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du public, mais peu de retombées économiques avec l’abandon forcé du ski alpin



Avec la non-ouverture des remontées mécaniques en raison de l’épidémie de Covid-19, les stations de ski sont contraintes de se réinventer et de proposer d’autres activités au public. Si le succès est populaire en Isère, les retombées économiques sont faibles.

Certains voient le verre à moitié vide, d’autres à moitié plein. Cela semble être le lot de cette saison hivernale paradoxale et particulière dans les stations de ski. La neige est au rendez-vous, le public également, mais les remontées mécaniques sont pour l’heure fermées, privant ainsi locaux et touristes de ski alpin. La raison est connue : l’épidémie de Covid-19. 

Alors les stations ont dû se réinventer et mettre l’accent sur d’autres activités. Une chose est sûre : même sans ski alpin, les parkings des stations iséroises étaient pleins, notamment le week-end. Mais pas uniquement. Jérôme Brunet n’avait pas vu une telle fréquentation en semaine, hors vacances scolaires. « Les gens sont tellement contents de pouvoir sortir, avec l’impression, chaque jour, que ça va être le dernier où ils peuvent skier dû la peur d’un confinement, explique le directeur de la station d’Autrans-Méaudre (Isère). Chaque week-end, on a de plus en plus de monde. » 

La dépendance au ski alpin

Michaël Kraemer est beaucoup moins positif. « On a du monde, mais pas de chiffre d’affaires », regrette le maire de Lans-en-Vercors. Si toutes les activités – 27 au total – ont explosé dans sa station ces dernières semaines, l’absence de ski alpin se fait ressentir. « Ces autres activités ne sont pas génératrices comme le ski alpin, qui pèse énormément. On a beaucoup d’activités, mais le moteur économique reste le ski alpin. » Le ski alpin a permis, depuis des dizaines d’année, de financer cette diversification. « La taxe sur les remontées mécaniques permet de financer ces nouveaux projets. Tout l’argent mis dans la diversification provient des bénéfices de l’alpin », poursuit M. Kraemer.

Malgré le manque à gagner pour ces professionnels de la montagne, la saison reste intéressante pour les autres disciplines à Lans-en-Vercors. « La location de raquettes a explosé, on fait une très bonne année sur le ski de fond, à l’image de 2012. Mais ce n’est pas avec le ski de fond qu’on paie le reste. » En Isère, le ski de fond représente, sur une saison classique, 1 million d’euros de chiffre d’affaires, quand le chiffre d’affaires global de l’ensemble des activités dans la seule station de Lans-en-Vercors s’élève à 1,2 million d’euros.

Le ski nordique à la fête

A Autrans-Méaudre, la dépendance à l’alpin est moindre. Cette station de moyenne montagne est connue pour mettre l’accent sur le ski de fond, avec succès : une moyenne haute de 500 000 euros de chiffre d’affaires, soit la moitié de cette somme en Isère. Et c’est un quart de leur chiffre d’affaires global annuel.

Forcément, en cette année de Covid où le ski de fond semble roi, la station a vu du public affluer. Et son chiffre d’affaires augmenter. Pour la seule activité de fond, la somme récupérée lors de la saison 2019-2020 a déjà été atteinte : 370 000 euros. Et les vacances de février arrivent. « D’habitude, on est un peu déficitaire sur le ski nordique. Cette saison, on va faire un peu de bénéfices », se réjouit Jérôme Brunet, directeur de la station d’Autrans-Méaudre.

Le succès des chiens de traîneau

A Vaujany, on veut rester positif. D’emblée, Annick Basset, directrice de l’office de tourisme, l’annonce : « On s’est réinventés au niveau des activités. »

Les retours étaient très positifs. Les touristes étaient super contents d’avoir pu se défouler dans la nature avec toute la neige qu’on avait.

Annick Basset, directrice de l’office de tourisme de Vaujany

Elle détaille : le grand succès des chiens de traîneau – une réussite également présente à Autrans-Méaudre -, l’initiation à l’utilisation des outils de sécurité, des sorties à la découverte du patrimoine, mais surtout la découverte des coulisses d’une station. Une animation dont elle est fière. « Ca a beaucoup intéressé les touristes : les personnes qui travaillent dans l’ombre, les dameurs, les techniciens… » En février, elle et son équipe proposeront les mêmes activités, en dépit de la non-réouverture des remontées mécaniques.

Pas de ruissellement

Hormis Annick Basset, la frustration semble prédominer. Celle d’avoir eu de l’enneigement suffisant depuis novembre – ce qui n’était pas forcément le cas ces deux deux dernières saisons -, mais de ne pas avoir pu ouvrir les pistes de ski alpin. Celle aussi, de voir les bars et restaurants ne pas profiter de l’affluence. « Le combo restaurants et remontées mécaniques est préjudiciable pour notre territoire, commente Michaël Kraemer. Quand on ouvre les poubelles et qu’on voit du papier craft d’enseignes de grande distribution, ca fait mal au cœur. »

Voir du monde tous les jours ravit les professionnels de la montagne. Mais les préoccupations économiques prennent souvent le dessus, à plus long terme. « Au jour le jour, quand on voit le monde venir, on est positif. Les jours où on songe à l’avenir, c’est plus compliqué », ressent Jérôme Brunet.

Une diversification bénéfique à long terme ?

Au moins, cette période permet aux stations de montrer la diversité des activités qu’elles proposent à des clients, qui se tournent habituellement vers le ski alpin. « La plupart des skieurs de randonnée sont des skieurs alpin convertis », assure Michaël Kraemer (Lans-en-Vercors). « Il y a, pour une grande majorité, des gens de l’alpin qui se sont rabattus sur d’autres activités et en ont été ravis », confirme Annick Basset. Sans oublier une nouvelle clientèle, « à la recherche de grands espaces, de l’air de la montagne, de la neige et de l’ambiance Noël », pour la directrice de l’office de tourisme de Vaujany.

Jérôme Brunet voit même une occasion, pour les touristes, de changer leurs pratiques et de ne pas se cantonner au ski alpin. « Il faut franchir le pas et développer d’autres offres. Les gens ne pratiquent pas qu’une seule activité, ça va évoluer dans leur consommation. Je pense que sur une semaine, une personne ne fera pas uniquement du ski alpin à l’avenir. »

Il faudra attendre sans doute 2022 pour savoir si le ski alpin va perdre du terrain par rapport aux autres activités. D’ici là, maires, responsables d’offices de tourisme et directeurs de stations auront sans doute d’autres préoccupations. En premier lieu, la survie de leurs sites.





Source France 3

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