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Tourisme

Coronavirus et tourisme : déjà 5 milliards d’euros de perte en Paca, “c’est le moment où jamais de séduire les Français”



C’est le grand flou. Et les propos de la porte-parole du gouvernement le 29 avril n’ont fait qu’augmenter l’angoisse d’un secteur aux abois.

Pour Françoise Dumont, présidente de l’agence de développement Var Tourisme, « les professionnels sont en souffrance. Et dans cette situation délicate, fortement tendue, il faut faire très attention à ce que l’on dit ».

« A ce stade, je ne peux pas dire à nos concitoyens prenez tranquillement une location à l’autre bout de la France, et soyez tranquilles, vous pourrez y aller » avait déclaré Sibeth N’Diaye, rajoutant du doute à l’incertitude.

Et c’est bien ce qui mine la filière : à ce stade, ce que l’on sait se résume à des jalons sous condition. 

Beaucoup d’incertitudes sur la saison estivale

D’après le secrétaire d’Etat au tourisme Jean-Baptiste Lemoyne, à la condition que les départements concernés soient au vert, un tourisme de proximité dans un rayon de 100 kilomètres sera possible du 11 mai au 2 juin.

Ce qui ne signifie pas pour autant ouverture des hébergements, et des lieux de restauration bien sûr, mais plutôt un accès possible du public aux espaces naturels.

Concernant la saison estivale, aucune date de reprise n’est annoncée. Les professionnels devront patienter jusqu’à fin mai pour en savoir plus.  

En tous cas le message est passé depuis les déclarations d’Edouard Philippe. 

« Il est urgent d’attendre. Il s’agit d’évaluer la circulation du virus après le 11 mai et ensuite de prendre des décisions. C’est difficile, mais dont acte », admet Françoise Dumont, qui précise que ce sont les plus petits qui souffrent déjà le plus. 

Déjà un lourd bilan

« Au premier trimestre, on a déjà 35 % de nuitées de moins par rapport à l’an passé. Et si la reprise est fixée fin juin, au premier semestre on aura perdu 50 % de nos nuitées sur cette période » estime la présidente de Var tourisme.

Sans reprise, non seulement les saisonniers ne seront pas embauchés et resteront sur le carreau, mais il y aura aussi des licenciements, dans un secteur qui représente, dans le département, 35.000 emplois directs, précise-t-elle.

« Entre les vacances de Pâques, les week-ends et les ponts du printemps, on a déjà perdu 30 à 40% de notre chiffre d’affaire », calcule Vincent Gailledrat, président de la fédération régionale d’hôtellerie de plein air.

D’après ce professionnel de l’hébergement touristique, 80% du personnel a dû être placé en chômage partiel, le télétravail n’étant possible que pour les services administratifs ou commerciaux.

Sous perfusion, jusqu’à quand ?

Pour le moment, les aides permettent de garder la tête hors de l’eau.

« Il faut saluer le dispositif de l’Etat, exonérations de charges et chômage partiel. Mais quid du lendemain? » questionne la présidente de Var tourisme. « Les prêts consentis devront bien être remboursés. »

Les collectivités locales jouent un rôle-clé dans le soutien au secteur.

En plus des mesures d’urgence d’aide aux entreprises, la Région engage 6,6 millions d’euros au soutien de l’offre et à la stimulation de la demande.

Un « plan Marshall de reconquête »

« Adapter l’offre touristique à la crise sanitaire », c’est la seule solution, explique le vice-président de la commission tourisme au Conseil régional.

François de Canson parle d’un « plan Marshall de reconquête » estimant qu’il faut accompagner le secteur à la reprise dans un nouveau contexte.

« Nous sommes la première destination pour l’accueil de la clientèle internationale après Paris, avec 6 millions de touristes étrangers accueillis chaque année, qui consomment deux fois plus. »

Pas le choix, en l’absence de tourisme étranger, il faudra innover : « C’est le moment où jamais de séduire les Français ».

L’opération a déjà démarré avec les chèques vacances « au secours du tourisme » financés par la Région, à destination des salariés du privé ayant travaillé au contact du public, livreurs, caissiers.

Des chèques bientôt offerts aussi à des personnes en situation de fragilité économique, cette fois via le financement des départements.

Séduire et rassurer

Deux millions d’euros seront consacrés à une campagne de relance « sans précédent », destinée à attirer la clientèle française vers la marque « Provence-Alpes-Côte d’Azur ».

« C’est le moment où jamais pour les Français de redécouvrir la variété des paysages et des possibilités offertes par la région », assure Loïc Chovellon, directeur général du Comité Régional du Tourisme.

Vélotourisme, randotourisme, oenotourisme, on est prêts à décliner l’offre sous toutes ses formes. 90 % des familles souhaitent rester en France pour leurs vacances, 40 % dans leur région.

« Certaines tendances ancrées dans des valeurs et du bon sens sont des lames de fonds, et ce que nous vivons aujourd’hui entraîne des besoins d’authenticité, de nature, d’espaces, de terroir, de découverte de savoir-faire, de proximité, de cohérence. Les touristes chercheront du vrai, car tout ça rassure !  » assure Renaud Muselier.

« Nous avons la chance en région Provence-Alpes-Côte d’Azur de réunir un grand nombre d’atouts pour répondre à ces aspirations, avec 1000 km de côtes, 60 % de notre territoire en espaces naturels, 800 professionnels labellisés parcs. » Pour le président de la Région, tout doit être mis en oeuvre pour valoriser ces richesses et relancer la filière.

Intégrer de nouvelles pratiques

Il faudra aussi garantir la sécurité sanitaire. « Quelle distance entre les tables, faudra-il désinfecter les matelas des plagistes, comment faire pour les chambres dans les hôtels ? Nous avons besoin de ces éléments bien avant de démarrer », insiste Françoise Dumont.

Car, explique la présidente de Var Tourisme, « il faudra s’organiser pour intégrer ces nouvelles pratiques ». 

Vincent Gailledrat, président de la fédération d’hôtellerie de plein air, résume : « Ce que l’on souhaite, c’est avoir une date ! On a des saisonniers à embaucher, et à former ». 

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le tourisme représente 13% du PIB. C’est la région française la plus impactée par la crise du secteur. 





Source France 3

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