le projet d’aéroport au Pas de la Case abandonné, il ne répond pas aux exigences techniques internationales


Le projet d’aéroport international au Grau Roig, la station de ski au pied du Pas de la Case en Andorre, est abandonné par le gouvernement de la Principauté. Selon une étude de l’organisation de l’aviation civile internationale (OACI), il ne répond pas aux exigences techniques de sécurité aérienne.

C’est la chambre de commerce et d’industrie andorranne (CCIA) qui était à l’origine d’un projet d’aéroport international au Grau Roig : il devait être construit dans le secteur du « Bosc de Moreto », qui fait partie de cette station de ski située juste en contrebas du Pas de la Case, à la frontière entre la France et l’Andorre.

Le gouvernement de la Principauté avait décidé de confier une étude de faisabilité à l ‘organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Celle-ci vient de rendre un rapport qui conclut que le projet ne répond pas aux exigences techniques, principalement dans le domaine de la sécurité aérienne.

Tirant les conséquences de ces conclusions, le ministre de l’Economie et de l’Entreprise andorran Jordi Gallardo Fernandez a annoncé – au cours d’une conférence de presse tenue mercredi 9 juin après-midi – que le gouvernement abandonnait ce projet.

Un projet trop important ?

L’objectif du projet était de construire une piste d’une longueur de 1.800 mètres pour 45 mètres de large, implantée à 2.000 mètres d’altitude : elle devait ainsi être capable d’accueillir des moyens-courriers de dernière génération, par exemple l’Airbus A320 Néo ou le Boeing 737 NG (Nouvelle génération), et d’attirer une moyenne de 500.000 voyageurs par an.

Cela impliquait un important chantier de terrassement et la construction d’une aérogare moderne et de grande dimension, même si la proximité avec la route générale 2 (CG2) limitait au strict minimum les travaux de raccordement au réseau routier andorran.

Avant de se lancer plus avant dans la concrétisation d’une infrastructure d’une telle dimension – pour un coût estimé à 344 millions d’euros – une étude de faisabilité a donc été confiée à l’OACI pour un montant de 25.000 euros.

Des inconvénients techniques, économiques et de sécurité

Dans ses conclusions, le rapport de l’organisation de l’aviation civile intrernationale pointe du doigt pas moins de cinq inconvénients majeurs – notamment dans le domaine sensible de la sécurité aérienne – contre la réalisation éventuelle de cet aéroport international.

  • l’absence d’une étude de marché comprenant suffisamment d’informations sur l’adéquation de cet équipement aux besoins de l’Andorre
  • le fait que les rapports ont été établis sur la base d’un type d’appareils très spécifique (les moyens-courriers de nouvelle génération) : cela limite considérablement sa capacité à attirer les opérateurs conventionnels du transport aérien
  • au plan de la sécurité aérienne, les manœuvres de décollage et d’atterrissage imposées aux avions et à leurs pilotes violent les critères actuels de l’OACI et de l’agence européenne de la sécurité aérienne(EASA) : en clair, cela imposerait à l’autorité aéronautique andorrane (AAA) d’assumer « des responsabilités en matière de sécurité au-delà du raisonnable », d’autant plus qu’elles devraient être également validées par les autorités aériennes des pays d’où décolleraient les avions
  • toujours en termes de sécurité, le fait que la piste n’ait pas de visibilité à « l’altitude de décision » d’atterrissage – à cause du relief et/ou des brouillards fréquents – rend les opérations peu sûres, et met les pilotes dans une situation compliquée
  • le rapport de l’OACI critique aussi l’évaluation faite en amont du coût des travaux de terrassement pour la construction de la piste et des zones adjacentes et considère qu’il serait plus élevé que celui qui est prévu pas le projet présenté par la CCIA ; cependant, selon le ministre Jordi Gallardo, ce critère « ne serait pas limitatif car il pourrait être corrigé« .

Suite à la publication de cette étude, le gouvernement s’est rapproché de la chambre de commerce pour l’informer qu’il décidait de ne pas pousser plus avant ce projet.

La CCIA a répondu qu’elle acceptait cette décision car elle avait toujours dit que les choses devaient se faire « étape par étape« .

L’aéroport d’Andorre – la Seu d’Urgell, inauguré en juin 2010 par les autorités de la Generalitat de Catalunya, est situé à une trenntaine de kilomètres d’Andorre-la-Vieille.

© Jordi Bedmar / MaxPPP

Agrandir l’aéroport d’Andorre – La Seu d’Urgell et/ou construire un héliport ?

En attendant, une autre solution a été choisie : celle de privilégier le développement de l’aéroport d’Andorre – La Seu d’Urgell, situé en Espagne, à une trentaine de kilomètres et une demi-heure de route de la capitale Andorre la Vieille ; il a été inauguré en juin 2010 par les autorités de la Généralitat de Catalogne. 

Cet équipement est implanté à 800 mètres d’altitude : il est doté d’une piste de 1.340 m de long, qui ne peut donc accueillir que des avions à hélices (turbopropulseurs) ; ce fait limite leur rayon d’action et restreint ainsi ses liaisons aériennes aux régions les plus proches, situées en France et en Espagne.

Pour améliorer les liaisons aériennes rapides entre cet aéroport – certes international – mais aux capacités réduites, le ministre andorran Jordi Gallardo Fernandez a évoqué l’idée de développer la conception d’un héliport national.

D’autres solutions pour désenclaver la Principauté sont également envisagées : une connection par chemin de fer ou éventuellement par câble (un téléphérique ?) pourraient être mises à l’étude.





Source France 3

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