un été sans le musée d’art moderne et avec moins de touristes



L’été 2020 devait être celui du renouveau du musée d’art moderne de Céret en travaux depuis des mois. Mais le confinement et les retards dans le chantier impliquent la fermeture du musée cet été. Les portes sont closes depuis le mois d’octobre 2019. Un coup dur pour l’économie locale.

À l’ombre des platanes de Céret, le musée d’art moderne entame sa plus triste saison estivale. Un été sans visiteur… Car les grilles du chantier barrent toujours et pour plusieurs mois encore, l’entrée de l’établissement. Et les travaux sont loin d’être achevés. Il faudra attendre pour découvrir le nouveau hall d’entrée et l’extension de 1.000m2 du bâtiment encore au moins 4 mois.

Le musée fermé jusqu’à fin novembre

Après l’annulation de sa fête de la cerise et de sa féria, la capitale du Vallespir encaisse donc un nouveau coup dur économique car le musée draine entre 50.000 et 70.000 visiteurs par an.
A la tête d’une galerie d’art depuis 20 ans, Odile Oms ne décolère pas. La difficulté d’acheminement de materiaux sur le chantier pendant le confinement est une réalité. Mais la fermeture du moteur économique de la ville depuis le mois d’octobre dernier et pour plusieurs mois encore demeure inacceptable pour elle.

« Le public de ma galerie est amateur d’art. La fermeture du musée aura un impact énorme pour moi. Mais tous les commerçants de la ville seront touchés. Les restaurants, les cafés, les boutiques aussi. Pour moi, c’est incompréhensible que le musée soit fermé. Le confinement a impliqué des retards dans les travaux, dans l’acheminement des matériaux, c’est vrai. Mais il faudrait peut-être taper du poing sur la table pour accélérer les choses ! Le chantier dure depuis des mois ».

 

Je me demande s’il y a vraiment un pilote dans l’avion

Odile Oms.

À ses yeux, la gestion du musée sous forme d’Etablissement public de coopération public dissout les responsabilités entre la ville, le département des Pyrénées-Orientales et la région Occitanie.
 

Fouilles archéologiques, météo et Covid sont synonymes de retards

Pour le musée de Céret, 2020 sera une « Annus horribilis » en terme de visiteurs, les portes seront restées closes 11 mois sur 12 et 2021, probablement celle de la renaissance.
Depuis octobre 2019, les retards se sont accumulés sur le chantier. D’abord à cause de fouilles archéologiques réalisées dans les sols de l’extension en construction, puis la météo hivernale a ralenti les travaux et le Coronavirus les a stoppés durant plus de 11 semaines.

Michel Coste, maire de Céret depuis le 3 juillet 2020, déplore ces retards et met ses espoirs dans une saison estivale 2021 record, avec la réouverture du musée avant la fin de l’année. Un site qui aura doublé de taille et pourra exposer plus d’oeuvres tout en accueillant au mieux les visiteurs.

Pour cette saison, nous avons mis en avant les galeries de la ville et les sites de prédilection des peintres et artistes faute de pouvoir ouvrir le musée. C’est une période économiquement difficile pour le tourisme à Céret et surtout pour les professionnels alentours.

Michel Coste, maire de Céret.

Pour compenser ce manque à gagner, la mairie a décidé d’annuler les taxes de séjour pour les campings et les taxes de terrasses. 

Un relooking et un doublement de la surface d’exposition

Créé en 1950 sous l’impulsion de Picasso notamment, le musée d’art moderne a su s’imposer comme le témoin de l’histoire culturelle et artistique de cette petite ville du pays catalan. Une ville dont le charme a inspiré bien des artistes dans le sillage de Picasso ou Braque.
Au début des années 2000, de grandes expositions de prestige ont affiché des fréquentations record. Jusqu’à 145.000 personnes pour celles consacrées à Matisse ou encore Soutine qui séjourna dans la ville de 1919 à 1922.

Mais cet été 2020, le musée n’aura qu’une existence hors les murs sur les réseaux sociaux. La possibilité de découvrir les collections du musée est là mais pas de quoi attirer les touristes in situ. 

Céret a certes des ressources. La petite cité de 7.700 habitants est réputée pour ses cerises, son mimosa, sa féria mais pour Odile Oms, c’est l’histoire artistique de la ville qui fait sa renommée.

Je me souviens dans les années 60, le musée était alors tout petit et déjà des Américains s’y précipitaient pour voir les coupelles de Picasso. Dans le monde entier on connait des tableaux qui portent le nom de Landscape of Céret. C’est très long de construire une image, mais si on la foule au pied, elle se dégrade très vite.

Odile Oms

Le maire mise sur le renouveau et l’agrandissement du musée, dont la surface va passée de 1.200m2 à 2.200m2. Deux facteurs qui devraient faire venir des touristes dès 2021.

Comment Céret est devenu un refuge d’artistes

Un image construite au fil du XXème siècle et des séjours d’intellectuels et d’artsites. Picasso, Soutine, Dufy… La liste des artistes inspirés par le charme de Céret est longue et prestigieuse. Plus discrète et confidentielle que Collioure, qui a inspiré le fauvisme à Matisse et Derain, la petite cité catalane peut s’enorgueillir d’une riche histoire artistique.

L’aventure commence en 1910. Franck Burty de Haviland rejoint à Céret ses amis, le sculpteur Manolo Hugué, le musicien Déodat de Séverac. Un trio très vite rejoint par Braque et Picasso qui y séjournent à plusieurs reprises à partir de l’été 1911. Céret devient alors le foyer de l’avant garde du cubisme. 
Le peintre Pierre Brune y installe quelques années plus tard sa maison atelier sur les hauteurs de la ville. Les paysages du Vallespir, les ruelles étroites de Céret l’inspirent. Il y invite des artistes qui deviendront des amis : Krémègne, André Masson ou encore Soutine qui a immortalisé les contraste de l’ombre des platanes du coeur de ville. 

 

Chagall, Matisse, Picasso… des oeuvres de maîtres !

Dans le sillage de ses amis de la cité d’artistes la Ruche en région parisienne, c’est au tour de Chagall de poser ses pinceaux en pays catalan. Il y séjourne entre 1928 et 1929. C’est là qu’il crée 28 gravures illustrant les Fables de La Fontaine. 
Les paysages de la ville, ont continué de séduire les artistes dans les années qui suivent.

C’est toute cette histoire, ce foisonnement de création, qui est à l’origine du musée d’art moderne de Céret. Picasso fait don de 53 oeuvres, la série de Coupelles tauromachiques. Matisse qui découvre la ville dans les années 40 cède lui 14 dessins.

Installé modestement dans l’ancien couvent des Carmes, le musée prend une autre dimension en 1993. Réhabilité, rénové et agrandi à 4.000m2, il est inauguré par François Mitterrand le 17 décembre et devient un site culturel majeur, reconnu dans le monde entier.

Retrouvez le site du musée d’art moderne de Céret.



Source France 3

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