Déconfinement : le casse-tête du littoral et de l’accès aux plages


Plus les journées confinées se sont accumulées plus l’incompréhension a grandi au sein de la population. Comment justifier l’interdiction d’accès à la plage et aux sentiers côtiers (surtout avec ce beau temps provocateur) et laisser a contrario les files d’attente aux supermarchés se constituer ? Les réseaux sociaux se sont fait l’écho de ces contradictions.
  
Dès les premières interdictions préfectorales d’accès au littoral et à la navigation, la raison avancée par les autorités était claire : il faut préserver les secours pour des missions liées au virus, et éviter de les solliciter pour de possibles accidents de randonnée ou de navigation.

Or, le besoin de grand air se fait plus pressant à mesure que le compte à rebours du déconfinement a commencé.
Comment, alors, permettre un accès aux plages et aux activités nautiques tout en garantissant la sécurité sanitaire ?
 

La force du littoral breton

Avec plus de 2 000 km de côtes, la Bretagne représente environ 1/3 du littoral français. Un littoral divers et sauvage, mais aussi parfois aménagé et urbanisé où les grandes plages de sable blanc côtoient les criques, les grèves et les falaises.

La force du littoral breton pour une réouverture en toute sécurité ? Pour Dominique Cap, le maire de Plougastel-Daoulas, c’est le caractère sauvage des côtes.

« Je comprends qu’on puisse interdire la fréquentation des plages de ville comme celle de la promenade des Anglais à Nice. Mais 90% du littoral français est un littoral sauvage, plus espacé et moins fréquenté, avec des sentiers côtiers et des grèves. Il ne faut pas attendre le 11 mai pour permettre aux habitants de s’y promener ».

L’édile de la commune finistérienne, par ailleurs président de la commission « littoral » de l’Association des Maires de France, souhaiterait donc encadrer l’accès au littoral sauvage dans les limites d’une heure et d’un kilomètre autour du domicile.
 

Pour Dominique Cap, les contrôles de gendarmerie devront rester d’actualité avec, en dernier ressort, un recours à des arrêtés préfectoraux ou municipaux s’il y a trop de contrevenants.

Pour le maire de Plougonvelin (Finistère), Bernard Gouerec, « il sera très difficile de limiter l’accès à une plage du moment qu’elle sera ouverte. La plage du Trez Hir, par exemple, est très grande. La distanciation sociale pourra tout à fait être mise en application par les individus ».

D’autres plages, comme celle de Bertheaume, n’ayant qu’un seul et unique accès par la route pourront quant à elles se voir limiter leur accès, explique le maire.

Plage de Dinard (35) / © Séverine Breton
Plage de Dinard (35) / © Séverine Breton

Moins prisée que Saint-Malo, Plougonvelin est une station balnéaire confrontée aux mêmes défis.
« Si l’on veut qu’il y ait une saison touristique, il faudra bien rouvrir les plages. C’est un tout, » conclut le maire.

Et pourquoi ne pas profiter de la marée pour déterminer l’accès à la plage ? C’est la proposition de Claude Renoult, le maire de Saint-Malo. « À marée basse, le front de mer est considérablement élargi, et les promenades peuvent se faire à distance. Une situation impossible sur la Côte d’Azur par exemple ».

Les utilisateurs de la mer, également forces de proposition

Ils sont nombreux, usagers de la mer et du littoral breton, à se concerter et proposer des idées pour que les plages soient accessibles dès le 11 mai. A l’image de la Fédération Française de surf qui a déjà remis ses préconisations aux autorités.

« Il va falloir être capable de faire des sessions plus courtes, faire en sorte que la plage soit un lieu de passage et non plus de sédentarisation où on va rester, discuter, se poser, se mélanger. Notre pratique va devoir être un peu différente, » explique Stéphane Ibarboure le président de la ligue de Bretagne de surf.

Si les activités nautiques comme le surf ou la voile impliquent par définition (et pour des raisons de sécurité) une certaine distance entre les pratiquants, quelques règles supplémentaires post-Covid-19 devraient néanmoins être appliquées dans la période du déconfinement.

La ligue propose par exemple un « surf de régionalisation ». « On surfe sur son spot. On ne fait pas des kilomètres en voiture ou à vélo pour aller sur un autre spot. On demandera à notre communauté d’appliquer cette consigne : surfer près de chez vous ! », avance la fédération.

Pour chercher au delà des associations, ligues et fédérations, Vanessa le Reste, la présidente et organisatrice de la paddle cup de Beg Meil (la course devait se tenir les 4 et 5 juillet à Fouesnant) a lancé un appel à tous afin que chacun propose ses idées pour permettre un accès réfléchi et sécurisé aux plages.

Certaines propositions ont été formulées comme rendre les sentiers côtiers à sens unique afin d’éviter les croisements, limiter l’accès aux parkings ou attribuer des créneaux horaires aux usagers de la plage pour limiter leur présence sur le sable et dans l’eau.

Autant de pistes qui sortiront peut-être du brouillard dès lors qu’Edouard Philippe aura présenté les modalités du déconfinement ce mardi après-midi.
 



Source France 3

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