Damage, déclenchement d’avalanches, on vous dit tout sur l’entretien du domaine skiable dans les stations


Les remontées mécaniques restent fermées jusqu’à nouvel ordre (sauf pour un public autorisé) en raison de l’épidémie de Covid-19. Voilà qui ne décourage pas les amoureux de la montagne pour qui une petite partie du domaine skiable est entretenue. 

« L’enneigement est exceptionnel avec une neige très qualitative. Les températures négatives donnent une poudreuse parfaite pour faire des raquettes ou du ski de randonnée. D’ailleurs, ce week-end à Isola 2000, il y avait beaucoup de monde sur la station. Les réservations pour les promenades en chiens de traineaux sont complètes jusqu’à la fin mars ».

Ce constat, c’est Jean-Christophe Desens, directeur du domaine skiable, qui le dresse. Voilà qui le console un peu ! Comme dans toutes les stations du pays, les remontées mécaniques, les téléphériques restent interdits au grand public en raison de l’épidémie de Covid-19. Seules les élèves de ski-clubs, les sportifs de haut niveau ou en formation peuvent les utiliser. Du coup, une petite partie du domaine skiable est damée, le reste est laissé à l’état naturel.

Un quart du domaine ouvert à Isola 2000 et Auron

A Isola 2000, une seule télécabine est ouverte. C’est celle du Mercantour, et elle dessert une dizaine de pistes dont une de compétition, le snowparc et la ligne de start. Le téléski du front de neige est ponctuellement ouvert pour les petits élèves. C’est donc cette petite partie du domaine skiable qui est damée tous les jours.

Le damage des pistes a lieu en tout d »but ou en fin de journée dans les stations


© FTV

A Auron, c’est le secteur de Las Donas qui reste ouvert.

Le domaine de Las Donnas (à gauche sur la carte).

Le domaine de Las Donnas (à gauche sur la carte).

© Station Nice Côte d’Azur

Comme l’indique Frédéric Gil, directeur général des stations de Nice Côte d’Azur, faute de recettes avec la vente de forfaits, le contexte impose de rationaliser l’exploitation. Pas de neige de culture, les canons n’ont fonctionné qu’en début de saison pour produire ce que les professionnels appellent « la sous-couche ». Cette année, le ciel a été généreux, il y a 60 centimètres en bas des pistes et plus d’un mètre en haut. On en reste là !

Le balisage pour le ski de randonnée et des espaces partagés

La fermeture des remontées mécaniques a eu plusieurs conséquences : certains ont opté pour le ski de randonnée ou pour les balades en raquette en plein coeur du domaine, ce qui peut être accidentogène s’ils croisent des surfeurs ou des skieurs. Auron et Isola 2000 ont donc opté pour le balisage de « pistes » de ski de randonnée, y compris sur la montée, pour qu’il n’y ait pas de croisement entre les différents parcours. 

Pas de remontées mécaniques, il faut donc pousser sur les mollets pour gagner le sommet des pistes.

Pas de remontées mécaniques, il faut donc pousser sur les mollets pour gagner le sommet des pistes.

© FRED TISSEAUX /FTV

Les gendarmes du PGHM recommandent de suivre ce balisage.

Autre priorité : limiter les risques d’accidents en bas du domaine. De nombreuses familles viennent faire de la luge avec des petits. Là encore, les responsables des stations veillent à ce que la cohabitation entre les différentes pratiques soit la plus sereine possible dans cette « zone mutualisée ».

Une sécurisation des couloirs d’avalanches

A Isola 2000 et à Auron, les professionnels ont les yeux tournés vers le ciel. Une neige fraîche (plus de 25 centimètres) , du vent à l’origine de la formation de « plaques avant particulièrement instables », et voilà le plan d’intervention « déclenchement avalanches » qui est activé. Ces couloirs d’avalanches sont répertoriés. A Isola, depuis début décembre, il y a eu une dizaine de tirs préventifs pour sécuriser les zones d’activité, et protéger les équipements.

Un public nouveau

Avec ce Covid-19, deux confinements et un couvre-feu, le besoin de grand air et d’évasion semble être une priorité pour beaucoup, les responsables des stations notent de nombreux « primo-skieurs », ou des personnes qui font des raquettes pour la première fois.

Il s’agit d’une autre façon de découvrir la montagne, à ses risques et périls, donc sous sa propre responsabilité quand un domaine est fermé. Les skieurs chevronnés peuvent aussi se laisser piéger.

Il ne faut pas confondre la connaissance du domaine skiable avec la capacité à pouvoir s’y aventurer quand l’exploitant n’est pas en fonctionnement.

Frédéric Gil, directeur général des stations de Nice Côte d’Azur

En cas d’accident, les pisteurs de la station n’ont normalement pas à porter secours ni assistance, l’intervention est effectuée ( sauf réquisition) par les services de l’Etat (PGHM, CRS 6).

La Colmiane, 12 décembre 2020.

La Colmiane, 12 décembre 2020.

© Véronique Varin FTV

Mais Frédéric Gil se veut malgré tout rassurant : il y a toujours une marge de pisteurs secouristes au cas où. D’ailleurs, il y a quelques jours en fin de journée, trois jeunes s’étaient aventurés dans un secteur fermé, sans possibilité d’accéder au versant qui permet de rentrer à la station. « La montagne reste la montagne et on peut se faire piéger facilement », conclut-il.

Les consignes en cas d’accident ?

► Le 112 est le numéro d’urgence européen. Il accroche n’importe quel relai quel que soit votre opérateur.

► En composant le 15, le 17 ou le 18, l’appel est centralisé au CODIS. 

► le 04 97 22 22 22, c’est le PGHM si vous êtes dans les Alpes-Maritimes.





Source France 3

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