Italie. Ouverture des remontées mécaniques… vrai rendez-vous ou coup du lapin ?



« Le ministre de la santé a signé : tout le monde au ski le 18 janvier ! » Cela ne faisait pas 2 jours que l’année 2021 avait pris son envol, que les quotidiens italiens titraient à qui mieux mieux sur le double « miracle » du début d’année… La neige, en surabondance dans les stations de ski, et cerise sur le gâteau : le départ de la saison de ski enfin annoncé pour le 18 janvier.

Une satisfaction générale de début d’année bien éphémère. Au vu des courbes épidémiologiques de ce début d’année, d’abord, les plus optimistes des exploitants de remontées mécaniques ont bien vu que loin d’être derrière nous, le coronavirus était toujours aussi présent sur le vieux continent. Pire : les nouvelles variantes anglaises ou sud africaines rendaient les gouvernements toujours plus rétifs à honorer leurs promesses de redémarrage.
 

Un départ de saison d’hiver renvoyé déjà 3  fois

Traditionnellement plus précoce qu’ailleurs en Europe, la saison du ski en Italie devait commencer, comme chaque année le 8 décembre. C’est une tradition : la San Ambrogio, le Saint patron de la ville de Milan, et les maxi « ponts » qu’elle permet aux salariés du nord de l’Italie est toujours propice aux bonnes affaires en station. Sauf cette année où le gouvernement italien a posé son véto pour cause de Covid.

Rendez-vous à Noël… si tout va bien avait dit Giuseppe Conte, le chef du gouvernement italien.

Sauf, qu’à la Noël, les stations italiennes ont fait comme leurs homologues françaises : remontées à l’arrêt.

On se revoit le 7 janvier avait dit le président du conseil italien: encore manqué ! 

Cette fois, c’est la signature du ministre de la santé qui a fait foi : allez, messieurs les présidents de région, topez là pour le 18 janvier…

« Nos gouvernants ne voient pas plus loin que Rome et la mer: ils n’ont jamais vu une montagne ! » 

Mais plus la date tant attendue approche, et plus les espoirs déclinent en montagne. « Nous n’avons pas comme vous autres, français, les vacances de février pour nous refaire, explique Nicola Bosticco, le président de Colomion Spa, la société propriétaire et exploitante de la vingtaine de remontées mécaniques de la station de Bardonecchia. Dans notre exercice comptable de fin d’année, ce qui pèse le plus, c’est San Ambrogio et les vacances de Noël. Les 3 semaines de vacances scolaires comme chez vous, nous, on a encore jamais réussi à l’obtenir de notre gouvernement« .

Avec une saison commençant, dans le meilleur des cas, le 18 janvier comme prévu, c’est ainsi 60 à 70 % du chiffre d’affaire de la station historique du Piémont qui est déjà inscrite dans la case « pertes » de son bilan comptable.

« Le 18 janvier, c’est quasiment notre dernière chance de pouvoir encore ouvrir« , explique encore le président. « Si l’on attend la mi- février, je ne sais même pas si cela vaudra la peine de rouvrir« , conclut-il.

C’est vrai que déjà privées de la clientèle étrangère, les stations du Piémont ne sont même pas certaines de pouvoir recevoir toute la clientèle italienne espérée.
 

Les drôles de « coloriages » de la carte d’Italie du gouvernement

C’est qu’en Italie, le confinement actuel est différent dans chaque région​ selon que l’on soit classé en zone rouge, orange ou jaune. Rouge : plus personne ne bouge ! Orange : on se détend et jaune : on se bouge… mais pas encore d’une région à une autre.

Impossible pour un milanais, par exemple, en zone orange de se rendre dans les stations du Piémont en zone jaune… et vice et versa !

Ajoutez à cela que le gouvernement se réserve le droit de « corser » l’affaire en faisant varier d’un jour, voire d’une semaine à l’autre, la couleur d’une région en fonction des hauts et des bas de sa courbe épidémiologique, et vous comprendrez pourquoi il est bien difficile en Italie de prévoir quoique ce soit en ce moment.

« Ce n’est pas d’aujourd’hui que nos gouvernants de Rome ne voient pas plus loin que les plages de Rome: ils sont tous du sud« , explique rageur, Fabrizio Ricca, le vice-président délégué à la montagne de la région Piémont.

« Il n’ont jamais dû voir une montagne de leur vie pour ne pas comprendre qu’en refusant de faire partir la saison, ils condamnent des territoires entiers« , conclut-il.

En bon représentant de la « Lega Salvini », l’ancien ministre de l’intérieur « chasseur » de migrants, on pourrait croire que l’élu du Piémont est le seul à penser de la sorte. Mais il se trouve beaucoup de politiques, (même de gauche), de professionnels de la montagne aussi pour regretter que vu de la capitale italienne, les intérêts de la montagne soient souvent peu pris en compte.

En Italie, le dialogue Nord-Sud est plus que jamais un souci de chaque jour… le Covid n’y changera rien.



Source France 3

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