Les stations de ski dans l’impatience à la veille des annonces



La date de « revoyure » pour l’ouverture totale des stations de ski avait été fixée au 7 janvier. A la veille d’une nouvelle annonce gouvernementale, les professionnels de la montagne restent pessimistes, et  réclament plus d’anticipation. 

« Le plus dur, c’est l’incertitude. Nous sommes à la veille d’une décision, et rien n’a filtré jusqu’à maintenant. Nous ne savons toujours pas si demain, nous pourrons rouvrir nos remontées mécaniques », peste Patrick Arnaud, le responsable des remontées mécaniques de Serre-Chevalier, dans les Hautes-Alpes.

Difficile lorsque la neige est au rendez-vous

Comme lui, tous les professionnels du ski et du tourisme en montagne en ont assez de « ne pas savoir ». Alors que la neige est au rendez-vous cette année.

Dans un communiqué cette semaine, Domaines skiables de France (DSF) a enjoint le gouvernement « à l’action et à la prise de décision », alors que celui-ci ne s’est toujours pas officiellement prononcé sur la date du 7 janvier, avancée en décembre pour la réouverture des remontées mécaniques.

« On a tout de même fait en sorte d’être prêts », poursuit Patrick Arnaud. « 70% de nos chargers sont fixes. Alors on a produit de la neige comme d’habitude par grand froid, nous avons damé nos pistes, les formations de notre personnel sont terminées. Mais tout de même, ouvrir du jour au lendemain, c’est problématique ». 

Rester fermés l’a été tout autant pour beaucoup de montagnards à la vue « des avions remplis durant des heures à destination de régions chaudes » souffle-t-on en haut des cîmes.  Beaucoup disent avoir souffert de mesures leur semblant « inéquitables » ou « incohérentes », en comparaison avec les centres commerciaux à forte fréquentation restés ouverts durant les fêtes…

Un moral « en berne »

D’autres se demandent pour quelles raisons les remontées mécaniques qui dépendent du ministère des transports, sont restées fermées « pendant que les bus et métro fonctionnaient ? »

« Le moral est en berne et la colère est en train de monter », poursuit Patrick Arnaud.

« La différence avec les autres territoires peut-être, c’est qu’en montagne, toutes les familles sont impactées par ces mesures. Quasiment tout le monde vit du tourisme ». 

Le président du Conseil départemental des Alpes Maritimes estime que « l’on ne peut pas mettre l’économie à genoux » et appelle à la responsabilisation des Français.

Dans un premier bilan d’étape de la saison, les professionnels de la montagne ont fait état cette semaine d’un taux d’occupation en « chute libre », évoquant la perte de chiffre d’affaires de l’ensemble de la filière à 1,5 milliard d’euros sur les deux semaines des congés de Noël, « une catastrophe économique pour tout l’écosystème de la montagne ».

Les stations nordiques, tournées vers le ski de fond, s’en sont mieux sorties pour ce démarrage de saison.

« Nous avons eu plus de 70% de baisse de fréquentation par rapport aux autres années », précise Nicole Gaillan, directrice de l’Office de tourisme de Vars. « La période du nouvel an a été un tout petit peu moins catastrophique, grâce aux résidences secondaires, qui preprésentent près de la moitié des lits. Les propriétaires nous ont été fidèles, avec un besoin de se retrouver chez eux, dans leur station de coeur. Nous avons acueilli des gens qui avaient besoin de convivialité et de sourire ».

« La montagne se meurt un peu plus »

Ces vacances de Noël non rentables se rajoutent à une fin de saison subitement amputée le 16 mars dernier par le confinement. L’addition devient lourde pour les acteurs du tourisme de montagne.

« Sur un plan humain, c’est dramatique », poursuit Nicole Gaillan. « Ne parlons pas du problème économique. On n’oppose pas la sécurité à la fréquentation de la montagne, bien sûr, mais là, la montagne se meurt un peu plus ». 

Les syndicats professionnels ont bien travaillé avec les ministères sur des protocoles sanitaires à mettre en place dans les stations, en intégrant notamment la notion de jauge pour éviter une trop forte fréquentation. …

Une réponse avant le 20 janvier

Ce qu’ils veulent à présent, c’est une réponse 

« Le plus important c’est qu’on ait une date définitive, qui ne peut pas être postérieure

au 20 janvier », affirme  Éric Bouchet, directeur de l’office du tourisme des Deux Alpes.

 « Si ce n’est pas le cas, cela pourrait signifier ne pas ouvrir en février et par effet domino ne pas rouvrir de la saison ».

« On a vraiment un sentiment de discrimination. Aujourd’hui, les protocoles anti

Covid-19 élaborés avec les préfets sont pertinents, avec la mise en place de tests,

des hébergements réquisitionnés pour isoler, et des protocoles pour l’accès aux

remontées. Et puis en Isère, on a établi que moins de 10 personnes sont susceptibles

de descendre en réanimation, pour nous la question n’est donc pas celle de la traumatologie », poursuit-il.

  

« À quatre semaines des vacances de février, l’enjeu est majeur pour remettre en

route les stations, privées de 80% d’activité à Noël », insiste Domaines skiables de France, estimant que « le ski n’est pas une activité à risque ».

    





Source France 3

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