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Tourisme

dans les Monts d’Arrée, grimpez « sur le toit de la Bretagne » avec Youenn Daniel


La Bretagne regorge de trésors, de sites à découvrir, et qui mieux que ceux qui y vivent pour nous servir de guide ? Dans les Monts d’Arrée, toute l’année, l’association ADDES organise des randonnées pour grands et petits. Youenn Daniel est l’un de ses membres et animateurs.

Au sein du Parc Naturel Régional d’Armorique, les Monts d’Arrée séparent le Finistère en deux. Au nord : le Léon. Au sud : la Cornouaille. Entre les deux : une terre sauvage faite de landes et de crêtes rocheuses, nous sommes sur le toit de Bretagne. Le Roc’h Ruz culmine à 385 mètres de haut et il ne dépasse que de quelques dizaines de centimètres une poignée d’autres sommets. 

Mais pour Youenn Daniel, les Monts d’Arrée se sont aussi une rivière, l’Elez ; une zone marécageuse, ses tourbières et son lac, le Yeun Elez ; et la forêt légendaire d’Huelgoat. Alores, munissez-vous de bonnes chaussures, et soyez matinal. Il parait qu’au lever du jour, les korrigans et autres personnages de légendes arpentent eux-aussi les chemins de randonnées de notre guide-animateur. 

 

Le Roc’h Trevezel et le Mont-Saint-Michel de Braspart

Sur le Roc'h Trevezel, deuxième sommet le plus hait de Bretagne

Sur le Roc’h Trevezel, deuxième sommet le plus hait de Bretagne

© E.N

« Ce sont quasiment les points les plus élevés de Bretagne. En fait, dans les monts d’Arrée, trois quatre sommets se disputent le point culminant à un mètre près. Celui qui détient le record c’est le Roc’h Ruz, 385 mètres de haut. » 

« De là-haut, la vue sur le Léon est remarquable, un paysage de landes et un peu de bocage. À cette période, il y a de la myrtille. Quand on parle de Léon, de Trégor, ou de Cornouaille en Bretagne, on se réfère en fait aux anciens découpages administratifs des évêchés. Ici, c’est un peu resté dans l’usage de parler du Léon pour le nord Finistère, et de Cornouaille pour le sud Finistère. »

« Ce qui me surprend encore sur le roc’h Trevezel, c’est l’horizon qui est plus bas que d’habitude. Avec les nuages qui accrochent parfois les affleurements d’ardoises, on a l’impression de toucher le ciel. Quant au mont Saint-Michel, on sent que c’est un lieu de spiritualité. La « montagne » était un haut lieu druidique. Un oratoire dédié à l’archange Saint-Michel y trône aujourd’hui. La légende du saint soumettant le dragon prend tout son sens. »


 

Le lac et la plage de Botmeur

Le lac saint-Michel au Libist

Le lac saint-Michel au Libist

© Monts d’Arrée Communauté

« Ici, on l’appelle le lac de Brennilis, mais son nom officiel, c’est réservoir Saint-Michel. C’est le plus grand lac de Bretagne. Il s’étend sur 450 hectares. Avec un petit truc pas très touristique en face de Botmeur, sur la rive opposée du lac, l’ancienne centrale nucléaire de Brennilis en voie de démantèlement. Ce n’est pas un complexe industriel gigantesque, mais ça reste une usine assez imposante quand même. »

« Pour en revenir au lac, il a été créé en 1936 pour être la réserve d’eau principale de l’usine hydroélectrique de Saint-Herbot, puis pour la centrale en 1968. Il recouvre des tourbières du Yeun Elez. On en retrouve d’ailleurs sur quasiment tout le pourtour, les berges restent très sauvages. Dès qu’on quitte les chemins où les endroits aménagés, on peut s’enfoncer dans la tourbe. Je ne dis pas que vous serez engloutis, mais il faut faire attention. »

« Le lac n’est accessible qu’à Brennilis ou par la plage de Botmeur. Je l’appelle comme ça parce que je m’y baigne de temps en temps depuis la cale. On peut aussi faire du bateau. Et c’est un coin très prisé des pêcheurs, réputé pour ses brochets et ses gros poissons. A Brennilis, il y a un camping à partir duquel on peut longer le lac sur environ deux kilomètres sur des chemins sympas. »


