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Tourisme

REPLAY – Municipales 2020 Colmar



Les électeurs colmariens se rendront aux urnes le dimanche 28 juin pour élire leur maire. En lice, encore deux candidats. Ils auraient dû être trois mais le maire sortant Gilbert Meyer a retiré sa liste à la surprise générale. Voici ce qu’on peut retenir du débat sur France 3 Alsace ce 22 juin.

 

Durant la campagne pour le second tour des élections municipales qui se tiendra le dimanche 28 juin, France 3 Alsace vous propose 9 débats pour 9 villes de la région. Ce lundi 22 juin, focus sur la campagne à Colmar (Haut-Rhin), qui a connu un rebondissement de taille avec le retrait surprise du maire sortant Gilbert Meyer, qui dirigeait la ville depuis 25 ans. En prévision du scrutin du dimanche 28 juin 2020, deux candidats restent en course : le député LR Eric Straumann et l’écologiste Frédéric Hilbert.

Le retrait de Gilbert Meyer change-t-il la donne de ce second tour ?

L’annonce du maire sortant Gilbert Meyer, aux commandes depuis 25 ans de la ville, de retirer sa liste pour le second tour avait fait l’effet d’un coup de tonnerre le 2 juin dernier. Arrivé en seconde position lors du premier tour derrière son rival affiché, le député LR Eric Straumann – invité surprise de ces municipales à Colmar – il a finalement décidé de jeter l’éponge, affaibli par de graves problèmes de santé. « Cela rend la situation plus dangereuse pour moi, confesse Eric Straumann qui redoute que cette défection n’ait démotivé les électeurs de droite et du centre. Dans la matinée de ce débat, il a pourtant appris que Gilbert Meyer allait finalement, et contre toute attente, soutenir sa liste le 28 juin. Mais pas de fanfarronade affichée pour autant : « en mars, j’avais une forte dynamique derrière moi. Sans la crise, je l’aurais emporté. Aujourd’hui nous voilà dans un scenario traditionnel de clivage gauche-droite dont il faut se méfier. » 

Les deux opposants en conviennent, la donne a changé à Colmar. « Eric Straumann a récupéré l’électorat qui ne voulait plus de la gestion de Gilbert Meyer, riposte Frédéric Hilbert. Maintenant que ce dernier s’est retiré, ça fait tomber ses arguments de campagne« . 

Quelle leçon tirer du confinement ?

L’Alsace est l’une des régions de France qui a payé le plus lourd tribut dans l’épidémie de Covid-19. Interrogé sur la gestion de cette crise, Eric Straumann s’en prend à l’ARS, l’Agence Régionale de Santé, « ‘qui a mal fonctionné » estime-t-il. « Elle a prouvé le besoin de décentralisation : elle a mis dix jours à réellement détecté le cluster de Mulhouse [en marge d’un rassemblement religieux]. Mais elle a un territoire grand comme deux fois la Belgique à gérer. Une ARS Alsace l’aurait repéré plus tôt. » 

L’Agence régionale de santé du Grand Est n’a pas été pertinente dans sa gestion de la crise. Une ARS Alsace aurait tout de suite détecté le cluster de Mulhouse.

Eric Straumann, candidat LR

Repenser le tourisme à Colmar

L’épidémie de coronavirus et le confinement qui en a découlé ont mis en lumière l’importance du tourisme dans l’économie locale. Une question qui était déjà au coeur des débats de la campagne du premier tour de ces élections municipales. « Avant la crise, on critiquait déjà le tourisme de masse, constate le candidat écologiste. C’est justement maintenant que l’on peut changer les choses. » Et de prôner un changement de communication : « avant on ciblait les tour-opérateurs. Il faut arrêter avec les concours de la meilleure destination européenne qui font venir des bus entiers de touristes qui ne restent qu’une demi-journée ou un jour. » Constat que partage Eric Straumann qui va même jusqu’à proposer d’arrêter à terme de communiquer sur les marchés de Noël d’Alsace, « mais peut-être pas dès cette année car nos hôteliers et commerçants vont avoir besoin de remplir leurs établissements. »

Il faut arrêter avec les tour-opérateurs à Colmar et développer le tourisme d’affaires, les séjours de familles et donner envie aux voyageurs à vélo de s’arrêter.

