plaisanciers confinés, bateaux en cale sèche, le tourisme fluvial navigue à vue


Depuis l’annonce des nouvelles restrictions gouvernementales, les plaisanciers font grise mine. En théorie, la navigation est autorisée mais les contraintes sont fortes. Petit tour d’horizon des ports de plaisance alsaciens de Kembs à Saverne, en passant par Offendorf.

Dans la batellerie, il est de tradition de ranger les bateaux le 11 novembre et de commencer à débâcher le lundi de Pâques. Sauf que cette année, le lundi 5 avril 2021, en plus d’être un lundi de Pâques, est le point de départ d’un troisième confinement. Pour les ports de plaisance de la région, les perspectives diffèrent en fonction de la clientèle.

Sur le site des Voies navigables de France, il est stipulé : « Compte tenu des mesures gouvernementales annoncées le 31 mars et de leur impact sur les activités de plaisance, à compter du 6 avril, le réseau à vocation touristique sera accessible uniquement à la demande ». En clair : si vous voulez circuler, il faut prendre rendez-vous pour une ouverture d’écluses.

A Kembs, on positive

A Kembs, chez Alsace Plaisance, Eric Schmitt reste optimiste :  » A partir du moment où le client habite dans un rayon de 10 kilomètres (mais on n’est pas là pour vérifier), il peut louer nos bateaux et partir naviguer. Son embarcation devient son lieu d’habitation : il faudra juste qu’il évite d’en descendre ! « .

Pour l’instant, un seul bateau a été mis à l’eau ce lundi 5 avril 2021. En théorie, il devrait en mettre deux autres à l’eau dans la semaine car il a deux réservations pour le week-end prochain. Mais, pas sûr que ses embarcations prennent le large : la météo ne s’annonce pas terrible et les réservations n’ont pas encore été confirmées.

A Saverne, on reste à quai

Au port de plaisance de Saverne, Nicols, le constructeur de bateau habitable sans permis, a mis tout le monde à l’arrêt. Le téléphone bascule directement vers Cholet, siège de l’entreprise. C’est Guidot Camp, en charge de l’export, qui décroche :  » Depuis ce week-end, on passe notre temps à reporter ou annuler les locations. C’est difficile encore d’estimer l’impact mais c’est très frustrant « .

Lui qui travaille beaucoup avec une clientèle étrangère s’interroge :  » A bord d’un bateau, on est coupé du monde.  J’ai du mal à comprendre pourquoi on ne pourrait pas continuer à naviguer. Sauf que, dans le cas présent, les écluses sont fermées. On est totalement bloqué « .

Du nord au sud de l’Alsace, les contraintes liées au troisième confinement impactent les ports de plaisance.

© Vincent Voegtlin / Maxppp

A Offendorf, on tond la pelouse

Même incompréhension pour Bernard Hemberger :  » Un plaisancier sur son bateau est coupé du monde. Aucun risque de contamination. Un bouquin, du soleil, une bière et il est heureux ! « . Le gérant de la société Nautic Port est installé à Offendorf : un restaurant, 150 bateaux amarrés en temps normal. En ce moment, c’est morne plaine.

Son chiffre d’affaires a reculé de 30%, à peine 4 ou 5 bateaux mis à l’eau depuis le semaine dernière et surtout aucune visibilité : «  J’ai plein de clients qui me disent qu’ils ne viendront pas cette année. A 1000 ou 2000 euros le ponton, si vous ne pouvez pas naviguer, ça ne sert à rien de venir. Je les comprends « .

 » En ce moment, j’ai un client qui est bloqué à Saverne en raison des écluses fermées, un autre qui devait partir et qui ne partira pas et d’autres qui habitent au-delà des 10 kilomètres réglementaires et qui ne viendront pas « . C’est d’ailleurs le cas pour 70% de sa clientèle qui est allemande. Impossible pour eux de passer la frontière, même s’ils prouvent l’existence d’un bateau à Offendorf.

Alors, c’est le moral qui en prend un coup. Bernard Hemberger a dû mettre ses 5 salariés au chômage partiel. En attendant, il passe la tondeuse et surveille les bateaux, privés de leurs plaisanciers. Il mise sur le 15 mai pour pouvoir ouvrir sa terrasse et servir des gaufres, des crêpes et des glaces.  » Même pour une tarte flambée cramée, les gens se déplaceraient tellement, ils en ont marre! « .





Source France 3

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