Déconfinement : dans l’Oise et l’Aisne, hôteliers et restaurateurs préparent la reprise



Richard Baïma est le chef du Julianon, une bonne table de Senlis. Pour l’instant, les appels téléphoniques sont rares et les mesures annoncées ce jeudi par Édouard Philippe n’ont pas déclenché la « vague » de réservations que l’on pouvait attendre.

Le petit restaurant d’une vingtaine de places n’ouvrira pas ses portes avant le 9 juin au minimum. Richard Baïma a profité de la fermeture imposée pour réaliser des travaux initialement prévus au mois d’août. Comme de nombreux confrères, il tablait plutôt sur une autorisation le 15 juin prochain.

En attendant, le chef senlisien, qui a notamment fait ses classes au Negresco, se lance dans la vente à emporter : « la demande va encore dans ce sens, 15 commandes sont déjà enregistrées pour lundi, c’est une nouvelle évolution qu’il faut prendre en compte« , confie-t-il.

Pour le reste, notre interlocuteur reste dans l’expectative : « Il va falloir attendre. J’espère que je vais compenser la perte de ma clientèle étrangère cet été ». Celle-ci représente environ 30% de son chiffre d’affaires.
 

Impasse sur la Pentecôte

Yves Giustiniani, le propriétaire de l’auberge « À la bonne idée » à Saint-Jean-Aux-Bois, attendait également le feu vert d’une reprise d’activité vers la mi-juin. Hôtel et restaurant resteront fermés jusqu’au 9 juin, le temps de battre le rappel du personnel encore dispersé. « Un nouveau chef cuisinier doit prendre ses marques, Sébastien Tantot, venu du restaurant étoilé au guide Michelin « le petit Nice » à Marseille. Ce sera un nouveau départ. »

Il confie avoir reçu de nombreuses demandes de réservation pour son hôtel. « Le téléphone chauffe, mais moins que pour le pont de l’Ascension, une quarantaine d’appels. » Une clientèle qui devra encore patienter avant de profiter d’une terrasse de 200 mètres carré propice à l’oubli des servitudes du confinement.

De nouveaux clients à fidéliser

Dans l’Aisne, l’hôtel du château de Fère offre un cadre magnifique. L’établissement qui jouxte une ancienne forteresse du 13ème siècle affiche complet pour la nuit de samedi à dimanche, les 29 chambres sont réservées.
Arnaud Roth, le directeur de l’établissement, est optimiste. Il pense que la crise actuelle peu devenir une opportunité : « Dans l’attente de la réouverture du restaurant, nous offrons à nos clients la possibilité de repas servis en chambre ou même à emporter pour manger en extérieur« , précise-t-il.

« Ces derniers jours, une nouvelle clientèle est apparue dans l’hôtel qui n’a pas fermé, une clientèle qu’il ne faut pas négliger car ce sont des personnes venant de région parisienne donc susceptibles de revenir. »

Un constat partagé par le gérant de l’hôtel de l’abbaye de Longpont, au cœur de la forêt de Retz. « Malheureusement, même si ces nouveaux pensionnaires sont agréablement surpris par le cadre que nous offrons à une heure de Paris, ces clients restent trop rares, indique Xavier Adeline. La moitié de mes chambres sont vides.« 
 

« Beaucoup de petits établissements ne survivront pas »

Le secteur de l’hôtellerie-restauration reste donc dans l’expectative. Jean-Marie Serre évoque le spectre des fermetures. 30% des cafés, hôtels et restaurants pourraient ne pas survivre à la crise. « Selon mes informations, au seul tribunal de Soissons, 80 dossiers de redressements judiciaires sont déposés. Cela ne concerne pas que l’hôtellerie-restauration mais beaucoup d’établissements ne survivront pas. »

En attendant, le président de l’Union des métiers et industries de l’hôtellerie et de la restauration de l’Aisne fera lui aussi l’impasse sur le week-end de la Pentecôte, trop précoce pour une mise en place du protocole sanitaire.

La vente à emporter restera encore la règle dans son restaurant à Etouvelles, en attendant le week-end important de la fête des mères le 7 juin prochain. Le Center parcs du domaine de l’Ailette, véritable locomotive touristique du Laonnois, a lui annoncé reprendre son activité le 12 juin.

 



Source France 3

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