Hôtellerie-restauration : dans le Puy-de-Dôme, pourquoi la saison estivale sera décisive



Fermés pendant tout le confinement, les hôteliers et restaurateurs du Puy-de-Dôme, pensaient retrouver leur clientèle dès la levée des mesures de restriction. Mais les clients ne sont pas forcément au rendez-vous. Agnès Valleix est chef d’entreprise à Saint-Bonnet-près-Orcival. Elle dirige un bar-tabac-loto-presse et un terrain de camping 3 étoiles. Elle explique : « Au camping, c’est très très calme. J’ai eu 3 clients depuis la réouverture le 2 juin. On est en grande souffrance. On commence à avoir des demandes de réservations pour cet été. On n’a pas eu une météo terrible, ce qui joue pour l’hôtellerie de plein air ». Elle ajoute : « Toutes les locations pour les vacances d’avril sont parties en fumée, tout comme les ponts du mois de mai. Même la partie café est compliquée. L’été sera décisif, c’est certain. On ne rattrapera jamais ce qu’on a perdu mais on espère finir la saison estivale avec un peu plus de visiteurs. Il y a le Tour de France sur lequel on compte beaucoup ». Actuellement, Agnès Valleix accuse une baisse de 70 % de son chiffre d’affaires.

On hésite entre pessimisme et optimisme

Même son de cloche pour Bruno Vesval, gérant d’un hôtel-restaurant à Besse et Saint-Anastaise. Il indique : « Notre problématique est d’avoir des clients. Leur retour se fait attendre. Ca a été très calme. On a enfin des réservations pour le week-end prochain, avec des groupes notamment. Pour début juillet, la clientèle individuelle devrait revenir ». Il ajoute : « On sent que l’on va travailler mais ça va être juste. Les pertes d’exploitation n’ont pas été payées. Les loyers devront être payés. Si on n’a pas assez d’argent, ça va être assez difficile pour la suite. On espère bien travailler en juillet et août. A priori les Français devraient rester en France,  c’est ce que l’on attend. On compte aussi sur la clientèle belge. On hésite entre pessimisme et optimisme et c’est pas évident ».

Des établissements fermés par manque d’activité

Ces inquiétudes, nombreux sont les membres de l’UMIH 63, Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, à les partager. Alain Grégoire, président délégué UMIH 63 : « La reprise a été très compliquée. Environ 6 professionnels sur 10 du département ont pu redémarrer correctement. Le reste est fermé aujourd’hui par manque d’activité car il n’y a pas de clients. Le télétravail par exemple amène moins de gens au restaurant, les Français ont moins envie de consommer dans les bars. Aussi, la clientèle d’affaires est absente, ce qui pénalise nos activités ». Selon lui, on peut tirer les mêmes enseignements dans les territoires ruraux ou urbains du département.

Un taux de casse de 30 %

Les établissements situés près des entreprises industrielles ou de services auraient encore plus de difficultés. Elles pourraient conduire les dirigeants à mettre la clef sous la porte. Alain Grégoire est formel : « On estime que le taux de casse annoncé il y a 3 mois, et à l’époque on nous riait au nez, va s’avérer exact. On prévoyait 30 %  de défaillances d’entreprises dans le cœur de l’été et on y sera. Cela veut dire surement 80 000 emplois détruits au niveau du secteur hôtellerie-restauration, au niveau régional ».

En attente de soutiens

Désormais, les professionnels espèrent des soutiens institutionnels. Alain Grégoire précise : « On attend des mesures de relance sur le secteur du tourisme beaucoup plus fortes et ambitieuses que celles qui ont été exposées le 14 mai par le Premier Ministre. On espère également un plan de soutien du Conseil régional et des aides de l’Etat comme la suppression de certaines charges comme la taxe foncière. On attend une position du monde de l’assurance beaucoup plus bienveillante vis-à-vis de notre secteur. On attend toujours la prise en charge des pertes d’exploitation de nos entreprises ». En avril dernier, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé le financement d’un plan de soutien de 20 millions d’euros pour les entreprises du tourisme et de l’hébergement. Alain Grégoire conclut : « On vient de faire un sondage : il y a 10 % qui sont confiants, 70 % qui sont très alarmés par les prévisions de reprise et 20 % qui pensent que cela va s’aggraver encore ». Pour de nombreux professionnels, la saison estivale sera décisive pour savoir s’ils continueront ou non leur activité.



Source France 3

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