l’oenotourisme a-t-il survécu au Covid ?



La saison touristique estivale s’annonçait catastrophique en cette année 2020, compte-tenu du contexte sanitaire, limitant l’afflux de touristes étrangers. En Bourgogne, l’œnotourisme a permis de bien passer l’été.

Cet été, l’afflux de touristes étrangers en Bourgogne a été soumis aux différentes contraintes sanitaires des pays voisins. Les professionnels du tourisme ont constaté une baisse de fréquentation de certains établissements, mais il reste un secteur qui a su tirer son épingle du lot : l’œnotourisme, qui a réussi à maintenir une fréquentation soutenue des caveaux et des domaines viticoles.

A Vosne-Romanée, belle saison

Nelly Rion, fille d’Armelle et Bernard Rion, du domaine du même nom à Vosne-Romanée, nous raconte la saison estivale :  « Tout s’est bien passé au final, mais ça n’était pas la clientèle habituelle de l’été ! Nous avons eu des anglais sur le début, des hollandais et des belges, et maintenant nous voyons moins de belges. Nous voyons un peu encore un peu de suisses, mais principalement les pays juste autour, en fonction des fermetures de frontières.

Les nationalités qui avaient l’habitude de venir chez nous ont été bloquées pour venir, du coup, les français ont redécouvert autrement les régions. On a eu plus de français que d’habitude, à répartition moitié-moitié avec les touristes étrangers. »

Voilà pour la fréquentation, mais les touristes français, comment se comportaient-ils ?
Nelly Rion précise : « c’était varié : on avait des connaisseurs et des novices, en pleine découverte des terroirs, des climats, des étiquettes. Tous ont craqué au moins sur un produit, c’est sûr. On a beaucoup de jeunes qui se sont intéressés avec une nouvelle formule depuis l’été dernier, c’est un city game, une chasse au trésor dans le village et le vignoble de Vosne-Romanée qui se termine par une dégustation. Ce type de prestation plait beaucoup aux jeunes, à qui on a pu faire découvrir les vins, mais forcément le budget n’est pas le même que les autres personnes.

On espère que les touristes français vont continuer à nous fréquenter pendant l’hiver. »

Dans les Hautes-Côtes, même constat

Yoann Vernus, responsable de caveau du Domaine Montmain au château de Villars-Fontaine, dresse un bilan quasi-identique de l’été 2020 : « c’est plutôt pas mal ! Tout a redémarré autour du 14 juillet. On a eu une plus grosse fréquentation en juillet-août que l’année dernière, surtout au mois d’août. Mais on n’avait pas le même public : il a fallu organiser plus de visites et de dégustations, pour arriver à un volume légèrement supérieur de ventes. On a eu des touristes belges flamands, pas de wallons, et des hollandais, un public qui ne vient pas d’habitude. Le ratio touristes français était plus élevé. Les touristes du nord de l’Europe ont une culture mois approfondie de la gastronomie que nous français, le ticket moyen à la boutique était moindre que l’année dernière. »

Une rentrée de septembre qui marque le pas

Le responsable du caveau du Domaine Montmain nuance toutefois :  « ce qui manque maintenant depuis la rentrée, il y avait dans la semaine les touristes étrangers qui venaient éviter la cohue de juillet-août en septembre. Là, ils ne sont pas là, mais on fait des jolis week-ends par contre. Nous, ce qui nous faisait tourner, c’était les anglais, les belges, les américains, mais là, en septembre, on ne les a pas, ceux-là. »
Même chose à Vosne-Romanée pour Nelly Rion : « Sur la rentrée de septembre, c’est le calme plat sur la semaine et il y a de la fréquentation le samedi, des touristes de passage dans la région. »
 

L’oenotourisme, une formule magique ?

A croire que l’oenotourisme est une formule gagnante par les temps de crise sanitaire, car les touristes qui pouvaient se déplacer ont fréquenté les domaines.
Et le témoignage des professionnels des domaines est sans appel, l’oenotourisme est une formule qui séduit. Nelly Rion apprécie les échanges avec les visiteurs : « tous les jours, la visite se termine par le retour des clients, ce qu’ils ont fait dans la journée, et les conseils qu’on peut leur donner ensuite pour aller dans les bons endroits. »
Yoann Vernus est tout aussi satisfait du passage des touristes : « on aime bien recevoir, on se met à la place du client, et on a reçu de très bons commentaires. Les gens avaient envie de sortir, ils sont là pour passer un bon moment et cela a plutôt fonctionné.»
Malgré la belle saison estivale, est-ce que l’oenotourisme va survivre durant les vacances à venir, alors que le contexte sanitaire se durcit dans la région ?
 

Pour aller à la rencontre des domaines, le guide du Routard spécial « Oenotourisme »

C’est le petit dernier de la collection du Routard ! Le guide touristique « Oenotourisme en Bourgogne et Jura » sera en librairie dès mercredi 23 septembre. Au programme, des infos, des itinéraires, des coups de coeur et des bonnes adresses dans le vignoble des 4 départements bourguignons et celui du Jura. Bien sûr, aussi pas mal de domaines sont mis en avant ! Les acteurs du tourisme en lien avec la vigne et le vin se frottent déjà les mains.

Le reportage de Maryline Barate et Tiphaine Pfeiffer
Intervenants : 

  • Armelle Rion, viticultrice à Vosne-Romanée
  • Philippe Gloaguen, co-fondateur de la collection « Le Routard »
  • Marie-Claire Vallet, présidente de Côte-d’Or Tourisme
  • Loïc Niepceron, président de Bourgogne-Franche-Comté Tourisme

Présentation du guide du Routard : Oenotourisme en Bourgogne et dans le Jura

 



Source France 3

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