comment les stations de ski tentent de rassurer les touristes inquiets


L’hiver approche et l’épidémie de Covid-19 continue sa progression en France. Face au risque d’une saison très en deça des standards, les stations de ski imaginent des solutions pour accueillir les vacanciers du mieux possible. 

Cette année au sein des stations de ski, l’évolution de l’épaisseur du manteau neigeux ne sera pas le seul indicateur au centre de tous les regards. La courbe du nombre de cas du Covid-19 sera tout aussi suivie que celle des chutes de neige. À deux mois de l’ouverture de la saison dans les premières stations, les acteurs du tourisme d’hiver sont inquiets. L’épidémie continue sa progression dans les Alpes comme ailleurs en France et les vacanciers vont attendre le dernier moment pour réserver leurs séjours si la situation le permet. « On sait que les gens vont être attentistes. La dernière minute va devenir la dernière seconde, dit Jean-Marc Sylva, le directeur général de France Montagnes, l’association regroupant les principaux acteurs du tourisme de montagne en France. On imagine une baisse de la clientèle internationale en fonction des protocoles entre les pays », poursuit-il. 

Pour faire venir les amoureux des sports d’hiver malgré la crise sanitaire, les stations de ski se creusent les méninges pour répondre à leurs inquiétudes et proposer des séjours dans un climat le moins anxiogène possible, alors que la Savoie est passée en zone d’alerte et que l’Isère est en zone d’alerte renforcée. 

 


« La première question de nos clients porte sur les remboursements sans frais »

Aux Menuires, une cellule spéciale Covid a été formée par l’office de tourisme. Ses membres sont chargés d’accompagner les commerçants et les clients en cas de crise, mais aussi de veiller au stock de masques et de gel hydroalcoolique. Des conseillers sont également toujours joignables via un numéro de téléphone spécial. Un gros effort est aussi fait sur les conditions de remboursements des séjours. « La première question de nos clients porte sur les remboursements sans frais. On a réussi à se mettre d’accord avec 70% des hébergeurs de la station pour proposer un remboursement sans frais pour tout problème lié au Covid, que ce soit un confinement, un cas positif dans la famille », raconte Marlène Giacometti, directrice de l’office de tourisme des Menuires. 

De nombreuses stations vantent une souplesse selon le contexte de l’hiver en proposant des remboursements sans frais. À Val Cenis en Savoie, la station propose une « garantie flexibilité » lors de l’achat. « Si la station venait à fermer ou que les clients ne pouvaient pas se déplacer à cause de la Covid-19, les forfaits seraient intégralement remboursés« , explique l’office de tourisme sur son site internet. 

 


Il sera possible de skier sans masque

L’autre grand enjeu est le port du masque. « La deuxième question de nos clients porte sur les mesures barrières dans les remontées mécaniques. On leur répond alors que le masque y sera obligatoire », note Marlène Giacometti des Menuires. « C’est très important de dire qu’il n’y aura pas besoin de porter le masque pour skier », confirme Jean-Marc Silva de France Montagne. 

Pour réduire l’inconfort des skieurs, des fabricants ont sorti de leur boîte des masques adaptés aux sports d’hiver et conformes aux normes en vigueur. Une grande enseigne spécialisée dans le matériel de glisse propose par exemple un masque qui ressemble davantage à un buff et sert à la fois de cache-cou et de protection sur le visage. « Plusieurs marques proposent ce genre de masque. On en parle aux clients pour les rassurer sur le fait que ça ne sera pas inconfortable », dit Marlène Giacometti.

 

Un skieur sur le domaine de la station des Saisies.

Un skieur sur le domaine de la station des Saisies.

© Eric Ottino / MAXPPP


Le pari de la distanciation sociale 

Ailleurs dans les Alpes, d’autres stations jouent sur le créneau de la distanciation sociale. Sur le domaine des Saisies, les tickets pour la luge sur rail ou l’entrée au Signal seront envoyés directement par e-mail via un QR code pour éviter au maximum les files d’attente devant les guichets. 

Des enseignes de location proposent aussi des service drive pour éviter aux vacanciers de passer de longues minutes dans les magasins à leur arrivée sur place. Après une commande sur internet, le matériel est préparé à l’avance et retiré sans essayage au comptoir drive. Evidemment, enfiler une chaussure de ski sans l’avoir essayé ressemble à un pari risqué, mais une enseigne comme Skiset propose aux skieurs de mesurer avec précision la taille de leurs pieds à domicile.

Avec ces différentes promesses, les acteurs du tourisme de montagne espèrent limiter la casse. Mais dans les bureaux, on anticipe déjà une saison difficile. « Collectivement on revoit à la baisse nos ambitions. On était parti sur une baisse de -15% de la fréquentation et on table maintenant sur une baisse de 23, 24 ou 25% », soupire Marlène Giacometti. Aux Menuires, l’office de tourisme a déjà fait une croix sur les touristes anglais qui sont toujours soumis à une quarantaine chez eux à leur retour de France. Ces dernières années, ils représentaient à eux seuls près d’un quart des vacanciers de la station. 

 





Source France 3

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