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7 revues à magazines à lire pendant les vacances

7 revues à magazines à lire pendant les vacances

Pour lire autrement cet été, les revues à lire pendant les vacances les plus intéressantes sont celles qui prennent le temps : reportages au long cours, enquêtes, récits, photographies, illustrations et parfois bande dessinée. Cette sélection de 7 titres propose une alternative au flux d’actualité continu, avec des textes plus denses et plus durables qu’un article web.

Chaque revue ci-dessous est présentée par son angle, le numéro mis en avant et le profil de lecteur auquel elle s’adresse : curieux de géopolitique, passionné des États-Unis, amateur de culture pop, de littérature traduite, d’écologie, de photographie ou de philosophie. De quoi remplir une pile de lecture variée, sans quitter le registre du long format.

L’essentiel à retenir : ces revues d’été misent sur le temps long, l’enquête et le récit pour informer autrement.

  • XXI propose du reportage au long cours et des sujets internationaux forts.
  • America explore les États-Unis, la place des femmes et les mutations politiques.
  • Carbone traite les maisons hantées sous un angle culturel et documentaire.
  • Feuilleton rassemble des récits traduits, exigeants et très narratifs, et Regain parle campagne, agriculture et écologie de façon concrète.
  • Fisheye s’adresse à tous ceux qui aiment la photographie et les regards d’auteur.
  • Opium Philosophie offre une réflexion accessible sur un grand thème contemporain.

XXI : le reportage long format

XXI est une référence du reportage au long cours, à lire quand on veut qu’un sujet soit raconté sans être simplifié. Depuis plus de dix ans, la revue défend l’idée de prendre le temps de décrire le réel : enquêtes fouillées, récits incarnés, dessins, mises en page soignées, sur des thèmes que beaucoup de médias expédient.

Le numéro d’été, le n°43, a une valeur symbolique. Il ouvre une nouvelle étape après les turbulences liées à Ebdo, avec un accueil chez La Revue dessinée et aux éditions du Seuil. Pour le lecteur, ce changement de maison signifie surtout la continuité d’une ligne exigeante, portée par une énergie renouvelée. Le lecteur le constate dès le dossier principal, « Irak, confidentiel », construit comme un récit à deux voix par Emmanuel Carrère et Lucas Menget.

Le sujet mêle histoire politique, mémoire collective et terrain brûlant. On y suit la quête d’un Coran que Saddam Hussein aurait fait écrire avec son propre sang : un détail presque incroyable qui éclaire pourtant tout un pays. Célia Mercier, de son côté, se rend à Mossoul auprès de policiers irakiens qui traquent encore des djihadistes en fuite. Visages, ruines, tension permanente et photographie complètent le texte.

La revue ne se limite pas à la géopolitique. Un reportage sensible se penche sur l’hôpital psychiatrique de Saint-Égrève, au nord de Grenoble, à travers le parcours de Didier. Il montre les conséquences d’une prise en charge inadaptée, notamment pour certaines personnes autistes. Le ton reste humain plutôt que statistique, et sans sensationnalisme. On croise encore la Turquie d’Erdogan, le Mali et même Marseille, par le biais inattendu de l’eau du robinet. Chaque sujet ouvre une porte différente sur le monde, sans sacrifier la profondeur : une valeur sûre pour qui cherche du reportage de qualité. Les articles sont assez longs pour qu’on s’y installe, ce qui convient bien à une longue journée sans programme précis.

America : comprendre les États-Unis autrement

America convient à ceux qui veulent saisir les États-Unis au-delà des gros titres. Le numéro 6 s’ouvre sur un entretien avec John Irving, qui donne le ton : littérature, regard critique, mémoire longue. La phrase d’ouverture sur Garp résume l’esprit du numéro, puisque le monde décrit par l’écrivain n’a rien d’obsolète et reste au contraire terriblement actuel.

Le cœur du dossier porte sur la place des femmes dans l’Amérique de Trump et après 2016. Reportages, portraits et analyses montrent comment #MeToo a déplacé les lignes : dans les universités, la vie politique, l’édition et les rapports de force symboliques. Pour mesurer ce que le mouvement change dans la société américaine, la revue apporte des éléments concrets.

Elle donne aussi des visages à cette transformation avec « Culottées américaines », dessiné par Julien Bisson et Pénélope Bagieu. Le format rend mémorables des trajectoires comme celles de Nelly Bly, d’Amelia Earhart ou d’Oprah Winfrey, et aide souvent mieux à comprendre une époque qu’un essai abstrait.

