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Déconfinement : on vous explique pourquoi la saison 2020 est déjà ratée dans les campings de Bourgogne-Franche-Comté



Respirer librement, au grand air. Sans être entouré par des murs ou des portes. Être directement en contact avec la nature. Avec juste une toile de tente pour se mettre à l’abri. Goûter le silence de la nuit… à condition que les voisins du camping soient des gens calmes !

Les campeurs connaissent bien ces sensations inoubliables… et tellement attirantes quand on a été enfermé, confiné chez soi pendant deux mois.
 
 

Tous les espoirs semblaient donc permis pour les propriétaires et gérants des 300 campings de la Bourgogne-Franche-Comté. Malheureusement, la réalité est une douche froide.

Le camping du lac, à Labergement-Sainte-Marie, dans le Haut-Doubs, est réputé pour le calme et la beauté du paysage. Il est à proximité du lac de Remoray, classé réserve naturelle. Mais cette année, c’est d’un calme presque inquiétant, tout juste perturbé par le téléphone. Il avait beaucoup sonné après l’annonce du confinement, au mois de mars :
 

On a eu beaucoup d’appels de clients, tous pour annuler les réservations, là ça redémarre tout doucement…. mais ce n’est pas gagné !

explique Loïc Bruez, un des responsables du site. Après 6 années d’activité, les gérants avaient entrepris des travaux d’agrandissement et de rénovation. La crise sanitaire et le risque d’une mauvaise saison tombent au mauvais moment.
 

Touristes étrangers absents

Au camping du val de Bonnal, à Bonnal, dans le Doubs, Astrid Demoustier se sent comme désoeuvrée  :
 

Pour la première fois depuis 40 ans, on n’a pas ouvert à la Pentecôte, ça fait un peu bizarre de rester sans rien faire alors qu’on devrait être en pleine activité,

explique-t-elle. Le domaine de 150 hectares, avec sa base de loisirs, réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires grâce à la clientèle étrangère. Or, les étrangers, il n’y en a pas du tout. D’habitude, la Pentecôte marque le début d’une période de vacances de deux semaines pour les touristes allemands.
 

Les réservations de cette année étaient très encourageantes. Les clients ont tout annulé, y compris pour la haute saison. On ouvrira vers le 15 juin, on ne veut pas se précipiter, on a beaucoup de travail pour tout remettre en ordre, on attend de connaître les normes sanitaires que nous allons devoir appliquer,

précise encore Astrid Demoustier.
 

Plus de saisonniers et moins de campeurs

Quelles seront les normes de sécurité de l’après-crise sanitaire ? La fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA) a établi une charte. Elle devrait être validée par les pouvoirs publics dans quelques jours.

Etienne Pascal dirige le camping du domaine La Roche d’Ully, à Ornans, dans le Doubs. Il confirme que les normes sanitaires vont être nombreuses. Et qu’il faudra tout modifier, ou presque, dans le quotidien des campings :
 

A l’accueil, nous irons à la rencontre des clients qui ne sortiront pas de leur voiture. On va désinfecter les locatifs à chaque passage de clients. Et dans les sanitaires : gel hydroalcoolique et savon anti bactérien à disposition, spray désinfectant dans chaque douche,

explique Etienne Pascal, qui est aussi le président régional Bourgogne-Franche-Comté de la FNHPA. L’année 2020 va être paradoxale et coûteuse : il faudra plus de monde au travail dans les campings, pour assurer la sécurité sanitaire et la désinfection des installations. Mais il y aura moins de clients. Pas simple d’assurer un chiffre d’affaires correct dans de telles conditions.

2020 et 2021, années perdues ?

Depuis quelques années, les campings bénéficient de l’engouement des touristes pour des séjours courts, en particulier au printemps.

Les campings ont multiplié les services et les équipements : parcs aquatiques, aires de jeux ou restaurants. Ce sont de véritables petites entreprises, qui nécessitent des investissements plus lourds qu’auparavant. La crise du coronavirus en 2020 touche donc le secteur de de plein fouet, avec un premier bilan assez sombre, établi par Etienne Pascal :
 

On a déjà perdu 30 % du chiffre d’affaires annuel des campings en Bourgogne-Franche-Comté. On espère que les Français prendront plus de vacances en France cet été, mais on pense qu’on perdra entre 60 et 80 % de l’activité sur l’ensemble de l’année.
 

Le pire est peut-être à venir, en 2021 :

 

Les  réservations annulées en 2020 ont été transformées en avoirs, valables 18 mois. Donc en 2021, au début de la saison prochaine, nous n’aurons pas de réservations et de nouvelles rentrées !
 

La saison touristique 2020 serait donc irrémédiablement perdue. Malgré le principal atout des campings : des emplacements en plein air qui permettent de respecter la désormais fameuse « distanciation sociale ».

La crise sanitaire pourrait néanmoins avoir un effet positif, conclut Etienne Pascal :
 

J’espère que ça nous rapprochera un peu plus de la nature, de l’écologie, du vrai, de nos fournisseurs en local aussi. J’espère retrouver de la clientèle de proximité, qui cherchera à redécouvrir la Bourgogne-Franche-Comté !

 



Source France 3

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