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Tourisme

Un bon été malgré la Covid-19 pour le tourisme en Aquitaine



Certains secteurs du tourisme s’en sortent très bien, d’autres pas du tout. Les vacanciers français ont plébiscité la région mais cela ne compensera pas les pertes du confinement et l’absence des touristes étrangers. 

Une fréquentation inespérée pour les uns et catastrophique pour les autres. D’une manière générale, le bilan de la saison touristique est assez bonen Aquitaine mais avec des disparités d’un lieu touristique à l’autre et même d’un acteur touristique à l’autre au sein d’une même ville.

► En Dordogne, la saison est sauvée, l’année aussi 

C’est un soulagement dans le département, la clientèle de proximité a sauvé l’été du tourisme périgourdin, à en croire les acteurs du secteur. Le taux d’occupation a été exceptionnel, les restaurants ont affiché complet tout l’été. Si la crise sanitaire a retardé le début de saison, l’été est auvé et l’année aussi. Seuls les campings qui ont une clientèle essentiellement hollandaise ont un mauvais bilan.

Des détails avec ce reportage de France 3 Périgords ►

Tourisme en Dordogne : un très bon été malgré la Covid-19, la saison est sauvée

Les jauges sanitaires ont par ailleurs limité la fréquentation des sites touristiques. Par exemple, aux grottes de Lascaux, la capacité d’accueil est limitée à 2 500 personnes par jour, pour 4500 normalement. À l’Aquarium de La Rochelle, on enregistre une baisse de 25 % d’entrée pour cette raison.

►Les touristes français ont plébiscité la montagne

C’est l’été de tous les records pour le tourisme en Béarn même si le nombre de touristes étrangers a diminué de 42 % par rapport à l’été 2019. Les visiteurs français plus nombreux sauvent la saison. La fréquentation a même connu des pics incroyables comme « le 8 août, 120 000 touristes comptabilisés en Béarn », selon l’Agence de développement touristique. Du jamais vu ici.

Plus 16 % de fréquentation touristique en Pays basque et en Béarn , c’est colossal pour nous. Vu les circonstances, on ne s’attendait pas à cela.

 

Jacques Pédehonta, Agence de développement touristique en Béarn

Les vacanciers français ont aussi fait des réservations de dernières minutes. « Le taux d’occupation a été superbe, les deux mois de juillet et août sont bons », selon Jacques Pédehonta. Le bilan touristique est en demi-teinte pour les zones urbaines comme Pau intra muros. Et les bons chiffres de l’été ne pourront pas compenser les pertes des mois de confinement.

Décryptage avec ce reportage de France 3 Pau Béarn ►

Tourisme en Béarn : excellent été, les vacanciers ont plébiscité la montagne

 

► Le littoral s’en sort bien aussi mais avec des disparités

Arcachon a été l’une des destinations phares des vacanciers cette année, à l’image de l’ensemble des stations balnéaires du littoral aquitain. 
« Ils ne sont pas partis à l’étranger, ils sont venus chez nous et ils avaient envie de nous faire travailler, de consommer » témoigne une commerçante qui a vu le panier moyen de ses clients augmenter de 5 à 6 euros par rapport aux années précédentes. « C’est quand même important, avec en plus une fréquentation intense, de suite le chiffre d’affaires augmente ».
 

On a écarté le scénario catastrophe, l’été, juillet et août, est plutôt bien dans ce contexte de crise sanitaire. Mais, la situation est très variable d’une destination à l’autre.

 

Michel Durrieu, directeur du Comité régional du tourisme Nouvelle-Aquitaine

 

« Pour les resturants et les activités, c’est bien. En revanche pour les hébergements comme les campings et les hôtels, c’est mitigé ». Certains campings qui fonctionnent avec un clientèle étrangère qui n’est pas venue cette année, sont en difficulté en Gironde et dans les Landes, poursuit Michel Durrieu du CRT Nouvelle-Aquitaine. « La proportion des touristes étrangers n’a pas été compensée partout par celle des Français qui ont beaucoup utilisé leur résidence secondaire et du coup ils n’ont pas dépensé autant que les vacanciers étrangers ».

Pour les campings de la région, la perte est estimée de 20 à 30 % cet été.

 

Michel Durrieu, directeur du CRT Nouvelle-Aquitaine

Pour les acteurs de la nuit, c’est carrément catastrophique puisque les établissements sont fermés depuis le début du confinement en mars.

► Tourisme urbain et tourisme d’affaires en chute

L’une des zones d’ombre de ce bilan saisonnier 2020, c’est la forte baisse du tourisme urbain notamment à Bordeaux qui est une destination phare pour les touristes étrangers en temps normal mais cet été avec l’absence d’avions et aussi la très bonne météo qui joue toujours un rôle important à cette période. « Les guides-conférenciers, qui travaillent avec 90 % d’étrangers, n’ont rien fait cette année » commente Michel Durrieu.

Bordeaux enregistre actuellement moins de 40 % de taux d’occupation. Dans la capitale girondine, les touristes français n’ont pas du tout compensé l’absence des touristes étrangers. 

 

Michel Durrieu, directeur du CRT Nouvelle-Aquitaine

Pour attirer les visiteurs et donner un coup de pouce au tourisme et à la culture, la ville de Bordeaux a rendu gratuit cinq musées durant l’été jusqu’au 31 août et la Cité du vin propose une entrée réduite de 10 euros. Encore quelques jours pour en profiter.
 

Le tourisme d’affaires lui est carrément à l’arrêt. L’impact est mineur en juillet et août, mais il devrait se faire ressentir dès septembre. Car cette clientèle d’affaires fait travailler les hôtels, les prestataires locaux et utilisent l’aéroport principalement. Leurs dépenses en centre-ville sont importantes aussi pour le commerce. Et on sait déjà que ce tourisme ne reprendra pas avant 2021. Aucun moyen de compenser le manque à gagner.
Pour la région Nouvelle-Aquitaine, le tourisme qui génère 18 milliards d’euros une année normale et représente le premier secteur économique d’activité, a déjà perdu trois milliards à cause du Coronavirus.
Michel Durrieu s’interroge sur l’avenir du tourisme. Avec la crise sanitaire, de nouvelles habitudes de vacances ont été prises cet été. Cette situation va-t-elle se confirmer ? L’environnement et le pouvoir d’achat sont des facteurs essentiels pour son évolution en France et à l’étranger. La France est la première destination de vacances des Français mais la moitié achète des séjours à l’étranger pour des raisons financières uniquement. Quelle sera l’évolution du toursime ? Michel Durrieuvient de publier un livre sur ce thème intitulé, « L’après : tourisme et humanité », aux éditions Le Cherche midi. 
 





Source France 3

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