Une enquête s’intéresse ensuite aux femmes qui s’engagent massivement en politique depuis 2016, et à ce que cela change pour le Congrès et pour la représentation dans les institutions. Le reportage sur les organisations anti-avortement complète le tableau : un droit acquis peut être fragilisé, et les droits reproductifs restent un terrain de lutte permanent aux États-Unis.

La nouvelle de Kristen Roupenian ajoute une dimension littéraire forte. Par son réalisme et sa précision, elle complexifie la question du consentement. Ceux qui craignent qu’une revue politique soit trop sèche verront ici l’enquête, la littérature et le regard social dialoguer avec intelligence.

Carbone : la culture pop et les maisons hantées

Carbone s’adresse à ceux qui aiment les passerelles entre les arts et les imaginaires populaires. Après un premier numéro consacré aux « Cartes aux trésors », le trimestre en cours explore les maisons hantées. Le thème paraît ludique, mais la revue le traite avec sérieux, culture et curiosité, bien au-delà d’un catalogue de fantômes.

Son format est hybride : articles illustrés, nouvelles, bandes dessinées, chroniques, points de vue. Le lecteur ne reste jamais dans une seule posture de lecture. La maison hantée devient un prétexte pour parler de cinéma, de littérature, de dessin, de jeux vidéo et de culture pop, avec une vraie cohérence éditoriale.

Le numéro débute par un état des lieux éclairant sur l’origine de la maison hantée et sur le spiritisme, notamment à travers les sœurs Fox. Cette mise en contexte évite de réduire le thème à un décor d’horreur. Le parcours se poursuit ensuite avec les corps hantés de Richard Corben, les fantômes de Mario, l’affaire d’Amityville, l’univers de Kazuo Umezo et la figure de la jeune fille errante.

Le dernier volet, Vestiges, est le plus intéressant : il relie les maisons hantées à des drames humains et à des traumatismes collectifs. Les monstres y deviennent le reflet de peurs sociales, d’histoires enfouies et de mémoires que l’on cherche à exorciser. Pour qui apprécie les récits visuels, les approches transmedia et un sujet culturel traité avec du fond, mais sans solennité, c’est une belle surprise. Chacun peut piocher selon son humeur, un article illustré après l’autre, sans avoir à suivre un ordre de lecture imposé.

Feuilleton : les récits traduits et la creative nonfiction

Feuilleton est l’une des revues les plus précieuses pour qui aime la creative nonfiction. Elle rassemble reportages, enquêtes, portraits, nouvelles d’auteurs et textes de journalistes étrangers, traduits avec soin et accompagnés d’un vrai travail éditorial. On y découvre des textes que l’on n’aurait probablement pas lus ailleurs.

Le numéro 22, publié avant une nouvelle formule, garde ce qui fait la force de la revue : des récits qui accrochent, déplacent et restent en tête. L’un des plus marquants concerne un manuscrit mystérieux, attribué à un survivant hongrois de l’Holocauste et retrouvé en 2006. Le sujet est délicat, car il touche à l’authenticité, à la mémoire et au besoin de raconter l’indicible. Il rappelle que l’histoire se construit aussi à partir de traces fragiles.

David Grann emmène ensuite le lecteur à Youngstown, dans l’Ohio, sur les traces d’un réseau mafieux suivi par le FBI dans les années 90. L’enquête dépasse le fait divers pour montrer des systèmes de pouvoir, de corruption et de popularité politique : un élu peut être coupable et rester soutenu, ce qui en dit long sur la vie publique américaine.

Autre temps fort, Nina Simone au Libéria. Le texte raconte une parenthèse de sa vie, en 1974, à Monrovia, dans un pays alors à son apogée. Récit sensible, presque intime, il montre une artiste en quête d’un foyer. Le numéro relie en fait la Hongrie, les États-Unis, le Libéria et la Zambie, en donnant à chaque histoire une densité littéraire. Pour lire moins mais mieux, c’est une revue à garder en tête. Si vous préférez les livres, d’autres suggestions figurent parmi ces livres à lire en été.

Regain : la campagne et l’écologie sur le terrain

Regain prend le contrepied des discours trop urbains sur l’écologie. Son premier numéro, présenté comme un Journal de campagne, célèbre le progrès agricole, la nouvelle génération paysanne, les métiers de la ferme, la vie animale et les balades en campagne. Pour qui s’intéresse à la transition écologique et préfère le concret aux slogans, la revue a quelque chose de rafraîchissant.

