Menton gardera-t-elle ses 4 fleurs ?


Menton est labellisée ville fleurie depuis 1984. Mardi, le jury du conseil national des villes et villages fleuris a visité la ville afin de déterminer si elle pourra garder ses 4 fleurs, l’échelon maximal, qui récompense les actions menées par la ville pour l’amélioration de la qualité de vie. 

La ville de Menton est labellisée ville fleurie depuis plus de 30 ans. La commune de 30.000 habitants a obtenu pour la première fois ses 4 fleurs (l’échelon maximal), en 1984. Ce mardi 11 août, le jury du CNVVF (Conseil National des Villes & Villages fleuris) est venu visiter Menton et Nice afin de décider si ces villes pouvaient garder leur position de bonnes élèves, renouvelable tous les 4 ans.

En 2019, seulement 250 communes sont parvenues à obtenir leur 4e fleur, sur les quelque 5.000 communes labellisées. Selon Franck Roturier, directeur des parcs et jardins de Menton, l’avantage de la cité azuréenne réside dans la diversité de sa biodiversité, qui prospère dans un climat subtropical. 

 

Nous avons énormément de variétés de plantes à Menton qu’on ne voit nulle part ailleurs. Rien qu’au jardin de la Madone, il y a plus de 5.000 variétés différentes de végétaux, appelées « taxons ». Il y a entre 6.000 et 7.000 taxons à l’échelle de la commune, c’est énorme.

Avec des températures qui dépassent rarement les 30°C en été et qui restent très douces en hiver, des espèces endémiques d’autres continents peuvent aussi se plaire à Menton. Comme le Geoffroea decorticans, un arbre appelé « le Chañar ». « Nous avons fait le test de le faire venir d’Argentine et il s’est très bien épanouit dans nos conditions climatiques », explique Franck Roturier. La ville abrite en tout quelque 200 arbres particulièrement remarquables. « Parfois, on n’a pas besoin de voyager », souligne l’expert des jardins. 
 

Comment obtient-on 4 fleurs ? 

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le label « villes et villages fleuris » ne se base pas uniquement sur la qualité ou la quantité des fleurs dans la commune, mais sur la qualité de vie générée par les engagements pris localement.
 

Le label prend en compte à 20-25% le fleurissement de la commune, et à 75% le respect de l’environnement et de la biodiversité, y compris marine, et sa mise en valeur, mais aussi l’entretien de la commune ; l’absence de tags, le mobilier urbain, l’éclairage public, la propreté…

Ainsi, le label vise à récompenser les collectivités qui œuvrent à la création d’un environnement favorable à l’accueil et au bien être des habitants et des touristes. Obtenir le panneau orange à fleurs rouges tant convoité signifie aussi un flux touristique plus important. « Le label crée un véritable réseau touristique, c’est une fierté locale », selon le technicien, qui participe également à des jurys ailleurs en France pour le CNVVF. Pour le garder, les municipalités doivent payer une petite cotisation annuelle. 
 

Le parc du Pian, à Menton, août 2020

Le parc du Pian, à Menton, août 2020

© Mandoga Media / MaxPPP

Et pour garder ce graal, c’est un travail quotidien. « On met tout les moyens possibles en oeuvre pour garder ce label », admet-il.

Cela commence par porter une attention toute particulière à la biodiversité. Par exemple, les palmiers attaqués par le Charençon rouge sont remplacés par d’autres espèces, faute de moyen efficace pour lutter contre le coléoptère. « On s’adapte, mais ça ne veut pas dire qu’e l’on tire un trait sur le palmier. Il y a encore une cinquantaine de variétés de palmiers différentes à Menton »

 

Dégâts causés par le Charançon rouge sur les palmiers, le long de la côte d'azur

Dégâts causés par le Charançon rouge sur les palmiers, le long de la côte d’azur

© Michael Alesi / MaxPPP

Depuis 3 ans, la ville travaille également à limiter son impact environnemental.

On remplace le gazon des stades, très gourmand en eau, par du gazon artificiel. On introduit aussi des plantes qui souffrent moins de la chaleur, comme les protéacées, les plantes cactées ou les succulentes. Les oliviers et les ficus correspondent également bien à notre climat. Les canaux d’arrosage sont gérés de manière centralisée pour éviter le gaspillage. 

La commune a-t-elle souffert de l’arrêt imposé de l’entretien des jardins et espaces verts dû au Covid-19 ? « Les massifs fleuris estivaux ont été plantés plus tard, et la chaleur a stoppé leur développement. En arrivant, on ne se dit pas « waow », mais à part ça, il y a juste eu plus d’espaces à tondre, mais moins de nettoyage à faire ! », conclut le chargé des jardins, qui a bon espoir, suite au passage des juges, de garder les 4 fleurs historiques. Réponse le 21 octobre prochain.  
 



Source France 3

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