L’agritourisme a le vent en poupe en Corse


Camping à la ferme, hébergement rural, visite guidée d’exploitations agricoles, repas champêtre : aux quatre coins de la Corse, les initiatives se multiplient pour proposer de découvrir l’île à travers ses activités agricoles et rurales.

 

Finies les vacances sans conscience ? Après la crise sanitaire, les touristes sont nombreux à rechercher des expériences  de voyages tournées vers la nature, le rural et le travail de la terre. Prônant la découverte du territoire à travers les activités agricoles, l’agritourisme a donc plus que jamais la cote, en ces temps de pandémie.

Développé dans les années 1960, ce concept de voyage vertueux alliant (comme son nom l’indique) tourisme et agriculture s’est largement démocratisé en Europe depuis trente ans et pourrait connaître un boom phénoménal dans les prochaines années.

Prônant une fréquentation raisonnée, une consommation durable et écoresponsable, l’approche a le mérite de satisfaire tout le monde : les visiteurs en recherche d’authenticité et les agriculteurs qui y trouvent un complément de revenus.

En Corse, nombreux sont les exploitants agricoles à avoir pris le virage de l’agritourisme ces dernières années. Gîtes ruraux, tables d’hôtes, camping à la ferme, ateliers découvertes, circuits écotouristiques : les déclinaisons du concept sont multiples et très variées. Difficile d’avoir une vision globale de ce que représente l’agritourisme en Corse, mais selon l’agence du tourisme ce sont plutôt des exploitations récentes qui s’orientent vers ce secteur d’activité. 

Dans le cadre de ses séries thématiques de l’été, France 3 Corse ViaStella vous propose de découvrir ce tourisme agricole à travers quatre reportages et quatre initiatives différentes. Rencontres.

Un gîte dans la vigne à Calenzana

Bienvenue au domaine Camellu. L’exploitation viticole de quelque huit hectares en conversion bio est la plus petite de l’appellation d’origine contrôlée de Calvi.

Ici, le travail de la vigne est une affaire de famille. Depuis le 1er janvier dernier, Marc-Antoine Villanova, 23 ans, a repris les rênes du domaine. Le jeune vigneron travaille en 2020 la terre achetée il y a plus d’un siècle par son arrière-grand-père.

En 1918, début de l’épopée vigneronne des Villanova,  le vin se vend dans la cave en « tiré-bouché », c’est-à-dire sans étiquette.

 

L’exploitation viticole de quelque huit hectares en conversion bio est la plus petite de l’appellation d’origine contrôlée de Calvi.

L’exploitation viticole de quelque huit hectares en conversion bio est la plus petite de l’appellation d’origine contrôlée de Calvi.

© Kael Serreri / France 3 Corse

En 1994, Bernard, le père de Marc-Antoine, restructure le domaine, opte pour des cépages endémiques et appose –enfin- un blason sur ses bouteilles. Pour la famille Villanova, le travail de la vigne et l’amour de la terre se transmettent de génération en génération et se partagent. Il y a quelques années, l’ancienne cave du domaine a donc été transformée en gîte d’hébergement rural.

L’objectif ? « Avoir un complément de revenu, bien sûr, reconnaît Bernard Villanova. Mais aussi se nourrir de rencontres : c’est quand même le cœur des voyages. Venir en Corse sans rencontrer les Corses, ça n’a qu’un intérêt limité. L’idée est de raconter notre histoire, notre patrimoine, nos valeurs, notre façon de vivre ».

Pas question pour autant de changer d’activité : le tourisme est un apport à l’activité agricole et l’équilibre doit être maintenu.

 

Tema agritourisme Calenzana

 

Jardins partagés et reconquête du foncier à Pigna

Village de carte postale de la haute Balagne, Pigna est une attraction touristique mais entend se battre pour garder son âme.
Créée en 2010, l’association de propriétaires foncier Orte di Qui a entrepris un travail de fourmi dans cet état d’esprit : répertorier tous les terrains agricoles de la commune et mettre en relation les propriétaires avec des agriculteurs en recherche d’espaces disponibles.

En 2020, après de nombreuses années de labeur, les résultats sont enfin là : cinq hectares de jardins en terrasse sont désormais cultivés : la majeure partie par des exploitants agricoles, et une parcelle découpée en jardins partagés dévolus aux habitants de la commune.

L’objectif de cette initiative : concilier travail de la terre et fréquentation touristique, valoriser le patrimoine agraire de la commune.

De nombreux commerces jouent désormais le jeu : au restaurant de la Casa musicale, par exemple, les plats sont élaborés à partir des légumes du jardin. Inversement, le potager est planté en fonction des menus.

 


Cosmétiques bio à Prunelli di Fiumorbu

Ancien employé dans le bâtiment, Stéphan Franscici a décidé de se lancer dans l’huile essentielle en 2003. Sur sa propriété, l’agriculteur a fait un choix assez rare en Corse : cultiver les essences.

En tout, 13 types de plantes poussent sur ses terres, dont la plupart sont endémiques. Le principe pour cet agriculteur : satisfaire la demande de ses clients (de grands groupes cosmétiques) tout en préservant la flore sauvage.

 

Aujourd’hui, la vente directe représente plus de 50% du chiffre d’affaires de l’entreprise.

Aujourd’hui, la vente directe représente plus de 50% du chiffre d’affaires de l’entreprise.

© Kael Serreri / France 3 Corse

Reste que la taille réduite de son exploitation et les prix du marché ne lui permettent pas de maintenir un équilibre financier suffisant : avec sa femme Marina, il a donc pris le virage de l’agritourisme il y a quelques années.

Au programme : des visites guidées de l’exploitation, des ateliers ludiques pour les enfants et une marque de cosmétiques 100% bio et artisanale. Aujourd’hui, la vente directe représente plus de 50% du chiffre d’affaires de l’entreprise.

 

Tema agritourisme Prunelli

 

Visite de châtaigneraie et repas champêtre à Muratu

Castanéicultrice dans le Nebbiu, Aurore Sardo a été confrontée, comme la plupart de ses confrères, à une perte de sa production avec l’apparition d’un insecte parasite du châtaignier : le cynips.

Pour faire face aux difficultés économiques, la jeune agricultrice a fait le choix de diversifier son activité : depuis plus de dix ans, elle s’est ouverte aux visites touristiques.

Elle propose désormais des circuits découverte à destination des voyageurs curieux de découvrir la Corse rurale et le travail des producteurs artisanaux.

 

La jeune agricultrice a fait le choix de diversifier son activité : depuis plus de dix ans, elle s’est ouverte aux visites touristiques.

La jeune agricultrice a fait le choix de diversifier son activité : depuis plus de dix ans, elle s’est ouverte aux visites touristiques.

© Kael Serreri / France 3 Corse

En parallèle, la jeune femme s’est aussi lancée dans l’élevage de cochons et la fabrication de charcuterie artisanale. Au programme de ses activités agritouristiques : une heure de promenade sur l’exploitation et un repas champêtre.

Un système qui lui permet de s’assurer un complément de revenus et de commercialiser la totalité de sa production en vente directe. 

 

 



Source France 3

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