face aux annulations en pagaille, les professionnels du tourisme alsaciens misent tout sur l’été


Pris au dépourvu par les mesures de freinage renforcées de l’épidémie de covid annoncées par le président Macron mercredi 31 mars, les acteurs du tourisme en Alsace doivent faire un trait sur les vacances de printemps. Ils acceptent de faire le dos rond une dernière fois pour sauver l’été 2021.

Pas de remontées mécaniques en février, des déplacements limités à 10 km autour de chez soi et une interdiction des déplacements inter-régionaux (sauf pour motif impérieux) pour les vacances de printemps: les professionnels du tourisme alsaciens encaissent les coups et collectionnent les frustrations en ce début d’année 2021. 

Christophe Bergamini, directeur de l’Office du tourisme de la vallée de Kaysersberg et de la station du Lac Blanc, a appris comme tout le monde la nature des mesures de freinage renforcées, autrement dit un troisième épisode de confinement, mercredi 31 mars à 20h, devant sa télé. « Sinon, ce n’est pas drôle, lâche-t-il. On était prêts à accueillir les gens. La communication à base de photos et de vidéos était prête aussi et en trois minutes on a compris que c’étai foutu. On a fermé nos trois bureaux en faisant passer les équipes en télétravail. »

Le mois d’avril sera catastrophique

Serge Mezin, directeur des gîtes de France (Haut-Rhin)

Dans la plupart des gîtes de la région, ce début de printemps se traduit par une vague d’annulations liées aux annonces présidentielles. « Le mois d’avril sera catastrophique alors qu’on était parti sur une base qui était sensiblement la même qu’en 2019, avant la crise sanitaire », confie Serge Mezin, directeur des gîtes de France dans le Haut-Rhin. Sur les 300 contrats de réservation passés en avril, plus de « 80% » seront résiliés dans les prochains jours. « Ça a démarré avec le week-end de Pâques et ça continue. Seuls les déplacements professionnels, qui restent autorisés, permettront de sauver les meubles, mais à la marge », ajoute-t-il. 

Les portes de l’Office du tourisme de Strasbourg resteront closes également pendant les quatre semaines de restriction. « C’est très inconfortable, concède Patrice Geny, directeur général de l’Office de tourisme de Strasbourg. Habituellement, Pâques marque pour nous le début de la saison. A Strasbourg, dès que les beaux jours reviennent, il y a du monde. »

Vacances de printemps et ponts en mai: 12% du chiffre d’affaires de l’année

Il y a bien malgré tout, ici et là, une famille de Parisiens venue s’isoler en Alsace, « au risque parfois de payer une amende en cas de contrôle » selon Serge Mezin. Une goutte d’eau dans les giboulées d’avril, un mois qui compte pour les acteurs du tourisme en Alsace. « On considère les vacances de printemps et les ponts du mois de mai comme une seule et même période et elle est loin d’être négligeable, explique Christophe Bergamini. De notre côté en 2019, ça représentait 12% du chiffre d’affaires de l’année, entre les Belges, les Allemands, les Parisiens ou les gens du Nord. »

Si le mois de mai n’est pas encore perdu, du côté de Kaysersberg, les équipes ne s’attendent pas à « repartir avant le jeudi de l’Ascension », à la mi-mai justement. « La chance qu’on a dans la vallée, c’est qu’on est à moins de 10 km du bassin de vie colmarien. On va essayer de proposer des balades ludiques, des chasses au trésor et des itinéraires à vélo aux gens du coin », tente de positiver Christophe Bergamini, jamais à court d’idées ni d’enthousiasme. 

Autre clientèle, autre stratégie pour cet été

A Strasbourg également, les équipes proposeront ponctuellement aux habitants de redécouvrir leur ville à travers des monuments ou des itinéraires moins connus. Une stratégie qui sera reproduite avec plus d’envergure cet été, à destination d’une clientèle française principalement, comme en 2020.

« Depuis un an, on a perdu la clientèle internationale comme les Japonais, les Chinois, les Indiens et les Américains, on n’a quasiment plus de touristes des pays limitrophes. Or, plus les gens viennent de loin, plus ils consomment des produits touristiques incontournables comme la cathédrale ou le quartier de la Petite France. Plus ils vivent près, plus il faut sortir des sentiers battus », relate Patrice Geny qui pense notamment à mettre en avant la Neustadt, des balades autour des cours d’eau et des forêts bordant Strasbourg.

Si elle reste incontournable du haut de ses 142 mètres, la cathédrale de Strasbourg ne sera pas au cœur de la stratégie de communication de l’Office de tourisme.

© Alexandre Marchi/ Maxppp.

Un engouement qui incite à l’optimisme

Sauver la période estivale, c’est désormais l’objectif absolu et le seul horizon que se fixent les professionnels « Pour juillet, on est déjà rempli à moitié. Si les choses se passent bien, je pense notamment à la vaccination, on devrait vivre une bonne période estivale, y compris en juin et en septembre, des mois prisés par les retraités qui, en théorie, auront eu accès au vaccin, » juge Serge Mezin, optimiste. 

« On sent en tout cas qu’il y a un engouement, un peu comme l’an passé à la même période, renchérit Christophe Bergamini qui avait vu la station du Lac Blanc être prise d’assaut. Les gens ont besoin d’air et je suis convaincu que lorsque la situation sanitaire le permettra, le tourisme repartira dans la région, même si cela se fait à la dernière minute. »

De plus, contrairement à l’an passé, l’Alsace ne pâtit plus de son statut de zone classée rouge. Ultime précaution, la possibilité pour les touristes d’annuler en dernière minute et d’être remboursés sans se voir imposer un report de séjour ou un avoir. « C’est la méthode du client satisfait, justifie Serge Mezin. Les gens ont parfois peur de réserver mais je peux les rassurer sur ce point. Nous avons par exemple déjà remboursé, pour les vacances de printemps, plus de 6.000 euros depuis jeudi 1er avril. »

Une souplesse accrue pour inciter à la confiance, en espérant que la lumière arrivera enfin au bout du tunnel et de ce mois de restrictions imposées par l’exécutif.





Source France 3

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