Frédéric Hilbert, candidat écologiste

Une manne du tourisme toutefois à relativiser pour Eric Straumann, surtout si l’Alsace devait  – comme le redoutent de nombreux élus – pâtir de son estampille « zone rouge » pendant la pandémie : « Colmar est aussi un gros bassin industriel qui emploie 2.800 personnes, sans compter sa zone artisanale qui est importante et son campus de 2000 étudiants. Et puis c’est la capitale du vin d’Alsace qu’on ne met pas assez en avant« . Autant de voies à creuser pour le député pour lequel la relance économique est une priorité face à la lourde crise qui se profile.

Reverdir Colmar

La préfecture haut-rhinoise a connu deux épisodes de canicule au printemps 2019 qui ont mis en exergue le manque d’espaces verts à Colmar. « La ville est très minérale, concède Frédéric Hilbert, et cela provoque des îlots de chaleur. Il faut créer des lieux rafraîchissants. » Sur cette question, l’écologiste est sur son terrrain, comme lorsqu’est abordée la question des transports. « Bus gratuits » préconise-t-il, pour donner envie aux Colmariens de davantage l’emprunter. « Pistes cyclables » répond Eric Straumann, qui pose juché sur un vélo pour l’affiche de campagne du second tour. En cas d’élection, il annonce la création de 60 kilomètres de nouvelles pistes d’ici la fin du mandat. Il préconise également l’extension du tracé de la navette électrique mise en place initialement pour les touristes avec mise en place de parkings-relais. « Ce projet est dans les cartons depuis six ans« , rappelle le conseiller municipal écologiste sortant. Sur ce thème, les deux politiquesne s’opposent pas, au point de se demander si Frédéric Hilbert accepterait un poste d’adjoint au maire en cas d’élection de son rival. L’intéressé botte en touche au motif d’une consultation préalable nécessaire de ses équipes.

La dépollution du lindane à Wintzenheim

L’agglomération colmarienne est menacée par une pollution de sa nappe phréatique au lindane. À la fin des années 60, une usine de pesticides, l’usine des Produits chimiques Ugine-Kuhlmann (PCUK) installée alors à Huningue (Haut-Rhin), a entreposé plus de 700 tonnes de ce produit cancérigène près de Colmar, entraînant avec le ruissellement une pollution des sous-sols. « Il y a un risque que cela arrive jusqu’au zones de captage de l’eau potable« , avertit le militant écologiste. Là encore, un consensus émerge entre les deux hommes : « il faut dépolluer« , mais sur la méthode, leurs positions divergent.  » C’est sur la méthode que les positions divergent. « Il faut attaquer l’Etat en responsabilité, pour Eric Straumann, car il était propriétaire à l’époque« . Lors de la liquidation de l’entreprise incriminée en 1996, l’Etat avait en effet pris en charge les sites de stockage de ces déchets toxiques.

Une démarche qui demandera bien trop de temps pour Frédéric Hilbert :  » Quand il y a le feu chez vous, vous ne commencez pas par rechercher l’incendiaire pour le traîner en procès en attendant que le tribunal décide qu’il faut éteindre le feu. » Argument non recevable pour Eric Straumann :  » Est-ce au contribuable colmarien de payer les degâts d’une entreprise privée propriété de l’Etat? » L’urgence de la situation l’emporte pour Frédéric Hilbert : « si on ne pouvait plus boire l’eau du robinet à Colmar dans le futur, cela risquerait de coûter encore plus cher.« 

 

 



Source France 3

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