Sa force est son ancrage terrain. L’écologie n’y est ni abstraite, ni seulement militante : on rencontre des gens, des lieux, des pratiques. Un village, un marché, des projets porteurs de sens, et surtout des portraits de personnes qui inventent d’autres manières de vivre et de produire. Cela rend la lecture plus crédible, car on voit ce que ces choix impliquent au quotidien.

Le reportage consacré à Mélodie, 29 ans, devenue bergère en plaine de Crau, illustre cette approche : changer de vie, travailler avec le vivant, s’adapter aux contraintes du terrain. Les dossiers sur les pratiques agricoles et la dégradation des sols, notamment avec Lydia et Claude Bourguignon, apportent une vraie expertise sur l’agriculture durable, la fertilité des sols et la souveraineté alimentaire.

La revue soigne aussi le plaisir de lire : jardins de la Villa Médicis, San Francisco, conseils, recettes, carnet pratique pour les légumes, fruits et fleurs d’été. Cette diversité évite l’effet revue trop sérieuse ou trop spécialisée. La faible présence de publicité et les belles photographies renforcent l’impression de respiration. Elle reconnecte l’écologie, la campagne et le quotidien, ce qui en fait une lecture idéale pour un séjour au vert, loin du rythme des villes.

Fisheye : la photographie sans jargon

Fisheye convient à tous ceux qui aiment la photographie, spécialistes ou non. Le numéro d’été place en couverture Anastasia Samoylova, artiste d’origine russe attentive à l’âme des images. La revue parle photo de façon accessible, vivante et ouverte, sans jamais trop simplifier.

Pour ses 5 ans, elle revendique plus de 2 000 photographes publiés. Ce chiffre montre qu’elle s’est fait une vraie place dans le paysage photo, en restant fidèle à une ligne qui mélange découverte, récit visuel et regard sur le monde. Elle n’est pas réservée aux initiés : elle se veut accueillante, donc plus facile à lire et utile pour élargir sa culture visuelle.

Le dossier sur les Rencontres d’Arles en est un bon exemple. Même sans s’y rendre, on y trouve des repères, des noms, des tendances et des images à retenir. Les artistes mis en avant, de Taysir Batniji à Joan Colom, en passant par Robert Frank, Véronique Ellena, Jonas Bendiksen et Jane Evelyn Atwood, dessinent un panorama riche et cohérent.

Le numéro ne s’arrête pas là. Il aborde la schizophrénie en images, le rêve bleu d’Andrea et Magda en Palestine, un portrait de Christophe Calais, un texte sur l’afrocyberféminisme et un portfolio sur un voyage ghanéen. La photographie n’y est pas qu’esthétique : elle interroge la société, les identités, les territoires et les futurs possibles. Les amateurs y trouveront de quoi rester curieux, les autres une bonne porte d’entrée. Sa lecture se prête bien à de courtes plages de temps : on peut feuilleter une série d’images, s’arrêter sur un portfolio, puis revenir plus tard à un texte.

Opium Philosophie : penser le contemporain autrement

Opium Philosophie rend la réflexion contemporaine plus ouverte, plus transversale et moins intimidante. Créée en 2011 par des étudiants de la Sorbonne et de Sciences Po, la revue est aujourd’hui ouverte à tous. Elle n’impose pas une pensée descendante : elle invite à contribuer et à proposer des textes autour d’une thématique commune.

Pour le numéro 2018, le thème est la nuit. Le choix est judicieux, car la nuit permet d’aborder des questions très différentes sans perdre le fil : le sommeil, la peur, l’ivresse, l’intime, la liberté, le politique. Le sujet parle à chacun tout en laissant de la place à la nuance et à la profondeur. Le lecteur peut ainsi entrer dans le numéro par la porte qui lui convient, qu’il soit à l’aise avec la théorie ou simplement curieux.

La revue fait dialoguer des approches variées. On y lit un entretien avec Michaël Foessel, qui pense la nuit comme une expérience, et une conversation avec Johann Zarca. D’autres pages convoquent Bataille autour de l’érotisme, ou encore Louis Lavelle. Si ces noms semblent lointains, le numéro vise justement à rendre ces références accessibles sans les banaliser.