 

Étonnante Huelgoat 

Moulin du chaos à Huelgoat

Moulin du chaos à Huelgoat

© Monts d’Arrée Communauté

« On s’éloigne un petit peu des sommets et de la lande, on est à 16 ou 17 km de la montagne Saint-Michel, c’est le bourg de Huelgoat et la forêt, avec son chao granitique gigantesque. C’est assez impressionnant. Des boules de granit, pour certaines entassées grandes comme des maisons, entassées les unes sur les autres. »

« Depuis la place, au centre du bourg, vous faîtes une centaine de mètres et vous arrivez à l’entrée du chao. Un peu plus loin se trouve le Ménage de la Vierge. On l’appelle comme ça parce que chaque rocher pourrait représenter qui une fourchette, qui un plat, un verre, un vase, tout ce qu’une dame doit avoir pour son ménage. « 


 

Dans la forêt d'Huelgoat, le chaos granitique.

Dans la forêt d’Huelgoat, le chaos granitique.

© Monts d’Arrée Communauté

« Et puis,  à 5 minutes du centre bourg, la Roche tremblante est l’un des sites les plus remarquables. C’est une pierre posée sur une énorme table de granite qui a la forme et la taille d’un cachalot. Elle pèse plus de 100 tonnes, mais quand on connaît l’astuce, même un enfant peut la faire bouger. En été, il y a toujours un étudiant qui moyennant une pièce, montre aux gens de passage comment faire. »

 « Enfin, à la sortie du chao se trouve le gouffre du diable. La légende dit que c’est là que le diable attendait les victimes de Dahut, la princesse d’Ys, ou Ahes, une cheffe gauloise (il y a peut-être eu mélange entre les deux personnages), les amants qu’elles consommaient chaque nuit, et dont elles se débarrassaient en les jetant dans ce trou. »


La chapelle de Saint Herbot 

La chapelle côté sud

La chapelle côté sud

© E.N

« Cette chapelle se trouve sur la commune de Plonevez-du-Faou. De style gothique flamboyant, elle ressemble presque à une mini-cathédrale. C’est une petite église avec un clocher gigantesque, rectangulaire. Un jour, la pointe du clocher qui autrefois était en plomb s’est effondrée. Maintenant, il ne reste plus que cette tour rectangulaire. »

« Petite anecdote sur la chapelle. Saint-Herbot est le patron des bêtes à cornes. Et donc pour protéger leurs troupeaux de la maladie, de la foudre, ou de n’importe quoi d’autre, les gens d’ici déposaient en offrande des cornes et des queues de vache sur un autel de la chapelle. Et encore récemment. La dernière fois que j’y suis passé, il y en avait. »


Une rivière remarquable

L'Ellez, refuge pour les castors et les moules perlières

L’Ellez, refuge pour les castors et les moules perlières

© E.N

 » La visite aux alentours de la chapelle est magnifique. Avec un autre chao, mais sur un terrain privé. Cela dit, pour les baladeurs qui aiment farfouiller, en descendant vers l’Ellez, en la longeant en amont, on tombe forcément dessus. Et dans la rivière vivent des espèces vivantes, remarquables et extrêmement rares. Comme la moule perlière, une moule d’eau douce, un gros coquillage qui ressemble à une grosse palourde. C’est une espèce peu connue qui vit jusqu’à 80 ans et qui peut contenir une perle. C’est aussi une espèce protégée, il est donc interdit de la pêcher. »

« Une autre espèce très particulière et elle aussi protégée, ce sont les castors. On les trouve dans la partie de l’Ellez qui s’arrête au barrage hydroélectrique de Saint-Herbot, l’usine dont je vous parlais tout à l’heure construite à proximité de la chapelle. Des visites des sites où ils vivent sont organisées en été par l’association Bretagne Vivante. Mais de là à les voir, c’est plus compliqué, puisque c’est une espèce nocturne. »

Pour en savoir plus sur les randonnées organisées par ADDES, cliquez ici.

 



Source France 3

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