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Tourisme

Coronavirus : pourquoi il faut se préparer à passer les vacances “près de chez nous”


La Côte d’Opale ? La Baie de Somme ? L’Avesnois ? Les Flandres ? Il va falloir apprendre à redécouvrir notre belle région des Hauts-de-France. C’est en tout cas ce qu’a laissé entendre Jean-Baptiste Lemoyne ce mercredi à l’Assemblée nationale. « La saison estivale ne sera pas comme les autres », a-t-il indiqué.

Interrogé sur le sujet à l’Assemblée nationale, mercredi 28 avril, le secrétaire d’Etat au tourisme a rappelé que « le tourisme ne pourra reprendre que de façon concentrique, dans un premier temps, avec une clientèle d’ultra-proximité et on le voit, avec un certain nombre de sites qui vont pouvoir rouvrir ».

Parmi eux figurent « les petits musées, certains sites naturels, parcs et jardins dans les départements qui seront ‘verts’, où le virus ne circule pas de façon active »
 

« Ça va être, dans un premier temps, le temps de l’ultra proximité, et puis petit à petit, en fonction naturellement de l’évolution du virus, les décisions pourront être prises pour élargir », a-t-il précisé. Le secrétaire d’Etat a précisé que de nouvelles perspectives pourraient être ouvertes fin mai. 
 

Renforcer les chèques-vacances

Pour que les Français puissent « souffler » après des semaines de confinement, le gouvernement travaille à « des mesures permettant de renforcer les chèques-vacances, de faciliter le déplacement de tous », a indiqué le secrétaire d’Etat. 

L’Assemblée nationale a adopté mardi le plan de déconfinement du gouvernement, qui prévoit une reprise a minima de l’activité éducative, économique et sociale, à compter du 11 mai. Si les attestations de déplacement seront supprimées jusqu’à 100 km du domicile et si les commerces pourront rouvrir, en revanche les bars, restaurants, salles de cinéma et plages resteront fermés, tandis que festivals et grandes manifestations sportives au-delà de 5000 personnes seront toujours interdits.
 

Ce n’est que fin mai que le gouvernement annoncera, en fonction de la situation sanitaire, si les bars, cafés et restaurants pourront rouvrir « à partir du 2 juin ». Les hôtels pouvaient rester en activité, mais nombre d’entre eux ont fermé, faute de clients.

« Insupportable de ne pas savoir »

Alors comment vivent actuellement les stations balnéaires de la Côte d’Opale ? A quel type de saison touristique Bray-Dunes, Dunkerque, Wissant, Le Touquet ou Berck-sur-Mer se préparent-elles, sachant qu’il y a fort à parier que le virus sera encore présent cet été, et que la distanciation sociale et les gestes barrière devront encore s’imposer. 

 

Au camping du Perroquet à Bray-Dunes, juste à la frontière belge, on est actuellement fermé. Si l’accueil téléphonique répond, c’est parce qu’une présence est assurée pour garder le site. Ici on compte, 800 emplacements à l’année et 56 de passage. Actuellement, Elisabeth Vanvinck, qui travaille ici depuis une vingtaine d’années gère les annulations. Les réservations sont moitié moins élevées que d’ordinaire. « On n’a aucune instruction, on ne sait pas, c’est insupportable ». Ici la clientèle vient normalement de la région mais aussi de Belgique (un tiers de clients), d’Allemagne, des Pays-Bas et de Grande-Bretagne. Une présence internationale les années passées qui laisse augurer d’une très mauvaise saison 2020.
 

« Maintenir les animations autant que possible »

A Dunkerque, le 17 avril, le maire Patrice Vergriete envisageait une saison touristique bien sûr « très impactée » tout en optant pour une stratégie de maintien des animations autant que possible. « Il est beaucoup mieux de générer de l’activité pour notre économie locale que de transformer ça en subventions ». La logique : essayer de maintenir le programme événementiel estival « ou automnal car ça risque d’être décalé« , le festival La Bonne aventure aura lieu fin septembre et non fin juin. Certes, le départ du Tour de France à la Voile à Dunkerque ne pourra pas être reporté. Mais la philosophie reste le report tant que cela est possible. « Il faudra intégrer les gestes barrière. Nous pensons nos événements en intégrant ces règles de distanciation sociale ».
 

La plage du Touquet, le 7 avril 2020 / © DENIS CHARLET / AFP
La plage du Touquet, le 7 avril 2020 / © DENIS CHARLET / AFP

 

Au Touquet, on réfléchit, on anticipe également, en partant du principe que les plages vont rouvrir. Trois priorités sont définies : le respect des consignes sanitaires nationales, que les professionnels du tourisme survivent, et offrir des vacances aux Français qui en ont besoin.

Philippe Moinet est directeur du Café des Sports, rue St-Jean, dans la station des « quatre saisons ». Un établissement dont les 32 salariés cuisinent et servent 115 000 couverts par an. Touquettois, il convient aisément que la ville est calme, même s’il y a un peu de vie : « Des restaurants ont rouvert seulement pour la vente à emporter et puis, malgré l’interdiction, certains sont quand même venus se confiner ici… « 
 
Du coup, le Café des Sports, en profite pour faire quelques travaux. Comme pour Elisabeth du camping du Perroquet, ce qui est dur pour Philippe, c’est le manque de visibilité. « C’est flou, on ne sait pas quand et comment on va rouvrir. Idem pour la plage… Mais vue la configuration du Cafés des Sports, je sais qu’on ne pourra pas rouvrir sans supprimer des tables. C’est obligé pour respecter la distanciation sociale ». 

A Berck-sur-Mer, la commune a déjà subi le coup dur de l’annulation de ses 34es Rencontres internationales de cerfs-volants du 11 au 19 avril. Et depuis, Romuald Vignon, directeur de l’hôtel Régina, tourne à vide. « Nous ne sommes pas concernés par la fermeture administrative, mais les commerces (non alimentaires), les restaurants, la plage étant fermés, nous n’avons aucun client. On a terminé avril à zéro client. Les 103 chambres sont vides. Les salariés sont en chômage partiel et on se doute que mai et juin vont être très très calmes aussi. Ce sont des groupes qui viennent en autocars en général à cette période, donc, avec les mesures sanitaires et le fait que tout est fermé, il n’y aura personne ».  

Beaucoup d’incertitudes et de flou. Le tourisme a pourtant le vent en poupe ces dernières années dans les Hauts-de-France : vvec 9,8 millions de nuitées entre avril et septembre 2019, les hôtels, campings et autres hébergements collectifs des Hauts-de-France avaient établi un nouveau record de fréquentation, en hausse de 7 % par rapport à la saison 2018. La plus forte hausse de toutes les régions françaises.
 



Source France 3

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