Image default
Tourisme

Covid-19 et jobs d’été : les propositions d’emplois reviennent, “c’est la première fois qu’on dit de postuler en juin”



Chloé Giunta jongle entre ses cours et son emploi dans un supermarché, près d’Annecy. Étudiante en carrières juridiques, la jeune femme travaille chaque été. Une discipline, qu’elle s’impose depuis ses 14 ans, pour garder son indépendance financière. Pour elle, comme pour de nombreux étudiants, la saison estivale est le moment idéal pour espérer gagner un peu d’argent. Cette année, avec la crise du coronavirus qui touche le monde entier, l’espoir de trouver un emploi a été déçu pour beaucoup de jeunes étudiants.

Quand la période de confinement est instaurée en France, Chloé est « sauvée ». Cette étudiante âgée de 19 ans avait déjà trouvé un « CDI étudiant » dans un supermarché près de chez ses parents. « Il y a eu un énorme afflux, ils avaient besoin de personnels dans les rayons, alors depuis le 14 mars, je n’ai pas arrêté » explique-t-elle. Cette chance, elle en est consciente. L’un de ses amis étudiant, préparateur de commande dans une grande enseigne de fast-food, n’a pas pu travailler pendant plusieurs mois. Une perte financière importante pour le jeune homme. 

 

 « Sans job d’été, c’est la précarité »

Pour Alexis Fayolle, président d’InterAsso, une association qui fédère les bureaux et associations étudiantes de Grenoble, la question du job d’été est décisive chez certains jeunes. « Sans job d’été, c’est la précarité. Ils comptent sur ça pour financer le reste de l’année universitaire. » En plus des cours à distance, du télétravail et des conditions sanitaires particulières, les étudiants ont dû s’adapter comme bon nombre de Français. Mais pour eux, l’association d’un job avec leurs études est difficilement gagnante : « Il y en a qui ont dû démissionner de leur job pour faire leur stage de fin d’études et puis le stage a été annulé, et ils se sont retrouvés sans rien. »

Cette situation, Alexis Fayolle l’a lui-même expérimentée. « Je devais commencer à travailler en mars et là, je vais pouvoir commencer seulement en juillet », raconte l’étudiant isérois. Même attente pour Nathanaël Courtois, qui cherche encore un emploi saisonnier. Rétrospectivement, le jeune étudiant âgé de 22 ans se rend compte que la situation a complexifié sa recherche de job : « le contexte du Covid-19 n’a pas aidé… Trouver un job d’été en ce moment, c’est galère. »

 

« Ils vont rouvrir à tour de bras »

L’épidémie, le confinement et le déconfinement, a jeté un flou sur les perspectives d’emploi. Et selon les secteurs, l’impact du Covid-19 ne s’apprécie pas de la même façon, selon Alexis Fayolle. « En Santé, les étudiants en pharmacie ou médecine ont été moins touchés. Par contre, c’est plus difficile dans l’alimentaire, dans la restauration par exemple il y a moins d’embauche. » 
 
Depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus, un jeune actif sur six dans le monde s’est retrouvé sans emploi, selon l’Organisation internationale du travail. Aujourd’hui, l’avenir s’éclaircit peu à peu. L’été, est également pour les jeunes, l’occasion de trouver un emploi qui permettrait de les faire voyager. 
 
Dominique Girerd l’a constaté. Depuis quelques jours, le directeur de l’association Club Teli en Isère, a observé un retour des offres d’emploi à l’étranger pour cet été. Des propositions de job dans l’hôtellerie, les parcs d’attractions, la restauration… « Ils vont rouvrir à tour de bras et sûrement faire du forcing pour prolonger la saison jusqu’en octobre, voire novembre » affirme-t-il.
 

Un optimisme sans failles, qu’il souhaite transmettre aux adhérents de son association : des jeunes en recherche de job ou stage à l’étranger. « Si le goût du voyage ne vous a pas quitté durant le confinement, c’est encore possible. » Cependant, ces emplois à l’étranger se limitent à l’Union européenne actuellement, en raison de l’épidémie.

« On a des candidats qui se sont désistés alors qu’ils avaient un job de prévu, et d’autres qui ont préféré laisser tomber pour cette année », précise le directeur du Club Teli. Même si certains se découragent, la période de recrutement n’a pas encore débuté d’après l’association. Habituellement, les postes sont trouvés bien en amont de la saison estivale. Cette année, la période de recrutement est décalée au mois de juin. « Ça fait 28 ans qu’on est là-dedans et là, c’est la première fois qu’on dit de postuler en juin » note Dominique Girerd.

 

Le ramassage des fruits et légumes

Autre surprise : les demandes nombreuses, dans le secteur de l’agriculture. À l’étranger, mais aussi en France, la crise du Covid-19 a mis un coup de projecteur sur les métiers de la ferme. En Savoie et Haute-Savoie, la grosse saison vient de se finir. Bilan pour le groupement d’employeurs agricole « AgriEmploi des Savoie » : cette année, plus que les autres, ils ont vu passer beaucoup de candidats pour la cueillette. « Avant la crise, ils allaient plus vers les stations, chez nous ça ne se bousculait pas autant au portillon » constatent-ils. 

Car en attendant la relance du tourisme, ces derniers jours, les jeunes se sont tournés vers le ramassage des fruits et légumes. Un job pénible, mais qui ne demande pratiquement pas de compétences particulières. Lavage des mains et distance de sécurité… Dans les terres agricoles, le respect des règles sanitaires, est facile à appliquer. En ce moment même, la période des fraises bat son plein. Les barquettes s’empilent. Des jeunes s’appliquent à les ramasser sans les abîmer. Une technique qui s’apprend rapidement, le temps d’un été.

 





Source France 3

Related posts

Guides-conférenciers : les oubliés du patrimoine

adrien

4 balades en vidéo pour s’évader en Maine-et-Loire avec Envie Dehors !

adrien

Futuroscope : bientôt un parc aquatique ouvert toute l’année

adrien