Le réveil des moulins pour forger le cuivre nous offre un voyage dans le temps dans l’Aveyron


Après quelques semaines de confinement, le martinet de la Ramonde à La-Bastide-l’Evêque a rouvert ses portes pour la saison estivale. Situé le long du Lézert, ce moulin à aubes qui frappe le cuivre est un petit bijou de technologie rustique. 

 

Il bat, il souffle, il revit. Lorsqu’on passe la porte du martinet, c’est un peu comme si on remontait le temps.
A l’intérieur, le quotidien des frappeurs de cuivre du moyen-âge, les « martinaïres« , s’étale sous nos yeux.

Tout juste éclairé par deux fenêtres judicieusement positionnées dans d’épais murs en pierre, le poste de travail principal est celui du maître martinaïre. C’est lui, qui à l’aide de pinces, fait lentement tourner une galette de cuivre couleur cerise sous les coups réguliers du marteau. Un énorme marteau de plus de 200 kilos, qui en cadence, frappe et frappe encore.

Poste de travail du "Martinaïre"

Poste de travail du « Martinaïre »

© Clément Alet FTV

Génie hydraulique

Actionné par la seule force de l’eau, une roue à aubes entraîne un arbre qui appuie sur une came permettant au marteau de se soulever. En retombant, il frappe le cuivre. Dans l’angle du martinet, deux énormes soufflets, font grincer leurs cuirs et propulsent l’air pour attiser le foyer dans lequel le cuivre prendra sa couleur cerise, prêt à être battu. D’aller-retours entre le feu et le marteau, la galette de cuivre s’affine, s’étire devenant une ébauche de marmite, de chaudron.

Le foyer du martinet dans lequel les pastelles de cuivre sont chauffée couleur cerise avant d'être frappées

Le foyer du martinet dans lequel les pastelles de cuivre sont chauffée couleur cerise avant d’être frappées

© Clément Alet France 3

Du XIIIème siècle jusqu’en 1925, pas moins de 13 martinets de ce type se succédent sur le Lézert, ce petit ruisseau qui se jette dans l’Aveyron.
La grosse production de cuivres part ensuite pour Villefranche-de-Rouergue où de nombreux artisans chaudronniers, dinandiers et autres  « païdouliers », assurent les finitions.

L’histoire d’une restauration exceptionnelle

En 1994, une poignée de bénévoles, éclairés par Bernard Marre (descendant de martinaïres) se sont mis en tête de refaire fonctionner un de ces treize martinets. Celui de la Ramonde, dont l’activité a été stoppée en 1850 ne ressemblait à rien. Le toit n’existait plus, d’énormes châtaigniers avaient poussés en son sein, la retenue d’eau était introuvable et les murs, en ruine, dormaient sous d’épaisses couches de lierre.
Mais impossible n’est pas « bastidol« .
 

Quand on l’a remis en route la première fois, ça nous a fait quelque chose… Une émotion ! On était tous contents de voir que ça tournait. On se demandait si tout irait comme sur les roulettes au départ. Mais c’est bien parti. Quand la roue à aube s’est remise à tourner, on s’est dit : c’est bon, c’est gagné ! 

Maurice Vaurs, ancien charpentier et menuisier, bénévole présent dès 1994 pour la restauration du Martinet de la Ramonde

Pour ces bénévoles, habitants de la commune de La-Bastide-l’Evêque pour la plupart, la restauration a duré sept ans. Une incroyable aventure technologique, humaine et patrimoniale où le génie des hommes du moyen-âge a réussi à traverser le temps, attisant plus que jamais la flamme de celles et ceux qui ont ressuscité ce martinet.

 

Reconstruire fut une chose mais le refaire fonctionner fut une seconde étape difficile à franchir et qu’ils ont franchie avec honneur. Je leur rends donc hommage. Ces anciens, [bénévoles à l’origine de la restauration] ont fait un travail remarquable.

Claude Augustin, président de l’association des Martinets du Lézert

Il n’existe que deux martinets de ce type encore en activité en France. Les démonstrations et visites commentées sont ouvertes au public cet été les dimanches de 15h à 18h. 

Aveyron : le réveil des Martinets du Lézert, un voyage dans le temps à l’époque où les hommes frappaient le cuivre



Source France 3

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