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Tourisme

Pyrénées-Orientales : avec la réouverture de la RN 116, ce mardi à 17H, le soulagement des habitants


Après 4 mois de fermeture, la RN116 reprend du service

Rappel des faits. Suite au passage de la tempête Gloria, la route nationale qui relie la plaine du Roussillon aux Hauts Cantons de Cerdagne et du Capcir, avait dû être fermée à la circulation le 3 février dernier au lieu-dit Le Pallat sur la commune de Sauto. Un mouvement de terrain,  d’une ampleur exceptionnelle mobilisant 500 000m3 avait alors entraîné d’importantes déformations du talus en amont de la route. Déstabilisé, le mur de soutènement a ainsi provoqué un impressionnant soulèvement de la chaussée de près d’un mètre.
 

Pyrénées-Orientales - La RN 116 lors du mouvement de terrain - 04.02.20 / © DR
Pyrénées-Orientales – La RN 116 lors du mouvement de terrain – 04.02.20 / © DR

19 mai à 17H libérés, délivrés !                       

« On est enchantés que la 116 rouvre. Il nous tarde de voir à quoi ressemble la mer ! » témoigne un habitant de Font-Romeu. Isolé du reste du département, contraint, pour rejoindre Perpignan, de passer par l’Aude, cet usager de la 116, comme nombre de cerdans et capcinois, a ressenti cette coupure comme un supplice.
Mené à bien dans un contexte difficile et perturbé par les intempéries de ces derniers jours, le chantier sera finalement livré ce mardi. Une satisfaction pour Georges Armengol, maire de Saillagouse et président de la communauté de communes Pyrénées-Cerdagne.

Le confinement, pour nous les Hauts-Cantons, il a commencé le 3 février. On est bien contents que cette étape de montagne soit enfin franchie.

L’élu sera présent dès 15H30 sur le site du Pallat aux côtés de Philippe Chopin, préfet des Pyrénées-Orientales, Dominique Fossat, sous-préfet de Prades et Hubert Ferry-Wilczek, directeur de la DIRSO.  La route sera ensuite officiellement rendue aux automobilistes avec une circulation en alternance pendant encore quelques semaines.   

Pour Georges Armengol, ce n’est pas la fin, il y a une suite à donner : »Pour moi, il s’agit là de travaux d’urgence. J’espère que les drains installés tiendront dans le temps mais il restera encore beaucoup de choses à voir. » C’est une route moderne, à l’instar de nos voisins de Catalogne Sud que l’élu espère maintenant. Pour lui : »Il faut continuer à diagnostiquer les problèmes. »

Je crains que cette vieille peau de Nationale 116 n’ait besoin de soins plus intensifs avec le temps qu’auparavant. Elle mérite d’être modernisée.

RN116, poumon économique de la Cerdagne et du Capcir

Quasi paralysée depuis quatre mois, l’économie des commerces et entreprises est dans les starting-blocks.
Un coup dur tout particulièrement pour les entreprises et les travailleurs qui dépendent de cette route. Si quelques rares secteurs, comme le BTP, ont pu reporter leurs contrats, d’autres ont choisi de poursuivre leur activité, coûte que coûte. C’est le cas de la société laitière Cimelait. Installée à Saillagouse, elle a continué à desservir la plaine en yaourts et autres produits laitiers Pour se faire, les chauffeurs ont été obligés de contourner par Axat dans l’Aude ce qui a engagé un surcoût des frais de carburants : 2 500€ par semaine.
Du côté de l’Office de Tourisme de Font-Romeu, Christian Sarran, son directeur déclare que « les hauts-cantons ont échappé, de très peu, au pire. »

Ça a été un vrai malheur pour la fin de la saison d’hiver. Sur le mois de mars, on a perdu 60% de fréquentation par rapport à mars 2019.

Et comme pour contrer le mauvais sort, le Directeur force un brin l’optimisme en indiquant que maintenant « il faut regarder devant. »

Un été au vert

Plus de 100 000 personnes randonnent chaque été au lac des Bouillouses, dans les P.O. / © DR
Plus de 100 000 personnes randonnent chaque été au lac des Bouillouses, dans les P.O. / © DR

 

Le temps se met au beau. On est contents. Tous les curseurs sont au vert.

Après deux mois de télétravail, le personnel de l’office de Tourisme de Font-Romeu est à son poste, prêt à accueillir la clientèle estivale. Et si cette année, les Hauts-Cantons ne pourront sans doute pas compter sur la fidèle clientèle étrangère (Belges, Hollandais, Anglais …) les excursionnistes sont déjà de retour sur les chemins de randonnées. « De mai à fin juillet, c’est une clientèle très importante pour nous. Principalement des locaux.» Cet été, les professionnels s’attendent d’ailleurs à un tourisme plus de proximité et des séjours de courte durée. Cœur de cible, toulousains et montpelliérains en mal de grands espaces.

 Je ne vois pas les gens parcourir plusieurs centaines de kilomètres. On aura à soigner la proximité 

Sécurité oblige, les grands rendez-vous de l’été, comme le Trail de Font-Romeu, ont été annulé. Même punition pour la Petite Saint Jean et le festival bioZen … mais si les animations sont encore un peu en stand-by la montagne a un argument marketing de poids : air frais et pur. Pour le Directeur de L’Office de Tourisme de Font-Romeu, la montagne a des atouts de chocs et de charmes.

Avec ce qu’on vient de vivre, philosophiquement, psychologiquement, on peut être une valeur refuge pour se ressourcer et prendre un peu de bien-être. 

Un engouement pour la montagne dans l’esprit des vertus climatiques, déjà enclenché depuis quelques années et que la crise du coronavirus pourrait encore accentuer.

A la montagne, pas de délimitation ou de ticket à prendre. 

 

Le coût financier

Les conséquences de la tempête Gloria et l’apparition rapide de fontis sur le secteur du Riubanys ont conduit à un financement complémentaire par le ministère chargé des transports de l’ordre 8 M€ pour traiter les urgences au cours de l’année 2020.
Ce financement se répartit comme suit :

  • Glissement du Pallat : environ 5,0 M€ ;
  • Études et travaux de sécurisation de l’aléas rocheux et glissements de terrain : 1,8 M€ ;
  • Études et travaux d’urgence sur les seuils de Millas et du Soler : 0,7 M€ ;
  • Travaux de comblement des fontis du Riubanys : environ 0,5 M€.

« Ce financement sera à compléter les prochaines années en fonction des études desécurisation de différents secteurs qui vont être menées et des études de stabilisation à long terme du secteur du Pallat », explique la Préfecture.



Source France 3

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