aber Wrac’h, jusqu’au lieu-dit « Le Diouriz » en passant par le pont du diable, à peine un peu moins loin, 10 km sur l’Aber Benoit jusqu’au moulin de Tiarec. 

C’est au Pays des Abers que se trouve également la plus grande concentration de phares en Europe. Le phare de l’île Wrac’h qui veille sur l’entrée de l’embouchure de l’Aber. L’imposant phare du Four, bâti en pleine mer, au large de la Presqu’île Saint-Laurent sur un écueil de granite, et dont les photos, des vagues hautes de 30 mètres recouvrant l’édifice les jours de gros temps ont fait le tour du monde. Le phare de Pontusval à Brignogan. Le phare de l’île Vierge, le plus haut phare d’Europe…

Le Pays des Abers, c’est encore des plages où il fait bon se poser, des ports, des villages authentiques, une histoire teintée de légendes qui font parties du répertoire de la troupe de théâtre Ar Vro Bagan fondée par Goulc’han Kervella. C’est en sa compagnie que nous sillonnerons aujourd’hui ces côtes du Finistère Nord. 


Le Pont du Diable

 


© Alexandre Lamoureux

« En breton, on l’appelle aussi Pont Krac’h. C’est un très vieux pont qui date du Moyen-Age, tout de pierres, de grandes pierres, de mégalithes pratiquement, qui enjambe la rivière Aber-Wrac’h, entre Plouguerneau et Lannilis. Il a été restauré récemment, en 2008. »

« Les Abers, ce sont de grandes vallées, encaissées, dans lesquelles coule une rivière, et qui à chaque marée sont envahies par la mer. Ainsi, le pont a été construit pour être recouvert à marée montante et laisser passer les bateaux, et être accessible à marée basse pour les piétons et le bétail. »

 » Après la guerre 39-45, l’arrivée de la voiture et la construction de nouveaux ponts, plus personne fréquentait le Pont du Diable ni ne l’entretenait. Très largement détruit, il a, à partir de 2008, été restauré à peu près à l’identique avec l’aide de vieux documents. Aujourd’hui, il sert à nouveau de lieu de passage pour les piétons et les chevaux. »

 

L’abbaye des Anges

 


© Thibault Poriel

« Dans la baie de l’Aber Wrac’h, l’Abbaye Notre Dame des Anges a été construite à partir de 1507. Cela a duré longtemps. C’est un très beau couvent, très ancien qui a été restauré il y a quelques années. Il avait été fondé par le seigneur des lieux, le seigneur du Chastel, pour abriter les Franciscains, de l’ordre de Saint-François d’Assise, qui avant cela occupaient l’île Vierge. » 

« Comme dans beaucoup d’autres îles d’Europe et de Bretagne, les Franciscains, qu’on appelait cordeliers, s’y étaient retirés depuis 1440 pour y vivre loin du monde. Il y a toujours sur l’île des vestiges de leur ancien couvent. Mais la vie était très difficile, l’île était aride, il n’y avait pas grand-chose à manger, et les moines devaient souvent l’objet d’attaques de pirates ou corsaires anglais. Si bien que les seigneurs du lieu leur a proposé de construire cette grande abbaye, juste à l’entrée du port de l’Aber Wrac’h, un port très fréquenté depuis le Moyen-âge. » 

« Avec son couvent, sa chapelle qui est une véritable église, le site est très beau, très ancien, et très bien entretenu. Il reflète bien de l’histoire religieuse et maritime du port. C’est également un lieu d’animation culturel, avec des concerts, des contes, etc… »

 

L’île aux Américains

 


© Alexandre Lamoureux

« À droite, un peu plus loin, quand on remonte vers le nord, il y a l’île Derc’h en breton, qui l’on appelle l’île aux Américains depuis 1918. »

« Quand les Américains sont entrés en guerre en avril 1917, ils ont rapidement pris la responsabilité des bases d’hydravions que la France possédait pour lutter contre les sous-marins allemands qui faisaient beaucoup de dégâts dans la marine de pêche, de commerce et de guerre. Ils en ont aussi construit quelques-unes, dont celle de cette île-là qui a abrité jusqu’à 500 marins avec leurs officiers et pouvait accueillir 17 hydravions qui après avoir été informés par les fameux ballons dirigeables Zeppelins, allaient bombarder les sous-marins allemands dans l’entrée de la Manche. »

