Déconfinement: Il faudra encore patienter pour monter en train à la Rhune


Elle culmine à 905 mètres d’altitude. Vigie naturelle du Pays basque avec son panorama à 360°, la Rhune n’était pas officiellement accessible pendant les longues semaines de confinement, liées à la crise sanitaire du Covid19.
Mais depuis ce lundi 11 mai, les randonnées y sont de nouveau autorisées (ndlr : voir en fin d’article les recommandations officielles de la Fédération française de randonnée, pour une pratique en toute sécurité).

Un soulagement pour les habitués comme Sébastien Itxassa. Cet habitant d’Urrugne grimpe au sommet, chaque lundi, avec un groupe d’amis. Hier, la météo très défavorable, les a découragés. « Mais ce matin on est monté ! » confie-t-il, tout heureux de retrouver sa routine sportive. 

« Nous sommes partis tout doux » explique-t-il, « d’abord parce qu’avec les fortes pluies, les cailloux étaient très glissants; et puis, parce que cela faisait deux mois que nous n’avions pas randonné. La dernière fois, c’était la veille du confinement. J’avais décidé d’y aller, me doutant que cela serait impossible ensuite pendant quelque temps ».

Pratique addictive

Sébastien Itxassa a débuté l’ascension par l’un des nombreux points de départ possibles. Il a démarré la marche à Olhette :  » Nous étions trois ce matin. Nous avons mis un peu plus de temps que d’habitude. On était vraiment contents de se revoir; c’est addictif. Chaque semaine, nous avions l’habitude de nous retrouver, de blaguer, de prendre des nouvelles des uns et des autres. Cela nous a manqué. Le temps n’était pas idéal, mais ça fait du bien ! ».

Sébastien Itxassa a croisé ce matin « beaucoup d’habitués, mais aussi quelques visages inconnus ». « Après huit semaines,à  tourner en rond, une heure par jour, dans un périmètre d’un kilomètre, retrouver la Rhune, c’était quand même émouvant! ».
 

© photo Philippe Naudet
© photo Philippe Naudet

Philippe Naudet, lui, n’a pas encore eu cette chance. Vice-président de l’association biarrote Rando Plaisir 64 (ndlr : elle compte une centaine d’adhérents), il confie que son groupe de randonneurs ne fera pas l’ascension de la Rhune avant début juin. 
« Nous redémarrons les marches de façon progressive » explique-t-il. « Après ce long confinement, il faut reprendre tranquillement. Les adhérents sont principalement des seniors. Alors, nous organisons d’abord des sorties de 5 à 7 km, avec des dénivelés de 200 à 300 mètres maximum. La Rhune c’est un peu moins de 10 km aller-retour mais avec un dénivelé de 800 mètres. Il faut donc être prudent, puisque nous manquons d’entraînement ».

Philippe Naudet confie : « Gravir la Rhune m’a manqué terriblement. Si je suis en forme, j’y monterai peut-être à titre personnel, d’ici quelques jours ».

D’un point de vue sanitaire, l’association a déjà tout prévu pour la sécurité des randonneurs.  Des recommandations sont désormais ajoutées sur les fiches de convocation.

« Le port du masque est obligatoire et il faut posséder un gel hydroalcoolique. Nous devrons également garder des distances en marchant. Le co-voiturage n’est plus possible. Chacun rejoint le point de rendez-vous par ses propres moyens. Et une semaine après la sortie, nous prendrons des nouvelles de chaque participant pour assurer une traçabilité en cas de contamination », explique Philippe Naudet. 
 

© photos Train de la Rhune
© photos Train de la Rhune

Le plus beau panorama du Pays Basque

Pour ceux qui veulent se rendre au sommet de la Rhune, par le légendaire petit train à crémaillère (en circulation depuis 1924!), il va falloir encore un peu de patience.
Au col de Saint-Ignace, le site touristique est toujours fermé. Il aurait du ouvrir pour la saison le 25 mars dernier (ndlr : la circulation du « Train de la Rhune » est prévue habituellement jusqu’au 2 novembre). 
A ce jour aucune date n’est fixée pour rejoindre en 35 minutes, à bord de deux wagons en bois, le plus beau panorama du Pays basque… par temps clément !
 

Plusieurs difficultés empêchent le redémarrage de l’activité. Il faut d’abord établir un parcours client. Il est actuellement à l’étude.  Les distances entre les voyageurs, les mesures hygiéniques et des marquages au sol doivent être organisés. Jusque là, les douze compartiments pouvaient accueillir chacun dix passagers.
A priori, ils ne circuleraient désormais qu’avec 5 personnes à bord. Peut-être un peu plus si il s’agit d’une même famille.  Mais des clients différents ne se mélangeraient pas. D’autre part, le port du masque deviendrait obligatoire, et du gel désinfectant serait à disposition.

Autre problème : les trois « ventas » privées installées au sommet, sont situées géographiquement sur la commune de Bera de Bidasoa, en Navarre, côté basque espagnol. La frontière étant toujours officiellement fermée, il est impossible pour le moment d’y faire venir des visiteurs.

Aux petits soins pour le train

Depuis hier, néanmoins des salariés du « Train de la Rhune » sont revenus travailler physiquement sur le site, en prévision d’une réouverture prochaine, notamment l’équipe de maintenance : soit quinze personnes, restées jusque là totalement confinées. Elles n’ont pu réaliser les travaux de remise en marche et de révision du matériel, habituellement effectués en hiver.

Les 24 salariés espèrent recommencer à accueillir des voyageurs au mois de juin au plus tard. L’an dernier, entre mars et mai le « Train de la Rhune » avait déjà transporté 70 166 passagers.

La Rhune est l’un des sites les plus visités du Pays basque. Son massif naturel est protégé, et classé « Natura 2000 ».
 

© photos Train de la Rhune
© photos Train de la Rhune

 

LES RECOMMANDATIONS DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE RANDONNÉE :

D’une manière générale, les activités pourront reprendre:

– dans le respect d’une distanciation physique spécifique entre les pratiquants qui dépendra de la vitesse de marche et de randonnée et du risque de contamination par postillons et gouttelettes de transpiration. Ainsi des marcheurs évoluant à la vitesse classique de 4km/h veilleront à garder un espacement d’au moins 2 mètres, alors que des marcheurs à 6km/h s’espaceront d’au moins 5 mètres,
– dans les espaces ouverts autorisés et en fonction de la situation sanitaire de chaque territoire (zone rouge ou verte),
– sans limitation de durée de pratique,
– sans attestation,
– dans une limite de distance du domicile inférieure à 100 km,
– en limitant les rassemblements à 10 personnes maximum,
– en extérieur,
– et sans bénéficier de vestiaires.



Source France 3

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