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Tourisme

De Vence à Menton, des restaurateurs dans les starting-blocks pour la réouverture


Jour après jour, Menton (Alpes-Maritimes) reprend vie. Dans le centre-ville piéton, les magasins ont rouvert et les glaciers retrouvent quelques clients. Un peu plus loin, sur la plage des Sablettes, serviettes et parasols réapparaissent, bien que cela soit interdit pour quelques heures encore. Les étals de tongs, chapeaux et autres jeux de plage reviennent aussi.

Sur l’esplanade du Vieux Port, Pierre-Laurent Telle, le patron du restaurant « La Volta » n’attend plus que le top départ.

On a préparé toutes les tables, re-rempli les frigos, on est à fond !

Pour rouvrir, les restaurateurs doivent respecter une distance d'un mètre entre chaque table. / © Loïc BLACHE/FTV
Pour rouvrir, les restaurateurs doivent respecter une distance d’un mètre entre chaque table. / © Loïc BLACHE/FTV

Les enceintes et micros pourront même reprendre du service, avec un groupe niçois de musique latino. « On a laissé une distance de 5 mètres entre la scène et les premières tables, contre 1 mètre auparavant », poursuit le restaurateur. Mardi, Pierre-Laurent Telle pourra accueillir autant de clients que d’habitude car son restaurant a obtenu l’autorisation d’étendre sa terrasse.
 

Bataille de terrasses

Mais tous les professionnels ne sont pas logés à la même enseigne. Au cœur de Vence, la place du Grand Jardin est l’un des plus importants lieux de passage. En face, restaurants et glaciers se partagent un large parvis. À la veille de la reprise, leur sentiment est amer à l’encontre de la mairie. Les quatre gérants, interrogés ce matin, ont tous demandé une autorisation pour étendre leur terrasse sur le domaine public pour compenser la baisse d’activité liée à la crise sanitaire. Etendre à côté ou en face, sur l’allée du marché. Tous disent ne pas avoir obtenu de réponse à leurs mails.
 
Seul retour, un commentaire sur la page facebook de la commune. « C’est lamentable, comme d’habitude ! »lance Julien Leroux, propriétaire du glacier « Il était temps ».

Moi, j’ai quitté les grande villes pour une commune à taille humaine et je suis déçu que dans une commune comme Vence, il y ait un tel manque d’humain.

 

Echanges en ligne entre restaurateurs et mairie de Vence. / © DR
Echanges en ligne entre restaurateurs et mairie de Vence. / © DR

 
Sur la page Facebook de la commune, cette publication datée du 23 mai annonce la mise en place d’un plan d’aide aux acteurs économiques vençois. Contacté ce lundi, le maire de Vence, Catherine Lelan, indique que « si la situation offre des possibilités, chaque demande sera étudiée dès lors qu’elle sera reçue. »
 

Un saut dans l’inconnu

Avec 30% de baisse de capacité d’accueil, Dominique Tourneur, le propriétaire de la brasserie « La Régence », a décidé d’ouvrir avec l’ensemble de ses salariés en CDI, ils sont une quinzaine : « On va dans l’inconnu, alors on verra ! » Lui aussi avait fait une demande pour étendre sa terrasse. Alors, pour compenser le manque-à-gagner, il a choisi d’assurer un service à emporter et de proposer une mini-carte avec suggestions et plats du jour.

Avant le confinement, je pouvais proposer 28 couverts. Avec les nouvelles règles, ma capacité va être réduite quasiment de moitié. Sauf si je triche. Mais non, je ne vais pas tricher – explique de son côté Adam Jérôme, gérant du glacier « Goûter Vençois ».

Alors demain, ils ne seront que deux à gérer le service. Impossible de donner une suite favorable aux CV déposés « tous les jours » en ce moment.
 
Sans autorisation ni refus, le patron du Saore a décidé de rajouter une dizaine de tables sur le côté. « J’ai expliqué par courrier au service d’urbanisme que, sans ces tables, je serai contraint de licencier 3 de mes 12 salariés en CDI », précise Nicolas Marchand. Lui a décidé de n’accueillir aucun client à l’intérieur de son restaurant, une salle qui offre en temps normal une capacité de 48 couverts. Trop risqué selon lui. Dans ce restaurant spécialisé dans la cuisine méditerranéenne et de saison, la carte a changé en raison de l’augmentation des coûts de production des matières premières. « Avant, le prix d’un pain burger chez mon fournisseur était de 0,85€, il est passé à 1,20€. Nous avons donc choisi de revoir nos menus plutôt que d’augmenter nos prix. »
 

Pour les plages privées de Menton : encore un peu de patience

Retour dans la capitale du citron. Au « Da mitcho », les tables sont dressées pour accueillir la centaine de couverts. « J’ai déjà des réservations », précise Michele Leoni, qui dirige l’établissement avec son mari. Mais demain mardi, seul le restaurant rouvrira ; la plage privée qu’elle gère également sera inaccessible jusqu’à vendredi.

Car les travaux de réensablement, perturbés par le confinement, ne sont toujours pas terminés. Alors, pour éviter de mêler les clients aux engins de chantier, plusieurs plagistes ont décidé de ne rouvrir qu’en fin de semaine. Mais Michele Leoni prendra le risque.

J’ai une clientèle de locaux qui n’attendent que de manger au bord de mer !

 

Des transats délimités

Reste à savoir comment s’organisera l’espace plage. « On n’a pas encore reçu de consignes », indiquent plusieurs plagistes. Du gel hydroalcoolique a été commandé et les professionnels s’attendent à devoir réduire le nombre de clients. « Pour nous, ce sera plus facile à gérer que les plages publiques parce que chacun doit réserver sa place », explique le gérant de la « Dolce Vita », Claudio Battaglino, également président du Syndicat des plages de Menton.

À « La cabane », la réouverture est prévue vendredi. Mais on installe déjà les premiers transats et parasols. Cette année, des piquets et une corde vont délimiter chaque groupe de clients. Pour respecter la distanciation sociale, 8 transats seront enlevés et, dans l’espace restauration, une dizaine de tables va disparaître.
 

Sur la plage privée "La cabane" à Menton (Alpes-Maritimes), chaque groupe de transats sera désormais délimité : "Chaque client aura ainsi son entrée", explique le co-gérant. / © Loïc BLACHE/FTV
Sur la plage privée « La cabane » à Menton (Alpes-Maritimes), chaque groupe de transats sera désormais délimité : « Chaque client aura ainsi son entrée », explique le co-gérant. / © Loïc BLACHE/FTV

« Chaque client aura son entrée et nous servirons à manger directement aux transats », détaille Rocco Loisi, le co-gérant des lieux, qui voit le côté positif de la chose.

Notre façon de travailler va changer. Avant, c’était un peu trop l’usine. Peut-être que cette crise nous sera bénéfique : c’est sympa de ne pas être collé aux autres sur la plage !



Source France 3

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