Elle s’adresse à celles et ceux qui veulent penser le contemporain à la croisée des sciences, de l’art et de la philosophie. Sans chercher à impressionner, elle garde une vraie exigence intellectuelle tout en laissant place à l’imagination et au subjectif. C’est probablement l’une des propositions les plus stimulantes de cette sélection pour nourrir la réflexion sans élitisme.

Comment choisir sa revue pour les vacances ?

Le bon choix dépend du sujet qui vous attire et du temps de lecture dont vous disposez. Le tableau ci-dessous résume l’angle de chaque titre pour vous aider à décider.

RevueAnglePour qui
XXIReportage au long cours, sujets internationauxAmateurs d’enquêtes fouillées
AmericaÉtats-Unis, femmes, politiqueCurieux de société et de littérature
CarboneMaisons hantées, culture popLecteurs de récits visuels
FeuilletonCreative nonfiction traduiteAmoureux de grands récits
RegainCampagne, agriculture, écologieLecteurs en quête de concret
FisheyePhotographieDébutants comme passionnés
Opium PhilosophiePhilosophie, thème de la nuitCurieux d’idées

Quelques points de vigilance avant d’acheter : les numéros évoluent, certains titres changent de formule, et le sommaire décrit ici correspond à un numéro précis. Vérifiez la disponibilité du numéro en kiosque, en librairie ou auprès de l’éditeur. Pour une valise de lecture plus large, la liste des livres à glisser dans votre valise complète bien cette sélection de revues.

Enfin, la lecture ne doit pas devenir une corvée. Choisissez deux ou trois titres seulement, selon l’espace dans votre bagage et le temps réel dont vous disposez, mélangez un sujet exigeant avec un autre plus léger, et gardez de la place pour l’imprévu. Si l’envie de partir vous gagne en lisant, évitez de fixer une destination trop vite : ces idées de vacances pour trouver l’envie aident à prendre le temps de choisir.

FAQ

Quelle revue lire pour découvrir le reportage long format ?

XXI est une référence du reportage au long cours : enquêtes fouillées, récits incarnés, dessins et mises en page soignées, sur des sujets que beaucoup de médias traitent trop vite. Le numéro d’été mis en avant propose notamment un dossier sur l’Irak. Feuilleton, qui publie des textes traduits de journalistes et d’auteurs étrangers, est une autre piste dans le même esprit.

Quelle revue choisir pour comprendre les États-Unis ?

America est la plus adaptée de cette sélection. Le numéro 6 s’ouvre sur un entretien avec John Irving et consacre un dossier à la place des femmes dans l’Amérique de Trump, avec des reportages, des portraits et une nouvelle de Kristen Roupenian. Il aborde aussi les effets de #MeToo sur les universités, la vie politique et l’édition.

Existe-t-il une revue de photographie accessible aux débutants ?

Oui, Fisheye parle de photographie de façon accessible, vivante et ouverte, sans jargon. Elle n’est pas réservée aux initiés et sert à élargir sa culture visuelle. Son numéro d’été propose un dossier sur les Rencontres d’Arles, avec des artistes comme Robert Frank ou Jane Evelyn Atwood, et des sujets plus inattendus, comme la schizophrénie en images.

Quelle revue lire quand on s’intéresse à la campagne et à l’écologie ?

Regain, dont le premier numéro est présenté comme un Journal de campagne, aborde l’écologie par le terrain. On y rencontre des agriculteurs, des bergers et des spécialistes des sols, avec des portraits, des recettes et un carnet pratique pour le jardin. La revue mise sur le concret plutôt que sur les slogans, avec peu de publicité.

Quelle revue choisir pour s’initier à la philosophie ?

Opium Philosophie est pensée pour rendre la réflexion contemporaine moins intimidante. Créée par des étudiants de la Sorbonne et de Sciences Po, elle est ouverte à tous et propose chaque numéro autour d’un thème commun. Celui mis en avant porte sur la nuit, avec des entretiens et des textes qui font dialoguer philosophie, art et sciences.

Pourquoi lire une revue plutôt qu’un article web en vacances ?

Une revue prend le temps de raconter : elle mêle reportage, enquête, récit, photographie et illustration, et permet de comprendre un sujet en profondeur plutôt que de survoler l’actualité. En vacances, ce rythme plus lent convient bien à la lecture à la plage ou en terrasse, et les textes restent pertinents plus longtemps.


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