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Tourisme

Jura : pas de réouverture prévue sans label sanitaire pour les thermes de Salins et Lons-le-Saunier


Parmi ses nombreux atouts, le département du Jura compte deux stations thermales : Therma Salina à Salins-les-Bains et Valvital à Lons-le-Saunier. Deux établissements qui ont fait l’objet d’investissements conséquents, et qui attirent autant les curistes d’autres régions que les locaux.

En mars 2020, le Coronavirus aura mis un terme, sans mauvais jeu de mot, à une saison qui démarrait bien. Deux mois plus tard, alors que les Français profitent d’un déconfinement progressif, les stations thermales estiment ne pas avoir réuni les conditions d’une réouverture avant le 13 juillet. « Une date provisoire, que la quasi totalité des établissements français a pris comme référence », explique Fabrice Lebeault, directeur de Therma Salina. C’est-à-dire, dans le meilleur des cas.
 

Dans des établissements tels que le nôtre, assurer la sécurité des salariés comme des curistes, c’est compliqué à mettre en place, c’est une population vulnérable.
Fabrice Lebeault, directeur de Therma Salina

 

Therma Salina, l'établissement salinois situé au pied du Mont Poupet, a été inauguré en 2017. Il est ouvert de mi-février à fin décembre. / © Therma Salina
Therma Salina, l’établissement salinois situé au pied du Mont Poupet, a été inauguré en 2017. Il est ouvert de mi-février à fin décembre. / © Therma Salina

 

Population vulnérable en milieu humide

Car les thermes multiplient les probabilités de contamination : les curistes sont en général âgés, et parfois fragilisés par des pathologies. « Les milieux humides sont plus à risque que le reste, précise de son côté Laura Landry, directrice Centre-Est de Valvital et responsable des thermes de Lons-le-Saunier. On est sur une activité où on cumule beaucoup de points négatifs. »

Alors pour envisager une réouverture dans les meilleures conditions, le Conseil national des établissements thermaux (CNETh) a instauré un label sanitaire, qui doit être validé prochainement par la direction de la Santé, puis être appliqué dans tous les thermes de France. Etabli en lien avec l’Académie de Médecine et les agences régionales de santé (ARS), ce cahier des charges détaille plusieurs mesures d’hygiène et de sécurité, parmi lesquelles :
 

  • Prise de température des curistes à l’entrée
  • Protections au niveau de l’accueil
  • Mise en place de sens de circulation
  • Personnel supplémentaire pour désinfecter les lieux
  • Référents Covid responsables du respect des consignes
  • Formation du personnel

S’ajoutent des particularités locales, à la discrétion de chaque établissement. A Lons-le-Saunier, Laura Landry estime que le mobilier devra être réorganisé : « Si à chaque fois que quelqu’un s’assoit sur un siège il, faut le désinfecter, c’est ingérable. » Autre levier, réhausser le taux de chlore dans l’eau, ce qui n’enlèverait rien à ses propriétés, explique la directrice de Valvital.

Enfin, les curistes seront contactés à l’avance pour mieux identifier les personnes touchées par le diabète, l’hypertension ou des problèmes cardiaques : « Sur des gens de plus de 60 ans, ça en représente la moitié », rappelle Laura Landry.
 

Spas fermés et cures pas nécéssairement rentables

Mais même avec toutes ces mesures, les établissements retrouveront-ils leur équilibre économique ? Cela dépend évidemment de chaque cas. A Salins comme à Lons, une partie des thermes mise à la disposition des curistes est aussi ouverte au public en journée, c’est le spa : hammam, sauna, jacuzzi. Une partie de l’activité que les stations pourraient ne pas pouvoir rouvrir : « On n’aura pas d’autorisation de remettre en route », craint Fabrice Lebeault, à Salins. « Les soins d’eau collectifs, ca va être très compliqué », abonde de son côté Laura Landry.

Concernant les cures, aucune certitude quant à leur rentabilité. « Si on rouvre et qu’on accueille 50 ou 100 clients, c’est possible que ce ne soit pas viable, redoute Fabrice Lebeault, de Therma Salina. Il faudra voir la capacité d’accueil. » Car en temps normal, c’est plutôt 240 personnes qui sont accueillies en cure chaque matin. Une activité qui représente 65% du chiffre d’affaire de l’établissement.

L’horizon ne s’éclaircit donc pas encore, et le directeur voit les inconvénients liés à son statut d’établissement public. « On est obligés de verser les salaires à 100%, il n’y a aucune aide d’état. » Sur les 46 salariés du site, 25 sont titulaires ou contractuels de la fonction publique, et donc inéligibles au chômage partiel.
 

A Lons, 1.8 million d’euros d’investissement

Après Salins-les-bains en 2017, les thermes de Lons-le-Saunier ont désormais aussi un nouveau visage. Fermés pour travaux depuis 18 mois, ils devaient rouvrir le 6 avril. Une réfection de 1,8 million d’euros, financée à 50% par la ville et par Valvital, qui a pour objectif de moderniser les lieux, et de poursuivre sur une trajectoire positive depuis plusieurs années : l’établissement, qui accueillait 1000 curistes en 2011, a doublé ce chiffre depuis. Alors le Covid tombe mal, mais la directrice se veut confiante pour l’avenir : « La grosse majorité des curistes ont reporté leur venue sur la fin 2020. »

 

Les thermes de Lons-le-Saunier accueillent plus de 2000 curistes par an / © Valvital
Les thermes de Lons-le-Saunier accueillent plus de 2000 curistes par an / © Valvital

 



Source France 3

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