« Des vestiges sont toujours là. Une cale d’une centaine de mètres de long qui permettait aux hydravions de gagner le plan d’eau de l’Aber-Wrac’h, deux grands hangars, et une autre cale très longue aussi, destinée aux bateaux et aux marchandises. Les Américains sont restés pendant un an à peu près. Cette base témoigne de leur participation à la guerre 14-18. »

 

L’île Vierge

 


© Thibault Poriel

« On poursuit notre visite toujours vers le nord et on arrive à l’île Vierge. C’est une île accessible uniquement en bateau. On peut s’y rendre à pied, mais seulement lors des très grandes marées. »

« Sur cette île, un premier phare a été construit à partir de 1845. Haut de 33 mètres à peu près, avec sa maison des gardiens au-dessous, il est actuellement en cours de rénovation pour abriter des gîtes pour les visiteurs.Située à peu près à 1 km du bord de mer, entre Ouessant et l’île de Batz, ce petit phare était un des relais pour éclairer à la fois, l’entrée de la Manche, le littoral, et prévenir des dangers à l’entrée de la rivière Aber-Wrac’h, et le port de l’Aber-Wrac’h. Du fait de l’augmentation du trafic maritime, il n’était plus assez puissant. »

 » Aussi, en 1897 a débuté la construction du grand phare mis en service en 1902. Haut de 82 mètres et entièrement en pierre de taille de Kersanton , il est mondialement connu pour être le plus grand phare d’Europe. Le plus haut phare du monde même en pierre de taille. Ce phare éclaire très loin, jusqu’à 50 km. Comme la plupart des autres phares, il est aujourd’hui entièrement automatisé, mais il a été pendant longtemps le siège de trois gardiens qui en assuraient le fonctionnement et l’entretient. C’est un chef-d’œuvre d’architecture que l’on peut visiter. »

Saint-Pabu

 


© Alexandre Lamoureux

« Toujours un peu à l’ouest, après avoir contourné la presqu’île de Sainte-Marguerite, très réputée elle aussi, on arrive à l’embouchure de l’Aber Benoît, Aber Benniget en breton. C’est là que se trouve Saint-Pabu. » 

« Saint-Pabu en fait, c’est le nom, le surnom, de Saint-Tugdual, patron de cette paroisse. Tugdual était un émigrant, à l’époque où les Bretons quittaient l’île de Bretagne, l’Angleterre actuelle et l’Irlande, à partir du 4e, 5e, et 6e siècle et venaient s’installer en Armorique, pour la christianiser aussi. Beaucoup des fameux saints celtiques ont débarqué dans l’embouchure de l’Aber-Wrac’h ou l’Aber-Benoit. Saint-Brieuc par exemple, saint Gouenou, et donc Saint-Tugdual qui a ensuite fondé l’évêché de Tréguier. »

 


© Thibault Poriel

« Pour en revenir à Saint-Pabu, c’est un petit village situé sur la rive gauche dans l’embouchure de l’Aber-Benoit qui entre dans les terres jusqu’à Treglonou. Ce qui fait qu’on a les deux aspects d’un Aber : la rivière et le littoral maritime de la Manche. Et le long de la mer, il y a une très grande plage, avec un très riche patrimoine naturel. C’est très joli. « 

Pour plus d’informations sue les Abers et la route des phares, cliquez ici. 

 

La légende du Pont du Diable

« Partout, en Europe, des légendes racontent que le diable est intervenu pour aider à la construction d’un pont ou d’autres édifices anciens. Ainsi, le meunier de Plouguerneau (où il avait son moulin) devait faire le grand tour de la rivière du Wrac’h pour livrer la farine. Un jour, après avoir prié pour qu’un pont soit construit, le diable apparaît et lui propose un marché. En échange du pont, l’âme de la première créature qui le traverserait devrait lui appartenir. »

« Le meunier accepte, et au petit matin, le pont construit, il se présente portant un sac dans lequel se trouve son chat. Le chat libéré, c’est lui qui passe le premier sur le pont. Le diable a été trompé. »

« Une autre version de cette légende veut que ce ne soit pas un meunier, mais Saint-Paul-Aurélien qui ait pactisé avec le diable. Saint-Paul-Aurélien était un des premiers saints fondateurs des premiers évêchés de Bretagne. Lui était évêque du Léon. »

 



Source France 3

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